Leçons d'adieu: Archives

Jeudi 17 décembre 2015, 12h30
CMU - A250

Pierre Hoffmeyer

Directeur du Département de chirurgie, Faculté de médecine et HUG
Médecin-chef du Service de chirurgie orthopédique et de traumatologie de l’appareil moteur, HUG

hoffmeyer

«La chirurgie orthopédique: une spécialité en mutation»


C’est grâce aux avancées de la médecine que l’orthopédie, éthymologiquement l’art de redresser les enfants, devient la chirurgie orthopédique par l’arrivée de technologies de plus en plus complexes appliquées à la réparation de l’appareil moteur. Jusqu’au milieu du XXe siècle, le traitement conservateur - avec ses plâtres, ses extensions et ses corsets - tenait le haut du pavé et se préoccupait surtout de soigner les séquelles de la tuberculose et de la poliomyélite. Aujourd’hui, la donne a changé: la traumatologie du loisir et de la mobilité motorisée, de même que le vieillissement actif, sont les principaux pourvoyeurs de patients. De la canne à la prothèse, du plâtre à l’ostéosynthèse, de la chirurgie ouverte aux techniques mini-invasives, les progrès ont été fulgurants. Mais ils apportent aussi leur lot de nouvelles complications. La chirurgie orthopédique est certes une spécialité en pleine évolution technique, mais elle se doit de conserver le patient au centre de ses préoccupations.

Biographie
Pierre Hoffmeyer obtient son diplôme fédéral de médecin en 1976 à Genève et se forme en chirurgie au Vancouver General Hospital, Canada. Il intègre ensuite la Clinique d’orthopédie et de chirurgie de l’appareil moteur des HUG. En 1986, il obtient son titre de spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et complète ensuite sa formation en chirurgie de l’épaule et du coude. Il est depuis 1998 médecin-chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur des HUG et prend la tête du département hospitalier de chirurgie en 2007. Sur le plan académique, il est nommé privat-docent en 1993, et professeur ordinaire en 1998. Il prend la direction du Département facultaire de chirurgie en 2006. Ses intérêts cliniques et de recherche concernent essentiellement l’orthopédie adulte et la traumatologie – en particulier de l’épaule et du coude – ainsi que les maladies infectieuses du système musculo-squelettique. Par ailleurs, il a été le président de l’Association suisse d’orthopédie et celui de la Fédération européenne des sociétés nationales d’orthopédie (EFORT). Il est également membre du comité éditorial de plusieurs journaux importants, tels que le Bone and Joint Journal et la Revue de chirurgie orthopédique. Il est nommé professeur honoraire en novembre 2015.


Jeudi 3 décembre 2015, 12h30
CMU - Auditoire C150

pierre pollak

Professeur ordinaire
Département des neurosciences cliniques, Faculté de médecine et HUG
Médecin-chef du Service de neurologie, HUG

pollak

«Du concept de neuromodulation aux thérapeutiques:
un long chemin»


Depuis 1987, seulement trois indications de neuromodulation par stimulation cérébrale profonde (SCP) ont été validées: le traitement des tremblements, de la maladie de Parkinson et des dystonies. Or, la SCP a déjà fait l’objet de publications scientifiques dans une vingtaine d’indications diverses. Comment expliquer et surmonter le relatif échec de cet outil thérapeutique novateur et puissant? L’histoire de la démonstration de l’efficacité de la SCP dans la maladie de Parkinson illustre les lacunes de l’application de la SCP dans de nouvelles indications: études sur des modèles animaux, compréhension des mécanismes d’action, précision anatomique de la cible stimulée, recherche des paramètres électriques adéquats, modifications qualitative, quantitative et temporelle des symptômes. A travers quelques exemples, le professeur Pollak expliquera pourquoi une telle approche pré-clinique et clinique est impérative avant l’application à large échelle de la SCP dans une indication donnée.

