Leçons inaugurales
Jeudi 7 mars 2013, 12h30
CMU - Auditoire A250
ANDREAS KLEINSCHMIDT
Professeur ordinaire Louis-Jeantet
Département des neurosciences cliniques, Faculté de médecine
Médecin-adjoint agrégé au Service de neurologie, HUG

« Le cerveau, vulnérable et énergivore »
Même en l’absence de stimulation sensorielle ou d’action motrice, le cerveau est énergivore. Cette énergie maintient une activité neurale «spontanée» dont la fonction physiologique reste énigmatique. Ses besoins énergétiques font du cerveau l’organe le plus vulnérable du corps. Une réduction du métabolisme cérébral au-delà de ses valeurs critiques compromet d’abord rapidement l’intégrité fonctionnelle et puis, si elle persiste, l’intégrité structurale du cerveau. Une fois la lésion cérébrale établie l’activité neurale «spontanée» se retrouve altérée, et ces altérations sont en lien avec le type et la sévérité des symptômes cliniques. Ces observations ouvrent un nouveau regard sur la relation entre lésion cérébrale, activité neurale et handicap.
Biographie
Andreas Kleinschmidt a fait ses études de médecine à Francfort-sur-le-Main, Paris et Genève. Après son internat en neurologie à Düsseldorf, il obtient en 1996 le titre de spécialiste et en 1997 celui de privat-docent. Son parcours scientifique est marqué par une thèse en neurophysiologie à l’Institut Max Planck de Francfort ainsi que des séjours post-doctoraux à l’Institut Max Planck de Göttingen (Allemagne) et à l’Institut de Neurologie de Londres. Il est ensuite nommé médecin adjoint et docent au service de neurologie de l’Université de Francfort. En 2005, Andreas Kleinschmidt devient directeur de recherche à l’INSERM (France). Ses recherches sont centrées sur les fonctions cognitives et leurs perturbations dans les maladies neurologiques. Expert reconnu de la neuroimagerie fonctionnelle, il est l’auteur d’une centaine de publications et éditeur d’un ouvrage de neurologie. Andreas Kleinschmidt a été nommé professeur ordinaire au Département de neurosciences cliniques de la Faculté de médecine en juillet 2012.
Jeudi 13 décembre 2012, 12h30
CMU - Auditoire A250
PIERRE LASCOMBES
Professeur ordinaire
Département de pédiatrie, Faculté de médecine
Médecin-Chef du Service d’orthopédie pédiatrique, HUG

