Leçons inaugurales 2011

Jeudi 8 décembre 2011, 12h30 - CMU, Auditoire A250

Prof. Laurent BROCHARD

brochard

Professeur ordinaire
Département d’anesthésiologie, pharmacologie et soins intensifs, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service des soins intensifs, HUG

«La ventilation non-invasive: un progrès dans l’histoire de la réanimation»

L’histoire de la réanimation et des soins intensifs peut être vue à travers celle de la ventilation artificielle. Après les périodes d’utilisation du « poumon d’acier », la réanimation est réellement née en 1956 avec la ventilation en pression positive par trachéotomie puis intubation endotrachéale. La ventilation non-invasive s’est progressivement développée après les années 1990 et s’est aujourd’hui imposée comme une technique de première intention de prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë. L’amélioration du pronostic des patients a amené à s’interroger sur les raisons des bénéfices observés, à savoir notamment une diminution des complications des traitements et une moindre agression des épithéliums respiratoires.

Biographie

Après une formation de pneumologie, Laurent Brochard est devenu professeur de réanimation en 1993 à l’Université Paris Est. Il a exercé à l’Hôpital Henri Mondor à Créteil où il a été président de la commission médicale et vice-doyen de la Faculté de médecine. En octobre 2010, il a intégré l’Université de Genève comme professeur ordinaire à la Faculté de médecine et médecin-chef de service des soins intensifs aux Hôpitaux universitaires de Genève. Son activité de recherche s’est développée principalement en recherche clinique autour des situations critiques et particulièrement de l’insuffisance respiratoire aiguë; il a dirigé une dizaine de thèses de sciences en recherche clinique physiopathologique, l’ensemble aboutissant à plus de 280 publications scientifiques dans des revues générales ou spécialisées. Laurent Brochard dirige par ailleurs un réseau de recherche clinique européen et développe des enseignements spécifiques visant à accroître les connaissances en physiopathologie respiratoire pour une approche individualisée de la ventilation.


Jeudi 24 mars 2011 | 12h30 CMU – Auditoire A250

Prof. Pierre Pollak

pollak

Professeur ordinaire, Département des neurosciences cliniques, - Faculté de médecine
Médecin-chef du Service de neurologie - HUG

Stimulation cérébrale profonde: présent et futur

Etant aujourd’hui établi qu’une stimulation électrique à haute fréquence mime l’effet d’une lésion, la stimulation cérébrale profonde (SCP) est proposée en lieu et place de la thalamotomie dans le traitement des tremblements. Cette solution présente l’avantage d’une moindre morbidité, en raison de sa réversibilité et de sa finesse d’ajustement. La SCP est également appliquée pour le traitement des troubles moteurs de la maladie de Parkinson et des dystonies. Grâce aux progrès de la physiopathologie des maladies du système nerveux, de multiples applications de la SCP sont à l’étude, notamment dans le traitement des formes résistantes de TOC, de dépression, l’épilepsie et divers troubles moteurs, cognitifs ou comportementaux.

Après avoir fait ses études de médecine et une formation en neurologie à Grenoble, Pierre Pollak s’est spécialisé dans les maladies du mouvement à Paris auprès du Prof. Yves Agid et en Amérique du Nord. Il a ensuite développé ses recherches en thérapeutique expérimentale de la maladie de Parkinson. Nommé professeur de Neurologie en 1992 à l’Université Joseph Fourier de Grenoble, il découvre avec le Prof. Benabid la stimulation cérébrale profonde en tant que nouvel outil thérapeutique. Pour ses travaux, il a reçu plusieurs prix, décernés notamment par l'Académie des Sciences. Il a été lauréat du «Annemarie Opprecht Foundation Award» en 1999 et des Victoires de la Médecine en 2008. En octobre 2010, Pierre Pollak a été nommé professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et médecin-chef du service de neurologie des HUG.


Jeudi 10 mars 2011 - 12h30 CMU – A250

Prof. Pierre-Yves Dietrich

dietrich

Professeur ordinaire,
Département de médecine interne - Faculté de médecine
Médecin-chef du Service d'oncologie – HUG

Immunothérapies des tumeurs cérébrales: du rêve à la réalité

Les tumeurs cérébrales sont dévastatrices. Elles sont la principale cause de décès par cancer chez l’enfant et source d’une profonde dégradation de l’être humain. L’efficacité des thérapies actuelles est très limitée, il y a un urgent besoin de nouvelles stratégies thérapeutiques. Aujourd’hui, nous avons appris que le système immunitaire peut nous protéger contre le cancer, y compris celui atteignant le cerveau. Exploiter ces propriétés naturelles pour combattre les tumeurs cérébrales est notre objectif pour la prochaine décennie.