Biographie
Après des études de médecine et de neurologie à Grenoble, Pierre Pollak se spécialise dans les maladies du mouvement à Paris, Montréal et New York. Nommé en 1992 professeur de neurologie à l’Université Joseph Fourier de Grenoble, il dirige le Service de neurologie du CHU de 1997 à 2002. Ses recherches de thérapies expérimentales de la maladie de Parkinson le mènent à découvrir, avec Alim-Louis Benabid, la stimulation cérébrale profonde - ou neuromodulation - en tant que nouvel outil thérapeutique de cette maladie ainsi que d’autres troubles neurologiques ou neuropsychiatriques. Il reçoit pour ses travaux révolutionnaires plusieurs prix, décernés notamment par l’Académie des sciences. Il est lauréat du Annemarie Opprecht Foundation Award en 1999 et des Victoires de la médecine en 2008. Pierre Pollak est nommé médecin-chef du service de neurologie des HUG et professeur ordinaire au Département des neurosciences cliniques de la Faculté de médecine de l’UNIGE en octobre 2010. Il crée à Genève un centre de compétences en neuromodulation alliant recherche fondamentale et translationnelle, où plus de 20 patients bénéficient chaque année de ces avancées thérapeutiques majeures. Il a pris sa retraite en septembre 2015.


Jeudi 5 novembre 2015, 12h30
CMU - Auditoire A250

Alexandre MAURON

Professeur ordinaire
Directeur de l'Institut Ethique Histoire Humanités - iEH2
Faculté de médecine

mauron

«Les idéologies antisciences aujourd'hui:
un défi bioéthique et biopolitique»


ECOUTEZ LA CONFÉRENCE

Faire porter un regard critique sur les connaissances et les méthodes scientifiques fait partie intégrante de la démarche scientifique elle-même. Par contre, le « dénisme antiscience » est fondamentalement différent. Il s’agit d’un déni systématique des certains acquis de la science reposant sur des choix idéologiques ou des intérêts particuliers et non sur un examen critique compétent des acquis en question. Ce phénomène n’est pas nouveau en soi, mais il a pris une importance accrue dans le monde contemporain. Un certain nombre de controverses actuelles mettant en jeu ce déni seront analysées, ainsi que leurs implications sociétales plus larges. En effet, le déni de science alimente un paradoxe politique: souvent inspiré par un populisme anti-élites, il contribue en fait à priver le citoyen et le politique de moyens d’agir vraiment sur la réalité.

Biographie
Alexandre Mauron obtient en 1978 un doctorat en biologie moléculaire de l’Université de Lausanne, devient ensuite chercheur à l’Université de Stanford (Etats-Unis), puis à la Faculté des sciences de l’UNIGE en 1983. Depuis 1987, il se consacre à la bioéthique. D’abord rattaché à la Fondation Louis-Jeantet de médecine, il rejoint la Faculté de médecine en 1991, où il est nommé professeur associé en 1995, puis professeur ordinaire en 2001. Titulaire de la première chaire en éthique biomédicale créée dans une Faculté de médecine suisse, il a été le fondateur et premier directeur de l’Institut Ethique Histoire Humanités de la Faculté. Ses travaux portent principalement sur les enjeux éthiques et philosophiques de la médecine moléculaire et de la génétique, sur le statut de l’embryon, ainsi que sur divers problèmes d’éthique clinique, en particulier ceux liés à la fin de vie. Plus récemment, il s’est également intéressé à la question de la justice sociale en matière de santé, ainsi qu’aux pratiques médicales amélioratrices. Expert reconnu internationalement, Alexandre Mauron est également membre de l‘Académie suisse des sciences médicales. Il a été membre de la Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humaine et du Conseil suisse de la science et de la technologie. Il tient une chronique dans la Revue médicale suisse. Il est nommé professeur honoraire en septembre 2015.


J eudi 29 janvier 2015, 12h30
CMU - Auditoire A250

René Rizzoli

Professeur ordinaire
Département de médecine interne des spécialités, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service des maladies osseuses, HUG

