Mardi 29 septembre 2009 à 18h30

L'évolution: un concept unifiant sciences du vivant et sciences humaines.

L'année bicentenaire de la naissance de Charles Darwin est l'occasion de faire le bilan de ce qu’on appelle, par abus de langage, la théorie de l'évolution. En effet, l’évolution n’est pas une théorie mais un fait scientifique. Par contre, nos connaissances sur les mécanismes par lesquels cette évolution se produit ne cessent de s’enrichir depuis l’apport majeur de Darwin: la découverte de la sélection naturelle. En effet, la théorie darwinienne s’est considérablement enrichie ce dernier siècle et demi suite aux découvertes de Gregor Mendel sur les mécanismes de la transmission génétique et ensuite grâce aux multiples découvertes de la biologie moléculaire et de la biologie du développement. C’est cet ensemble cohérent, appelé “théorie synthétique de l’évolution”, qui constitue désormais le cadre explicatif général de l'ensemble des sciences biologiques.

Le point de vue évolutionniste s'applique pleinement à l'espèce humaine: Darwin l'avait bien vu, suscitant les appréhensions de ses contemporains. D'ailleurs une partie de la tradition philosophique et des sciences humaines a fait l'impasse sur cet ancrage d'Homo sapiens dans le monde vivant. Mais la barrière de l'exception humaine est en voie d'être surmontée. En effet, l'évolution devient un terrain de réflexion interdisciplinaire où se rejoignent de plus en plus de biologistes, philosophes, éthiciens et chercheurs en sciences humaines.

Professeur Alexandre Mauron

Pr. Alexandre Mauron
Professeur ordinaire à l’Institut d'éthique biomédicale de la Faculté de médecine de l’UNIGE

Alexandre Mauron a obtenu son doctorat en sciences naturelles à l'Université de Lausanne. Il a passé 5 ans aux Etats-Unis à l'Université de Stanford avant d'intégrer la Faculté des sciences de l'UNIGE en tant que maître-assistant. En 1987 il est nommé attaché scientifique à la Fondation Louis-Jeantet et conduit un projet de recherche en bioéthique pour la Fondation. Dès 1991, il intègre la Faculté de médecine où il sera nommé professeur de bioéthique en 1995. L’inclusion de cette discipline dans les études de médecine à Genève constitue alors une première en Suisse. Promu professeur ordinaire de bioéthique médicale en 2001, Alexandre Mauron dirige également l’Institut d’éthique biomédicale qu'il a contribué à fonder et qui est actuellement rattaché au Département de santé et médecine communautaires. La mission du Professeur Mauron inclut la recherche, l’enseignement et la participation aux débats publics sur les questions bioéthiques.

Professeur Michel Milinkovitch

Pr. Michel Milinkovitch
Professeur ordinaire au Département de zoologie et de biologie animale de la Faculté des sciences de l'UNIGE

Formé à l'Institut de recherche interdisciplinaire en biologie humaine et moléculaire de l’Université de Bruxelles et à l'Université de Yale, aux Etats-Unis, Michel Milinkovitch obtient son doctorat en biologie évolutive en 1994. Il obtient son post-doctorat dans un laboratoire de génétique quantitative et devient professeur, d’abord associé puis ordinaire, à l'Université Libre de Bruxelles où il fonde un laboratoire de recherche en génétique évolutive. Le professeur Milinkovitch rejoint la Faculté des sciences de l'UNIGE en 2008. Les travaux effectués dans le laboratoire de Michel Milinkovitch ont d’abord porté sur trois domaines de recherche: la génétique de la conservation, la phylogénie moléculaire, et la génétique appliquée à la biotechnologie. Depuis deux ans, alors qu’il continue à être actif en phylogénie et génétique de la conservation, Michel Milinkovitch a réorienté l'essentiel des recherches de son groupe vers les aspects analytiques et expérimentaux de l'Evo-Devo (génétique évolutive du développement). Investi au niveau de la recherche et de l’enseignement, le Professeur Milinkovitch est aussi activement impliqué dans les débats publics sur les questions de l'évolution biologique.

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