D'origine suisse, âgé de 52 ans, Pierre-Yves Dietrich a accompli ses études de médecine à Fribourg et à Genève, où il obtient son diplôme de médecin en 1982 et son doctorat en 1986. Il se spécialise en oncologie à Genève, puis à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif à Paris. Privat-docent à la Faculté de médecine de l’Université de Genève en 1998, il y est nommé professeur associé en 2005. Parallèlement, il occupe la fonction de médecin adjoint agrégé, suppléant du médecin-chef au service d’oncologie des HUG. Reconnu par ses pairs comme un excellent clinicien, Pierre-Yves Dietrich est par ailleurs un enseignant apprécié et un chercheur de renommée internationale dans le domaine de l’immunologie des tumeurs du cerveau. En octobre 2010, Pierre-Yves Dietrich a été nommé à la fonction de professeur ordinaire au Département de médecine interne de la Faculté de médecine et sur le plan hospitalier, médecin-chef du Service d’oncologie des HUG.


Jeudi 3 février 2011 – 12h30 CMU – A250

Prof. Farhad Hafezi

hafezi

Professeur ordinaire,
Département des neurosciences cliniques,
Faculté de Médecine
Médecin-chef du Service d’Ophtalmologie, HUG

Approches novatrices en chirurgie oculaire

Au cours du siècle passé, l’ophtalmologie a été l’une des spécialités cliniques les plus étroitement liées à l’innovation technique et au progrès. Ces 15 dernières années en particulier ont été extraordinairement intéressantes pour cette spécialité, en raison d’importants changements dans les paradigmes biologiques et d’une multitude d’innovations techniques chirurgicales majeures. La façon dont on traite et on opère les patients de nos jours est radicalement différente des approches chirurgicales des années 1990. La leçon inaugurale sera centrée sur les changements techniques survenus en chirurgie du segment antérieur et fournira un aperçu détaillé des chirurgies cornéenne, de la cataracte et réfractive au laser modernes pour le traitement des maladies ophtalmiques.

Après avoir fait ses études de médecine à Fribourg et à Berne et obtenu son doctorat en médecine en 1992, Farhad Hafezi a suivi un cours postgradué de deux ans en médecine et biologie expérimentale à l’ETH Zurich (désormais Msc Biology). Il a ensuite été pendant 3 ans postdoctorant dans le Laboratoire de Biologie Cellulaire Rétinienne à Zurich, concentrant sa recherche sur les mécanismes moléculaires de dégénérescence rétinienne, et observant les dommages des photorécepteurs causés par la lumière chez la souris transgénique. Farhad Hafezi a identifié le premier gène qui inhibe totalement le dommage rétinien causé par la lumière (Hafezi et al., Nature Medicine,1997). A la Faculté des sciences de l’Université Erasmus de Rotterdam, il a consacré une thèse de doctorat (PhD) au management des complications de la chirurgie réfractive au laser. En matière clinique, il s’est spécialisé dans la chirurgie cornéenne et la chirurgie réfractive au laser, et a co-développé la méthode du cross-linking de la cornée (CXL). En octobre 2010, Farhad Hafezi a été nommé médecin-chef de service du service d’ophtalmologie des HUG et professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l’Université de Genève.


Jeudi 20 janvier 2011/12h30 -  CMU- Auditoire A 250

(conférence en anglais)

Prof. Brenda Renata KWAK

kwak

Professeure associée,
Département de pathologie et immunologie, Département de médecine interne

Risky communication in atherosclerosis

L’athérosclérose est la cause principale de mortalité dans les pays développés. Cette maladie multifactorielle implique la formation de lésions dans la paroi vasculaire qui se caractérisent par un endothélium dysfonctionnel, de l’inflammation, une accumulation de lipides, une mort cellulaire et le dépôt de matrice extracellulaire. La distribution des lésions athéromateuses est très caractéristique chez l’humain; les plaques se développent de manière prédominante près des bifurcations artérielles, là où le flux sanguin est perturbé. Les interactions entre cellules de la paroi vasculaire et cellules inflammatoires jouent un rôle décisif dans l’athérogenèse. Les canaux intercellulaires présents dans les jonctions gap permettent l’échange direct d’ions et de petits métabolites entre cellules. L’expression des connexines (les protéines formant ces canaux) est altérée dans les plaques athérosclérotiques, et ces protéines régulent l’initiation et la progression de cette maladie chez les souris. La découverte récente qu’un variant du gène humain de la connexine37 est associé à  une majoration du risque pour l’athérosclérose encourage les efforts vers une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires de cette maladie.

D’origine néerlandaise, Brenda Kwak étudie la médecine à l’Université d’Amsterdam où elle obtient un PhD en sciences au Département de physiologie en 1993. Soutenue par le Fonds National Suisse (programme Marie Heim-Vögtlin et professeure boursière), elle développe une thématique à l’interface entre recherche fondamentale et cardiologie clinique. Son intérêt scientifique se concentre principalement sur le rôle des connexines – protéines déterminantes pour la communication intercellulaire – dans les maladies cardiovasculaires, en particulier  l’athérosclérose et la resténose. En février 2010, Brenda Kwak est nommée professeure associée à la Faculté de médecine de l’UNIGE avec une double affiliation au Département de pathologie et immunologie et au Département de médecine interne.

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