rizzoli

«Fragilité osseuse: physiopathologie et prévention de l’ostéoporose»
ECOUTEZ LA CONFERENCE
En Suisse, les fractures dues à l’ostéoporose concernent une femme sur deux et un homme sur cinq dès 50 ans. Ces fractures, lorsqu’elles touchent la colonne vertébrale ou le col du fémur, sont accompagnées d’une mortalité accrue ou peuvent causer des handicaps durables compromettant la qualité de vie et nécessitant un coûteux encadrement médical et social. La quantité et la qualité de notre squelette dépendent de l’accumulation et de la maturation du capital osseux au cours de la croissance, puis de sa dégradation au cours de la 2e moitié de la vie. Sur le plan clinique, on distingue la prévention primaire (les mesures visant à améliorer et maintenir le capital osseux) de la prévention secondaire (les mesures visant à empêcher une détérioration d’un os déjà hypothéqué). Elles reposent sur trois éléments: la suppression des facteurs de risque d’ostéoporose, la consommation de calcium et de vitamine D en quantité suffisante, ainsi qu’une activité physique régulière et adaptée. Pour la prévention secondaire, ces mesures peuvent ne pas suffire. Il faut alors recourir à des traitements médicamenteux dont le but est de réduire le risque de fracture additionnelle en stimulant la densité osseuse. Lors de sa conférence, le professeur Rizzoli exposera les principaux axes de prévention de l’ostéoporose, et plaidera pour une prise en charge globale des personnes à risque.

Biographie
Spécialiste FMH en médecine interne et en endocrinologie, le professeur Rizzoli s’est plus particulièrement intéressé aux maladies métaboliques osseuses et à l’ostéoporose. Nommé privat-docent à la Faculté de médecine de Genève en 1990, il est devenu professeur associé en 1998, médecin-chef du Service des maladies osseuses des HUG en 2001, puis en 2006, professeur ordinaire au Département de réhabilitation et gériatrie, dont il a été le directeur jusqu’en 2010. Il a par ailleurs été, de 2011 à 2014, président de la Section de médecine clinique. Le professeur Rizzoli a effectué de nombreuses recherches sur la croissance osseuse, la physiopathologie de la fragilité osseuse ainsi que la prévention et le traitement de l’ostéoporose. Il a aussi étudié l’effet de certains traitements médicamenteux sur les troubles du métabolisme osseux. Outre sa contribution substantielle à la recherche, le professeur Rizzoli s’est engagé tout au long de sa carrière pour une meilleure connaissance des maladies métaboliques osseuses et pour une meilleure prise en charge des patients. Il a également occupé des fonctions dirigeantes au sein de l’International Osteoporosis Foundation et est rédacteur en chef de plusieurs revues spécialisées. Il a été nommé professeur honoraire en octobre 2014.

Jeudi 30 octobre 2014, 12h30
CMU - Auditoire A250

François Clergue

Professeur ordinaire
Directeur du Département d'anesthésiologie, pharmacologie et soins intensifs,
Faculté de médecine et HUG
Médecin-chef du Service d'anesthésiologie, HUG

Clergue

«Les défis de l’anesthésie pour la prochaine décennie»
ECOUTEZ LA CONFERENCE
En 30 ans, l’anesthésie a subi d’importantes transformations dans ses techniques, ses équipements et ses médicaments. Mais le changement majeur des ces dernières années touche particulièrement la sécurité, domaine en pleine évolution et qui vise aujourd’hui à s’améliorer encore. Il faut savoir qu’entre 1980 et 2000, la mortalité due à l’anesthésie a chuté d’un facteur 10, atteignant actuellement 1 décès pour 150’000 actes, et ceci grâce aux actions entreprises touchant la médicalisation, le monitorage, les salles de réveil et la réduction des erreurs humaines. L’anesthésie étant devenue sûre, la demande d’actes a par conséquent explosé: entre 1980 et 2010, le taux annuel d’anesthésies est passé de 6,6 à 17 pour 100 habitants, alors que le nombre d’anesthésistes a été multiplié par 3,4. Le premier défi pour la prochaine décennie sera donc de maintenir le niveau sécuritaire atteint et d’adapter les effectifs à la croissance des actes. La mortalité per-opératoire liée à l’anesthésie étant désormais 1’000 fois plus faible que celle liée à l’acte opératoire et à ses conséquences sur les patients, le second défi majeur des prochaines années sera de réduire la mortalité postopératoire, dans le cadre d’une étroite collaboration entre anesthésistes et chirurgiens.

