Leçons Inaugurales 2013

7 novembre 2013 - 12h30
CMU - Auditoire C150

Olaf blanke

Professeur ordinaire
Département des neurosciences cliniques, Faculté de médecine
Médecin consultant au Service de neurologie, HUG

Blankeportrait

«Corps, cerveau et conscience: vers les neuroprothèses cognitives»
Qu’est-ce que le soi conscient? Comment une expérience vécue devient-elle un phénomène subjectif? À partir des données neurologiques des expériences de décorporation et de dédoublement, le professeur Blanke présentera les données neuroscientifiques sur la conscience de soi, étudiées chez des sujets sains au moyen de méthodes issues des technologies d’ingénierie, telles que la réalité virtuelle et la robotique. Ces données montrent que le système nerveux central humain caractérise des membres, des corps virtuels (avatars) et d’autres dispositifs «externes» comme des éléments de notre corps. Avec ces résultats récents, et en combinant le contrôle expérimental de ces mécanismes cérébraux avec le domaine de la neuro-ingénierie, il serait alors possible d’impacter le diagnostic et le traitement chez les patients ayant subi une amputation, une paraplégie ou une lésion cérébrale, et donner ainsi naissance aux neuroprothèses cognitives.

Biographi e
Olaf Blanke a fait ses études à Berlin et à Paris. Son doctorat en neurophysiologie est suivi d’une formation en neurologie à Genève, où il se spécialise en épileptologie et en neurologie du comportement. Ses travaux concernent principalement la représentation corporelle et la perception de soi, étudiés par des approches incluant la neuropsychologie, l’électrophysiologie et l’imagerie cérébrale. En 2004, il est nommé chargé de cours à l’UNIGE et professeur en neurosciences à l’EPFL, où il crée le Laboratoire de neurosciences cognitives, utilisant notamment la robotique et la réalité virtuelle. Plus récemment, il applique ses données dans un nouveau domaine de recherche, les neuroprothèses cognitives et la neuro-réhabilitation. Olaf Blanke est aujourd’hui un expert international en neurosciences cognitives. Directeur du Centre de neuroprothèses de l’EPFL dans lequel il occupe la chaire Bertarelli de neuroprothèses cognitives, il a été nommé professeur ordinaire au Département des neurosciences cliniques de notre Faculté en janvier 2013.


23 mai 2013 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Gabriele Thumann

Professeure ordinaire
Département des neurosciences cliniques, Faculté de médecine
Médecin adjointe agrégée au Service d’ophtalmologie, HUG

thumann

« La thérapie génique en ophtalmologie: espoir ou illusion »
La thérapie génique consiste à introduire un gène dans les cellules d’un patient pour traiter une maladie génétique ou modifier un comportement cellulaire. Des milliers d’études cliniques sont en cours, notamment sur les cancers ou les pathologies de la rétine. Malgré des succès appréciables, ce développement a été ralenti à plusieurs reprises au cours de son évolution, en raison de graves effets secondaires relevés lors des études cliniques. La conférence apportera les éléments clés d’une thérapie génique, ses problèmes et leur résolution possible. La professeure Thumann présentera également la thérapie qui sera développée aux HUG: une stratégie génique non virale, plus sûre, pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge, première cause de cécité des personnes âgées dans les pays industrialisés.

Biographie

Gabriele Thumann a obtenu son diplôme de médecin et a suivi sa formation comme interne en ophtalmologie à l’Université de Cologne (Allemagne), se spécialisant en chirurgie du segment postérieur. De 1997 à 1999, elle a été assistante de recherche à l’institut Doheny Eye à Los Angeles en Californie (USA), où elle a étudié les cellules épithéliales du pigment iridien in vitro après transplantation dans l’espace sous-rétinien. Avant d’intégrer le Service d’ophtalmologie de Genève, Gabriele Thumann était professeure et responsable de l’équipe de recherche de l’Université de Aachen, en Allemagne. Son principal domaine de recherche touche au traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) par la transplantation des cellules pigmentaires sous-rétiniennes génétiquement modifiées et à la restructuration de l’interface des cellules épithéliales de la membrane rétinienne de Bruch. Elle est d’ailleurs la coordinatrice d’un fonds de recherche européen (FP7) consacré à ce sujet. En septembre 2012, Gabriele Thumann a été nommée professeure ordinaire au Département des neurosciences cliniques.