«Fractures: l’élasticité au profit des enfants»
L’utilisation de deux clous élastiques placés en opposition dans un os fracturé a transformé le traitement des fractures des os longs chez l’enfant. Cette méthode d’ostéosynthèse chirurgicale mini invasive respecte la biologie de la consoli¬dation osseuse et évite les troubles de croissance du fémur, de la jambe, du bras ou de l’avant-bras. Elle limite la durée des hospitalisations, elle permet aux enfants une reprise précoce des activités scolaires et physiques, et elle réduit la dépendance parentale. Développée il y a plus de 30 ans à Nancy, cette méthode est aujourd’hui appliquée aussi bien dans les pays du Nord que du Sud. La qualité des résultats de cet embrochage centro-médullaire élastique stable est garantie par la formation des jeunes chirurgiens.
Biographie
Pierre Lascombes est né à Nancy, en France et y a assuré son cursus scolaire et universitaire. Dès le début de l’internat, il s’oriente vers l’orthopédie, puis vers l’orthopédie pédiatrique, à l’Hôpital Ste Justine de Montréal. Poursuivant sa carrière en chirurgie pédiatrique et orthopédique ainsi qu’en anatomie à Nancy, il devient en 1994 chef du Service d’orthopédie pédiatrique et coordinateur de la Clinique chirurgicale pédiatrique, fonctions qu’il conservera jusqu’en mars 2012. Sur le plan hospitalier, Pierre Lascombes a largement développé la prise en charge de la scoliose, de la traumatologie, des maladies neuro-musculaires et de l’oncologie de l’appareil locomoteur. L’orthopédie pédiatrique et l’anatomie sont ses sujets d’enseignement majeurs. Ses travaux de recherche ont fait l’objet de nombreuses publications. Pierre Lascombes rejoint la Faculté de médecince de Genève en qualité de professeur ordinaire en avril 2012.
Jeudi 6 décembre 2012, 12h30
CMU - Auditoire A250
JEAN-MICHEL AUBRY
Professeur ordinaire
Département de psychiatrie, Faculté de médecine
Médecin-Chef du Service des spécialités psychiatriques, HUG
«Les troubles bipolaires: du diagnostic aux marqueurs de vulnérabilité»
Les troubles bipolaires de l’humeur sont des maladies au long cours, débutant généralement à la fin de l’adolescence, souvent difficiles à diagnostiquer et à traiter. Des avancées notables ont été réalisées ces dernières années pour améliorer le dépistage et prévenir les récidives, avec la pharmacothérapie et des approches psychologiques telles que la psychoéducation. Toutefois, la mise en évidence d’endophénotypes ou de marqueurs de vulnérabilité reste néces¬saire et devrait permettre à l’avenir de mieux identifier les sujets à risque de développer la maladie, ainsi que le choix du traitement.
Biographie
Jean-Michel Aubry a fait ses études de médecine à l’Université de Genève, au St George’s Hospital de Londres et en Australie. Entre 1994 et 1996, il a fait un séjour postdoctoral au Salk Institute for Biological Studies à San Diego, USA, avec le soutien du FNS. Ayant ob¬tenu le titre de spécialiste FMH en psychiatrie et psychothérapie en 1998, il s’est ensuite consacré principalement au traitement des troubles de l’humeur, et plus particulière¬ment des troubles bipolaires, avec la mise en place d’un programme pluridisciplinaire de soins qui est devenu un centre d’expertise largement reconnu en Suisse et au plan international. Le thème central de sa recherche s’inscrit dans le domaine de la neurobiologie des troubles de l’humeur ainsi que la prévention des récidives thymiques et la recherche de facteurs de vulnérabilité, avec, plus récemment, des études génétiques sur les troubles bipolaires. Jean-Michel Aubry est l’auteur d’une centaine de publications et a publié plusieurs ouvrages dans le domaine des troubles bipolaires. Il a été nommé professeur ordinaire au Département de Psychiatrie de la Faculté de Médecine en avril 2012.
Jeudi 1er novembre 2012
Wolf Henning Boehncke
Professeur ordinaire
Département de médecine interne des spécialités,
Faculté de médecine
Médecin-Chef du Service de dermatologie et
vénérologie, HUG

«Psoriasis et athérosclérose: les deux faces de la même pièce ?»
Le psoriasis, comme l’arthrite rhumatoïde ou la Maladie de Crohn, est associé de manière significative à une comorbi¬dité cardio-vasculaire. Cette maladie auto-immune de la peau est en effet un facteur de risque indépendant dans les maladies du cœur et des vaisseaux sanguins. La «marche psoriasique» explique cette association au niveau physio¬pathologique, avec des phénomènes d’insulino-résistance et de dysfonction endothéliale comme aspects centraux. On y trouve des causes de l’athérosclérose. Les conséquences pour la prise en charge des patients devraient dès lors consister en une approche plus générale, traitant le psoriasis plus souvent et plus longtemps, par des médicaments systémiques.
Biographie
Wolf-Henning Boehncke a étudié la médecine à l’Université de Kiel (Allemagne) et à l’Université d’Aarhus (Danemark). Après avoir reçu son diplôme, il a travaillé comme post-doc aux «National Institutes of Health» à Bethesda (USA). Il a complété sa forma¬tion en dermatologie et vénérologie à l’Université d’Ulm. En 1996, il a accédé au profes¬sorat d’immunologie et allergologie au service de dermatologie de l’Université de Francfort. Le thème central de sa recherche est la pathophysiologie de l’inflammation. Il est l’auteur de nombreuses publications dans des revues de premier plan. Wolf-Henning Boehncke a été nommé professeur ordinaire au Département de méde¬cine interne de la Faculté de médecine en avril 2012.
Jeudi 4 octobre 2012
Alexandre Pouget
Professeur ordinaire
Département des neurosciences fondamentales, Faculté de médecine