Biographie
François Clergue a effectué ses études de médecine à Paris, complétées par une spécialisation en anesthésie-réanimation. Il a été nommé professeur des Universités en 1985 puis, en 1992, chef du Service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital Tenon (Paris). Le professeur Clergue est arrivé à Genève en 1996, où il a été nommé médecin-chef du Service d’anesthésiologie des HUG. En 2000, il a pris la direction du Département d’anesthésiologie, pharmacologie et soins intensifs des HUG et de la Faculté de médecine, et a été nommé professeur ordinaire. Sur le plan de la recherche, le professeur Clergue s’est concentré sur les questions de sécurité en anesthésie et est auteur ou co-auteur de plus de 150 articles. Il a été activement impliqué dans l’adoption de la Loi sur la sécurité anesthésique en France en 1994, ayant notamment rendu obligatoire le passage en salle de réveil et la consultation pré-anesthésique. Il a par ailleurs dirigé les comités sécurité de plusieurs sociétés d’anesthésie. En septembre 2014, il a été nommé professeur honoraire de la Faculté de médecine de l’UNIGE en septembre 2014.


Jeudi 30 janvier 2014 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Laurent Roux

Professeur ordinaire
Département de microbiologie et médecine moléculaire, Faculté de médecine

Roux2

«Une vie, un virus: quelle galère?»
ECOUTEZ LA CONFERENCE
Passer sa vie à étudier le virus de Sendai, un virus sans réelle importance clinique, peut paraître une folie, ou alors un tour de force. Quoi qu’il en soit, on imagine aisément que, pendant un tel laps de temps, beaucoup de changements ont eu cours dans la manière de concevoir et de développer les projets de recherche. Une revue personnelle des différents moments de la recherche sur le virus de Sendai sera l’occasion d’illustrer ces changements, qui ont bien sûr accompagné tout type de recherche scientifique à l’Université de Genève.

Biographie
Laurent Roux a fait ses études à la Faculté des Sciences de l’UNIGE, où il obtient son diplôme en 1971 et son doctorat ès sciences en 1976, au département de Biologie Moléculaire. Après une formation postdoctorale à l’Université de Californie San Diego (UCSD) avec le support de bourses du FNS, il revient à Genève en tant que maître-assistant à la Division des maladies infectieuses. En 1982, il est nommé chargé de recherche au Département de microbiologie puis maître d’enseignement et de recherche. En 2000, il est nommé professeur adjoint, puis en 2008 professeur ordinaire dans ce même département devenu entretemps Département de Microbiologie et Médecine Moléculaire. Il en sera le directeur de 2004 à 2012. Le fil rouge de la carrière scientifique de Laurent Roux est constitué par les virus respiratoires avec une prédilection pour le virus de Sendaï, un prototype de la famille des Paramyxovirus, isolé au Japon durant une épidémie de détresse respiratoire chez les nouveaux nés. Fortement impliqué dans l’enseignement de la virologie à la Faculté de médecine, Laurent Roux est également convaincu de la nécessité de faire connaître au grand public les activités de recherche développées au sein de l’université. Depuis 1998, il organise, en collaboration avec la Fondation Culture et Rencontre, les « Grands Soirs », une série annuelle de cinq conférences publiques où des membres de l’Université sont invités à se présenter et à présenter l’objet de leurs recherches.


Jeudi 14 novembre 2013 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Bernardino fantini

Professeur ordinaire, Directeur de l'Institut d'histoire de la médecine et de la santé
Faculté de médecine

Fantini

«Le défi des maladies émergentes: un regard historique»
ECOUTEZ LA CONFERENCE
Les «maladies émergentes» sont actuellement considérées comme une sérieuse menace pour les populations, et un défi pour les politiques de santé publique et la recherche scientifique. Le phénomène semble avoir pris de l’ampleur ces dernières décennies, mais il n’est pas nouveau. Depuis l’Antiquité classique, des «pestilences», semblant apparaître de nulle part portées par les bateaux, les caravanes ou les armées, ont ravagé villes et campagnes et décimé les populations, changeant les structures sociales et souvent le cours de l’histoire. L’analyse historique des épidémies du passé nous permet de mieux comprendre les caractéristiques du phénomène et la nature des moyens à mettre en place pour prévenir les conséquences de nouvelles épidémies et pandémies, comme celle de la «grippe espagnole» des années 1918-19 ou la flambée épidémique, il y a juste dix ans, du SRAS dont le contrôle en un peu moins de quatre mois constitue un exemple paradigmatique d’une réponse sanitaire efficace à une maladie nouvelle.