11 avril 2013 - 12h30
CMU - A250

Jean-Louis Frossard

Professeur ordinaire
Département de médecine interne des spécialités, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service de gastroentérologie, HUG

frossard

« Lithiase biliaire: pathologie asymptomatique, onéreuse et sournoise »
Résultant de la concrétion des composants de la bile, la lithiase biliaire reste une des affections digestives les plus coûteuses du monde occidental. La majeure partie des calculs biliaires se forment dans la vésicule biliaire et sont constitués de cristaux de cholestérol. La plupart du temps, ces calculs sont découverts fortuitement et surviennent chez des patients asymptomatiques. Une fraction des patients, estimée à 2-4% par an, va développer des symptômes liés à la présence anormale de ces calculs soit dans la vésicule, soit dans les voies biliaires, réalisant des tableaux cliniques variés: colique biliaire, cholécystite aiguë, cholangite suppurative et pancréatite aiguë, etc. Cette conférence présente les éléments physiopathologiques de base et les tableaux cliniques classiques engendrés par les calculs biliaires.

Biographie

Jean-Louis Frossard fait ses études de médecine à Genève, où il obtient son diplôme fédéral en 1990. Sa formation en gastroentérologie se fait entre Genève, Paris et Boston, où il suit une formation en pancréatologie expérimentale à Harvard Medical School. De retour à Genève, il développe l’activité de l’échoendoscopie et le laboratoire de recherche expérimentale dans lequel il étudie les mécanismes moléculaires de la pancréatite aiguë chez l’animal. Il est nommé professeur associé en 2009 et responsable de l’unité pancréas dès 2011. Le service de gastroentérologie et hépatologie connait une activité importante, avec la réalisation de plus de 6000 endoscopies par année. Jean-Louis Frossard collabore étroitement avec le service de transplantation hépatique dans le suivi des patients greffés. En 2012, il a été promu professeur ordinaire au Département de médecine interne des spécialités de la Faculté de médecine et médecin-chef du Service de gastroentérologie et hépatologie des HUG.


Jeudi 7 mars 2013, 12h30
CMU - Auditoire A250

Andreas Kleinschmidt

Professeur ordinaire Louis-Jeantet
Département des neurosciences cliniques, Faculté de médecine
Médecin-adjoint agrégé au Service de neurologie, HUG

Kleinschmidt


« Le cerveau, vulnérable et énergivore »

Même en l’absence de stimulation sensorielle ou d’action motrice, le cerveau est énergivore. Cette énergie maintient une activité neurale «spontanée» dont la fonction physiologique reste énigmatique. Ses besoins énergétiques font du cerveau l’organe le plus vulnérable du corps. Une réduction du métabolisme cérébral au-delà de ses valeurs critiques compromet d’abord rapidement l’intégrité fonctionnelle et puis, si elle persiste, l’intégrité structurale du cerveau. Une fois la lésion cérébrale établie l’activité neurale «spontanée» se retrouve altérée, et ces altérations sont en lien avec le type et la sévérité des symptômes cliniques. Ces observations ouvrent un nouveau regard sur la relation entre lésion cérébrale, activité neurale et handicap.

Biographie
Andreas Kleinschmidt a fait ses études de médecine à Francfort-sur-le-Main, Paris et Genève. Après son internat en neurologie à Düsseldorf, il obtient en 1996 le titre de spécialiste et en 1997 celui de privat-docent. Son parcours scientifique est marqué par une thèse en neurophysiologie à l’Institut Max Planck de Francfort ainsi que des séjours post-doctoraux à l’Institut Max Planck de Göttingen (Allemagne) et à l’Institut de Neurologie de Londres. Il est ensuite nommé médecin adjoint et docent au service de neurologie de l’Université de Francfort. En 2005, Andreas Kleinschmidt devient directeur de recherche à l’INSERM (France). Ses recherches sont centrées sur les fonctions cognitives et leurs perturbations dans les maladies neurologiques. Expert reconnu de la neuroimagerie fonctionnelle, il est l’auteur d’une centaine de publications et éditeur d’un ouvrage de neurologie. Andreas Kleinschmidt a été nommé professeur ordinaire au Département de neurosciences cliniques de la Faculté de médecine en juillet 2012.

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