«Je doute, donc je suis: le cerveau probabiliste»
Les neurosciences théoriques ont connu un développement considérable au cours de ces dernières années, avec en particulier l’émergence de théories qui s’appuient sur l’idée que le doute joue un rôle prépondérant dans la manière dont le cerveau représente le monde extérieur et contrôle le comportement. D’après ces théories, le cerveau serait en fait une machine statistique qui cherche à calculer la probabilité de nos états perceptuels, cognitifs ou moteurs à partir d’observations sensorielles. Les décisions seraient ensuite prises pour minimiser le risque et maximiser les récompenses. Cette conférence présentera les grandes lignes de cette approche ainsi que ses fondements neuronaux.
Biographie
Alexandre Pouget entame des études de biologie à l’Ecole Normale de Paris en 1985, qu’il poursuit à l’Institut Salk de San Diego en Californie où il obtient un doctorat en neuroscience computationnelle. Après un postdoc à UCLA, il devient professeur à l’Université de Georgetown, Washington DC, en 1996. En 1999, il intègre le département de Brain and Cognitive Sciences à l’Université de Rochester, avant de rejoindre l’Université de Genève pour y mener ses travaux sur les théories du calcul et de la représentation dans les circuits neuronaux. Il s’intéresse tout particulièrement aux approches dites «probabilistes» pour développer des modèles de l’appren¬tissage, l’attention visuelle, l’olfaction, la prise de décision, l’intégration multisensorielle et la représentation des nombres. Alexandre Pouget a été nommé professeur ordinaire en juillet 2011.
Jeudi 27 septembre 2012, 12h30 - CMU, A250
Peter Riemensberger
Professeur ordinaire, Département de pédiatrie, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service de néonatologie et de soins intensifs, HUG

"Physiologie de la ventilation par oscillations à haute fréquence chez le nouveau-né et l'enfant"
Si l’utilisation des stratégies de ventilation protectrices vise à diminuer la mortalité et la morbidité pulmonaire, par exemple la dysplasie broncho-pulmonaire chez le grand prématuré, la ventilation mécanique peut causer un dommage pulmonaire aigu, principalement par deux mécanismes: soit par des forces de cisaillement pendant l’ouverture-fermeture des petites voies aériennes et des alvéoles lors de chaque cycle respiratoire, soit par une distension excessive du tissu pulmonaire. Le mode de ventilation par oscillation à haute fréquence (OHF), permet d’assurer un échange gazeux grâce à de très petits changement de volumes insufflés mais à haute fréquence. Cette caractéristique spécifique à la méthode OHF est prometteuse afin de minimiser le risque des lésions pulmonaires induites par le ventilateur. En raison de ce bénéfice attendu, l’OHF est souvent utilisée en réanimation néonatale; plusieurs centres, dont le nôtre, l’utilisent même en première intention, avec de bons résultats chez le prématuré avec détresse respiratoire aiguë. Néanmoins, la bonne compréhension du fonctionnement ainsi que des principes physiologiques de ce mode de ventilation sont cruciaux pour pouvoir utiliser cette méthode.
Biographie
Peter Rimensberger a fait ses études médicales à Fribourg et à Berne et a poursuivi sa formation en pédiatrie et en soins intensifs pédiatriques à Lucerne et à Berne. De 1993 à 1995, il a accompli un fellowship au Département des soins intensifs et de recherche respiratoire au Sick Children Hospital de Toronto. De retour en Suisse en 1995, il intègre l’Unité des soins intensifs pédiatriques des HUG et il est nommé responsable de cette unité en 2002. Il est porteur d’un titre de spécialiste FMH en pédiatrie, en médecine intensive et en néonato-logie. Reconnu comme expert au niveau international dans le domaine de la ventilation mécanique de l’enfant et du nouveau-né, son principal sujet de recherche, il a développé un programme mondial de formation postgraduée dans ce domaine. Il est membre du comité de la Société suisse de médecine intensive et de l’European Society of Pediatric and Neonatal Intensive Care (actuellement en fonction de vice-président). Nommé privat-docent de notre Faculté en 2001, puis chargé de cours en 2005, Peter Rimensberger accède à la fonction de professeur ordinaire en novembre 2011.
Vendredi 27 avril 2012, 12h30 CMU – A250
Thomas Lecompte
Professeur ordinaire, Département de médecine interne, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service d’hématologie, Département des spécialités de médecine, HUG