Biographie
Originaire d’Italie, Bernardino Fantini est titulaire d’un doctorat en biochimie de l’Université de Rome “la Sapienza” et d’un doctorat ès lettres, spécialité Histoire et Philosophie des Sciences et de la Médecine, obtenu à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris. Arrivé à Genève en 1990 comme professeur invité, il contribue à l’installation de l’Institut Louis-Jeantet d’Histoire de la médecine de l’UNIGE, avec la mise en place d’un programme de recherche, d’enseignement et d’une bibliothèque spécialisée, qui depuis 2008 accueille également la bibliothèque historique de l’OMS. Nommé professeur ordinaire en 1992, Bernardino Fantini prend la direction du nouvel Institut d’histoire de la médecine et de la santé. Depuis 1997, il est directeur du Centre Collaborateur OMS pour la recherche historique en santé publique. Ses principaux intérêts portent sur l’histoire des maladies et de la santé publique, l’histoire de la biologie et des bases scientifiques de la médecine, l’épistémologie de la biologie et de la médecine ainsi que l’histoire des relations entre médecine, philosophie et musique. Bernardino Fantini est également Président de l’Instituto Italiano di Antropologia, directeur de la revue Medicina & Storia, ancien président de l’European Association for the History of Medicine and Health et membre correspondant de l’Académie Internationale d’histoire des sciences.


Mardi 15 mai 2012 12h30, CMU – Auditoire A250

Pierre BAEHNI

Professeur ordinaire, Section de médecine dentaire,
Division de médecine dentaire préventive, Faculté de médecine

«Prévention: du microbe à la santé publique»
ECOUTEZ LA CONFERENCE

baehni
Les principales maladies bucco-dentaires sont d’origine infectieuse, causées par les microorganismes présents dans la cavité buccale. Cependant, certains facteurs liés au comportement, au style de vie influencent de manière significative la susceptibilité et l’évolution des pathologies. Ces facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, etc) sont communs à d’autres maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou le cancer. La médecine dentaire préventive moderne a donc évolué vers une approche plus médicale, plus globale du patient où l’ensemble des facteurs de risque sont pris en charge. Au niveau populationnel, la stratégie est d’associer la prévention bucco-dentaire aux programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies chroniques.

Biographie :

D’origine genevoise, Pierre Baehni a fait ses études de médecine dentaire à l’Université de Genève. Après plusieurs années passées à l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis, il est nommé professeur ordinaire en 1983, responsable de la Division de médecine dentaire préventive au sein de la Section de médecine dentaire de la Faculté de médecine. Le professeur Baehni a lancé au cours de sa carrière plusieurs projets de santé bucco-dentaire à Genève et au Cameroun. Reconnu et considéré comme un excellent chercheur et enseignant dans le domaine de la médecine dentaire préventive, il a contribué de manière significative à la formation des étudiants prégradués et postgradués dans le domaine de la prévention et la santé publique.
Actif sur le plan professionnel au niveau suisse et européen, le professeur Baehni a participé à la fondation de l’ «European Federation of Periodontology». Plus récemment, il a pu élargir ces perspectives grâce à son activité de consultant à l’Organisation Mondiale de la Santé.


Jeudi 24 novembre 2011, 12h30 - CMU, Auditoire A250

Jean-Bernard DUBUISSON

Professeur ordinaire,
Département de gynécologie et d’obstétrique, Faculté de médecine
Chef du Département de gynécologie et d’obstétrique, HUG

«Prolapsus féminin: quelle prise en charge aujourd’hui?»

ECOUTEZ LA CONFERENCE

dubuisson
La prise en charge des prolapsus génitaux a beaucoup changé ces vingt dernières années. Cette évolution est liée à plusieurs facteurs. En premier lieu, elle est liée au fait que les femmes osent plus facilement parler des maux occasionnés par la descente des organes pelviens, qu’il s’agisse de symptômes urinaires, digestifs ou troubles sexuels. En deuxième lieu, elle est liée aux nouveaux traitements chirurgicaux, plus conservateurs et moins invasifs. Le développement de la laparoscopie opératoire permet la suspension des différents organes et leur maintien grâce à des prothèses. Aujourd’hui, la prise en charge médicale et chirurgicale suit largement cette approche visant à améliorer la qualité de vie des patientes.

Biographie:

De nationalité française, Jean-Bernard Dubuisson est né à Paris et y a fait toutes ses études. Dès 1975, il se spécialise dans les techniques de laparoscopie opératoire et de chirurgie mini-invasive. En 1980, il est nommé professeur agrégé à la faculté de médecine Cochin Port-Royal. Chef de service de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital Baudeloque, il devient un spécialiste réputé en chirurgie gynécologique, comprenant la chirurgie de la stérilité, de l’utérus, des ovaires et de l’endométriose.
En 2003, Jean-Bernard Dubuisson devient chef du Département de gynécologie et d’obstétrique aux HUG, médecin-chef du Service de gynécologie et responsable de l’unité de médecine de la reproduction. En parallèle, il est nommé professeur ordinaire au sein de notre Faculté. Il se voue aux troubles du plancher pelvien depuis 35 ans et s’engage activement pour la prise en charge optimale de ces problèmes féminins.


Jeudi 22 septembre 2011, 12h30 CMU – Auditoire A250

André Rougemont

Professeur ordinaire
Directeur de l’Institut de médecine sociale et préventive,
Département de santé et médecine communautaires - Faculté de médecine

Vidéo

Voir la vidéo

«La cécité des rivières - stratégies de lutte»

rougemont
Au début des années 70, afin d’éliminer une maladie qui rendait aveugle des millions d’êtres humains en Afrique subsaharienne, un programme de lutte dit OCP (Onchocerciasis Control Programme) visant la destruction des vecteurs de la maladie et basé sur l’épandage d’insecticides, a été mis en place par un Consortium d’Organisations internationales, principalement l’OMS et la Banque mondiale. Sans aucune intervention médicale, le succès fut immédiat : au bout de 15 ans, les moucherons responsables avaient disparu et l’on n’enregistrait plus aucun cas nouveau. L’apparition à la fin des années 80 d’un médicament distribué gratuitement aux populations exposées a représenté une modification radicale de la stratégie de lutte, abandonnant la destruction des vecteurs. L’auteur, impliqué dans le programme OCP durant 30 ans, considère que ce changement de stratégie est voué à l’échec. Pourquoi ?

Biographie :

Agrégé en maladies infectieuses et médecine tropicale à l’Université d’Aix-Marseille II après des études de médecine à Lausanne, le professeur André Rougemont a longuement séjourné dans divers pays d’Afrique de l’Ouest qui ont fait de lui un chercheur et épidémiologiste «de terrain», en particulier dans le domaine du paludisme. Médecin-chef du Programme de lutte contre la «cécité des rivières» (OCP) de l’OMS et de la Banque Mondiale, l’expert est ensuite appelé à Genève en 1979 pour y implanter un enseignement de médecine tropicale. Il y établit aussi les programmes de santé publique, ainsi que le programme d’action humanitaire HELP avec l’OMS et le CICR. Spécialiste en santé publique, il dirige depuis 1992 l’Institut de médecine sociale et préventive à Genève: une précieuse ressource pour les autorités locales et la cité. Délégué du rectorat aux relations internationales, André Rougemont est, par ailleurs, professeur associé à l’Université d’Hokkaido, Japon.


Jeudi 16 décembre 2010 / 12h30 CMU - Auditoire A250

Claes Wollheim
Professeur Honoraire - Département de Physiologie cellulaire et métabolisme

Never losing sight of the islets of Langerhans and their hormone secretion

wollhaim
The pancreatic islets lower blood glucose by secreting insulin from their beta cells and raise glycemia by releasing glucagon from their alpha cells. The mechanism of hormone secretion has been in the focus of Prof. Wollheim’s scientific interest for the past four decades. The main motivation was the ever increasing prevalence of type 2 diabetes, which is characterized by defective stimulation of insulin and blunted suppression of glucagon secretion by glucose. The intracellular signals implicated in the moment-to–moment regulation of insulin exocytosis by physiological regulators were defined. Glucose metabolism in the mitochondria was shown to generate ATP in both alpha and beta cells, which affects calcium concentrations in all functional intracellular compartments, notably in the mitochondria, where it acts as an important amplifying signal. Both in vitro and in vivo models of monogenic forms of diabetes could confirm the central role of the mitochondria in normal insulin secretion, possibly suggesting new directions for the treatment of this bihormonal disease.