"Pathologies constitutionnelles plaquettaires: réputées rares mais riches d'enseignements"
Les désordres plaquettaires constitutionnels font partie des variations génétiques rares. Leur diagnostic n’est pas systématiquement évoqué et leur fréquence est probablement sous-estimée. Ces désordres sont quantitatifs (thrombopénie), qualitatifs (thrombopathie), ou mixtes. Le phénotypage morphologique et fonctionnel et le diagnostic moléculaire ont fait des avancées majeures. Il existe une grande variété de ces désordres, dont la gravité (risque de saignement) est variable. . D’autres complications sont possibles, dont une évolution vers une hémopathie maligne type leucémie. De multiples enseignements peuvent être tirés de ces désordres, se rapportant aussi bien à la médecine moléculaire qu’à la qualité de vie, en passant par la bonne information des sujets atteints et des familles et le travail en réseaux des professionnels de santé.
Biographie
Thomas Lecompte a fait toute sa carrière en France. Après une formation en médecine interne et hématologie, il a pris la direction de l’hématologie de laboratoire puis de la médecine de laboratoire dans un hôpital universitaire et a dirigé une unité de recherche INSERM (Nancy). Il a plus particulièrement travaillé dans le domaine des pathologies plaquettaires et des outils de laboratoire pour le phénotypage fonctionnel des cellules du sang. Il a également été directeur scientifique de l’établissement lorrain de transfusion sanguine. Thomas Lecompte a exercé diverses responsabilités dans la gouvernance de son hôpital et de l’université, et au sein de la Société Française d’Hématologie, avant d’arriver à Genève. En novembre 2011, il a été nommé chef de service d’hématologie des HUG et professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l’Université de Genève.
Jeudi 22 mars 2012, 12h30, CMU - Auditoire A250
Doris Schopper
Professeure ordinaire, Département de santé et médecine communautaires, Faculté de médecine
Directrice du CERAH, Centre d’enseignement et de recherche
en action humanitaire de Genève

«Recherche médicale et de santé publique: questions éthiques dans un contexte de crise humanitaire»
Lorsqu’une organisation «riche» du «Nord» mène des recherches dans une population «pauvre» du «Sud», et de plus dans un contexte de crise, elle est confrontée à des questions éthiques autrement plus complexes qu’en Suisse. La vulnérabilité fortement accrue de la population, son accès limité aux soins de santé et le manque d’infrastructures locales posent notamment des questions quant au consentement éclairé d’éventuels participants à la recherche, à l’implication de la communauté touchée et aux bénéfices à moyen terme pour la population. Cette conférence examinera divers dilemmes éthiques et proposera quelques pistes pour y répondre.
Biographie
Doris Schopper est professeure ordinaire à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et directrice du CERAH depuis juillet 2011. Après des études de médecine à l’Université de Genève, elle a obtenu un FMH en Médecine interne en 1987, puis un doctorat en Santé publique à la Harvard School of Public Health, Boston en 1992. Entre 1982 et 1990 Doris Schopper a travaillé plusieurs années sur le terrain avec Médecins Sans Frontières (MSF). De 1991 à 1998 elle a été présidente de Médecins Sans Frontières Suisse et à deux reprises présidente internationale de MSF. Depuis 2001, elle préside le comité d’éthique de la recherche pour MSF International. Par ailleurs, Doris Schopper a développé plusieurs stratégies de santé cantonale et nationale en Suisse dont le «Programme national contre le cancer 2005-2010».