Claes Wollheim a obtenu son doctorat en médecine en 1970, à l’Université de Lund en Suède. Après une année de formation clinique, il arrive à l’Université de Genève, l’un des grands centres mondiaux dans le domaine de la recherche sur le diabète. Il s’intéresse à la cellule bêta pancréatique et plus particulièrement à la régulation de la sécrétion de l’insuline et au rôle joué par le calcium. Jeune chercheur particulièrement talentueux, Claes Wollheim collabore et devient ami proche de nombreux visiteurs de l’Institut de Biochimie Clinique, parmi lesquels le prix Nobel Martin Rodbell. Il est nommé professeur adjoint en 1987 et professeur ordinaire en 1991 et reprend la direction de l’Institut de Biochimie Clinique en 1988. Sa carrière brillante s’enrichit encore de nombreux prix, parmi lesquels le très prestigieux Claude Bernard Medal de l’Association Européenne pour l’Etude du Diabète, et le fameux GB Morgagni Gold Medal de l’Université de Padoue. Comme tout grand scientifique, Claes Wollheim est aussi un mentor d’exception: il a formé à Genève de très nombreux chercheurs qui continuent à essaimer dans tous les coins du monde, et n’a jamais cessé de prodiguer généreusement ses conseils.


Jeudi 21 octobre à 11h15 - Auditoire de la Fondation Louis-Jeantet

Les limites imperceptibles entre illusion et réalité

Prof. Avinoam B. Safran

Département des Neurosciences cliniques, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service d’ophtalmologie des HUG

safran
L'information visuelle portée à l'oeil est traitée dans diverses structures du système visuel. Le sujet en prend connaissance sous une forme transformée, comportant un partie ajoutée, illusoire. Ce traitement permet souvent une meilleure compréhension de l'image. Il peut aussi être trompeur, d'autant que le sujet est inconscient de la nature illusoire de la fraction ajoutée. Chez le sujet atteint dans sa vision, le processus conduisant au développement d'illusions modifie sa perception du déficit. Les implications, à la fois immédiates et de portée philosophique, en sont considérables.

Le Professeur Avinoam Safran obtient en 1971 son diplôme de médecin à la Faculté de médecine de l'Université de Genève, puis se spécialise en ophtalmologie puis en neuro-ophtalmologie. Il est nommé professeur ordinaire en 1998. Au-delà de la mission fondamentale de la prise en charge des affections oculaires aux HUG, il a largement développé le domaine de la neuro-ophtalmologie, dont il a fait de Genève l'un des principaux centres au plan international. Professeur Avinoam Safran a assumé la présidence de l'International Society of Neuro-Ophthalmology, et la vice-présidence de l'European Association for Vision and Eye Research. Ses travaux ont porté sur la fonction visuelle et la plasticité cérébrale après lésions oculaires et des voies visuelles. Avinoam Safran a par ailleurs dirigé, en collaboration notamment avec les Professeurs José-Alain Sahel, de Paris, et Marco Pelizzone, des HUG, un projet de développement d'un implant rétinien, qui a conduit à la première implantation européenne d'un tel système, aux HUG en 2008.

Dans le cadre de la Journée scientifique en l’honneur des Professeurs Theodor Landis et Avinoam B.Safran VISUAL CONSCIOUSNESS organisée par les professeurs Christoph M. Michel et Armin Schnider, Département des Neurosciences cliniques.

Sur inscription auprès de Marie-Ange.DeLaSen(at)unige.ch
022 379 53 69
Fondation Louis-Jeantet Route de Florissant 77 - 1206 Genève
022 704 36 36

Jeudi 21 octobre à 10h15 - Auditoire de la Fondation Louis-Jeantet

L’énigme des cerveaux gauche et droit

Prof. Theodor Landis
Département des Neurosciences cliniques
Médecin-chef du Service de neurologie des HUG

landis
Suite à la déconnexion des hémisphères cérébraux, la spécialisation de chacun d'eux est mise davantage en évidence. Le langage pour l’hémisphère gauche, l’espace, la communication non-verbale et émotionnelle pour le côté droit. Toutefois, en observant un être sain chez lequel les hémisphères sont normalement connectés, cette spécialisation paraît moins nette, et en particulier chez les sujets de sexe féminin. Dans le cadre de cette leçon d’adieu, le Prof. Landis va tenter, à travers une revue de la littérature et certains résultats obtenus par son groupe de recherche, de trouver une explication à ce phénomène.

Theodor Landis a fait ses études de médecine à l’Université de Zurich, pour se diriger assez tôt vers la neurologie. Durant une vingtaine d’années, il a forgé sa connaissance en arpentant les couloirs des services de neurologie des hôpitaux cantonaux de Zurich et de Lausanne, du Queensquare de Londres ou du Centre d’Aphasie de Boston, acquérant une expérience multidisciplinaire en neuropsychologie, en neurologie clinique, en neurologie fondamentale et en étude du comportement. Nommé en 1994 Chef du Service de neurologie des Hôpitaux Universitaires de Genève et professeur ordinaire de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, il s’est fortement engagé dans la lutte contre des maladies dégénératives. Figure emblématique des neurosciences genevoises, Theodor Landis est passionné par les neurosciences cognitives et les liens entre les lésions cérébrales et un comportement «Emotion et spécialisation hémisphérique» ; il en a fait le sujet phare de ses travaux de recherche ces 30 dernières années.

Dans le cadre de la Journée scientifique en l’honneur des Professeurs Theodor Landis et Avinoam B.Safran VISUAL CONSCIOUSNESS organisée par les professeurs Christoph M. Michel et Armin Schnider, Département des Neurosciences cliniques.

Sur inscription auprès de Marie-Ange.DeLaSen(at)unige.ch
022 379 53 69
Fondation Louis-Jeantet Route de Florissant 77 - 1206 Genève

Jeudi 16 septembre 2010 à 12h30, CMU - Auditoire A 250

CANCER DU SEIN: GÈNES FRAGILES OU ENVIRONNEMENT HOSTILE ?

Prof. André-Pascal Sappino
Professeur ordinaire
Médecin-Chef du service d'oncologie des HUG

Innées ou acquises ? Les causes du cancer du sein semblent multiples: de nombreux suspects, dans nos gènes et dans notre environnement, sont souvent évoqués mais peu de coupables formels ont été à ce jour identifiés. A l'ère des modèles animaux transgéniques, les boîtes de Petri sont-elles obsolètes ou peuvent-elles encore contribuer à démasquer les responsables de ce que l'on considère comme une épidémie ? Nos plus récentes observations indiquent que ce vieil outil demeure d'actualité et qu'il pourrait nous aider à inculper certains agents présents dans notre environnement.

Pr André-Pascal Sappino

Portrait d'André-Pascal Sappino
André-Pascal Sappino, de nationalité suisse, est né en 1949. Il obtient son diplôme de médecin en 1975 à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et gravit tous les échelons de la carrière hospitalo-universitaire. Titulaire des titres de médecin spécialiste FMH en médecine interne et en oncologie, il devient chef du Service d’oncologie le 1er octobre 1997 et est nommé professeur ordinaire en 2005.

Au-delà de la mission fondamentale de la prise en charge des patients souffrant de cancers, le professeur Sappino a développé aux HUG de nouvelles structures pluridisciplinaires qui, en dix ans, ont permis une augmentation significative des prestations: consultation d’oncologie sénologique pré-thérapeutique, consultation des lymphomes, consultation des métastases osseuses, consultation d’oncogénétique. Cette dernière unité est devenue le laboratoire national de référence pour la réalisation du dépistage génétique des prédispositions aux cancers du sein et de l’ovaire.

André-Pascal Sappino a par ailleurs intégré à l’expansion considérable de ses activités cliniques le développement de projets de recherche fondamentale, translationnelle et clinique, visant en particulier à promouvoir l’application clinique des innovations dans les domaines diagnostiques et thérapeutiques.

top