Leçons Inaugurales 2014


Jeudi 25 septembre 2014 - 12h30 
CMU - Auditoire A250


Anne-Lise Giraud

Professeure ordinaire
Département des neurosciences fondamentales,
Faculté de médecine UNIGE

giraud

«Surdité profonde: implant cochléaire et plasticité cérébrale»
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L’implant cochléaire permet de restaurer l’audition lors d’une surdité profonde. Son efficacité est très bonne chez les adultes ayant perdu leur audition, et qui peuvent à nouveau communiquer oralement, même par téléphone. L’implant permet aussi aux enfants sourds de naissance d’apprendre à parler et à suivre une scolarité normale. Néanmoins, les résultats peuvent être très variables, et certaines personnes ne parviennent pas à tirer le bénéfice escompté, sans que l’on puisse prédire l’échec à partir de facteurs strictement cliniques. En utilisant les données issues de différentes technologies permettant de visualiser l’activité cérébrale, la Pre Anne-Lise Giraud cherche à comprendre comment le cerveau humain fait usage de l’implant cochléaire, grâce à quels processus de plasticité cérébrale de bons résultats sont obtenus, ou au contraire quels sont les facteurs qui en limitent les bénéfices. Ses recherches mettent en évidence le rôle essentiel des interactions entre les systèmes auditif et visuel dans le succès ou l’échec de l’implant cochléaire, ouvrant la voie vers une approche thérapeutique personnalisée.

Biographie
Anne-Lise Giraud obtient en 1997 un doctorat en neurosciences à l’Université de Lyon. Elle réalise un premier post-doctorat à Londres, puis un deuxième à Francfort. Grâce à des subsides du Ministère allemand de la recherche, elle fonde en 2001 son propre groupe de recherche au Brain Imaging Centre de Francfort. En 2004, elle obtient un poste de chargée de recherche au CNRS (France). Elle fonde alors à Paris avec deux collègues le Laboratoire Inserm de Neurosciences cognitives. Anne-Lise Giraud contribue à la création du Master de Sciences Cognitives de l’Ecole normale supérieure de Paris et participe à la formation en neuropsychologie de l’Université Pierre et Marie Curie à Paris. Elle devient directrice de recherche en 2007 et, en 2010, est primée par le CNRS et lauréate d’une bourse du Conseil européen de la recherche (ERC). Elle rejoint la Faculté de médecine de l’Université de Genève en 2012 où elle poursuit ses recherches sur les principes neuro-computationnels à l’œuvre dans la perception et la production de la parole. Elle est nommée professeure ordinaire au Département des neurosciences fondamentales en octobre 2013.


Jeudi 22 mai 2014 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Antoine Flahault

Professeur ordinaire Louis-Jeantet
Département de santé et médecine communautaires, Faculté de médecine UNIGE
Directeur de l'Institut de santé global

Flahault

«Quand l’épidémiologie théorique guide la décision: le cas des maladies émergentes»
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L’épidémiologie théorique permet de reconstituer à l’aide d’équations mathématiques ou de simulations sur ordinateur des dynamiques de transmission d’agents infectieux. Elle contribue à une meilleure compréhension des mécanismes épidémiques, permet d’envisager différents scénarios d’intervention, voire propose des prévisions qu’il convient d’interpréter avec prudence. Véritable «planche à dessin» du décideur en santé publique, l’épidémiologie théorique peut l’aider à guider ses choix de politique de santé, par exemple: quelle est la couverture vaccinale minimale à atteindre pour obtenir un niveau de protection suffisant dans une population? Quel est l’âge optimal de la vaccination? Quel serait l’impact de la fermeture des écoles, des lieux publics ou des aéroports, pour prévenir l’extension d’une émergence épidémique? Le professeur Flahault montrera comment l’épidémiologie théorique contribue à l’éclairage des politiques de contrôle et de prévention des maladies émergentes dans les situations où l’on manque particulièrement de données issues d’observations.

Biographie
Antoine Flahault est docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris, et docteur en biomathématiques. Nommé professeur de santé publique en 2002, il fonde à Rennes l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) qu’il dirige de 2007 à 2012. Il est également co-directeur du Centre Virchow-Villermé de Santé publique Paris-Berlin, co-directeur de l’Alliance académique européenne pour la santé globale, et président de l’Agence européenne d’accréditation des formations en santé publique. Spécialiste en modélisation mathématique des épidémies, Antoine Flahault a dirigé le centre collaborateur de l’OMS pour la surveillance électronique des maladies, a coordonné les recherches sur le chikungunya dans l’Océan Indien (Prix Inserm 2006), et a été commissaire scientifique de l’exposition Epidemik à la Cité des Sciences et de l’Industrie (Paris, Rio et Sao Paulo). En janvier 2014, il est nommé professeur ordinaire à la Faculté de médecine, où il est appelé à mettre en place et diriger l’Institut de santé globale, au bénéfice d’une chaire de la Fondation Louis-Jeantet de médecine.


Jeudi 20 mars 2014 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Laurent Kaiser

Professeur ordinaire
Département de médecine interne des spécialités, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service des maladies infectieuses, HUG

kaiser

«Virus à visage humain»
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Au cours des deux dernières décennies, la virologie clinique a été le point de rencontre de révolutions spectaculaires dans le domaine de la pathogenèse virale, du diagnostic moléculaire et de la mise au point de nouvelles thérapies. Ces progrès ont modifié la perception que nous avons du VIH et de nombreuses autres infections virales comme l’infection à cytomégalovirus après transplantation, ou l’hépatite C. Le temps du laconique «c’est viral, il n’y a rien à faire!» est bien révolu. Au travers d’histoires cliniques, le but de cette conférence est d’illustrer de quelle manière les progrès scientifiques et thérapeutiques peuvent changer le cours d’une vie. Mais malgré ces avancées considérables, nous nous heurtons toujours à des défis qui semblent impossibles à relever: des vaccins efficaces contre le VIH ou contre de nombreux autres virus restent pour l’instant inatteignables. Et au-delà des défis scientifiques, l’accès inégal aux thérapies antirétrovirales à travers le monde révèle le visage sombre de nos sociétés.

Biographie
Laurent Kaiser a obtenu son diplôme de médecin à la Faculté de médecine de Genève en 1987, puis une spécialisation en maladies infectieuses et en microbiologie clinique. Il se spécialise en virologie clinique à l’Université de Virginie à Charlottesville, aux USA. De retour à Genève en 2006, il prend la tête du Laboratoire de virologie des HUG, qui se développe pour assurer l’ensemble des prestations nécessaires à un hôpital universitaire. Ce laboratoire héberge aussi les centres de références suisses pour la grippe et les virus émergents. Laurent Kaiser concentre ses recherches dans le domaine de la virologie clinique, en particulier les virus respiratoires. En octobre 2013, il est nommé médecin-chef du Service des maladies infectieuses aux HUG et professeur ordinaire au Département de médecine interne des spécialités de la Faculté de médecine. Il supervise de nombreuses activités cliniques et académiques grâce à une équipe de spécialistes compétents dans les domaines phares des maladies infectieuses et de la microbiologie.


Jeudi 13 mars 2014 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Frédéric Triponez

Professeur ordinaire
Département de chirurgie, Faculté de médecine
Médecin-chef du Service de chirurgie thoracique et endocrinienne, HUG

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Chirurgie thyroïdienne: récents développements et perspectives
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«Docteur, j’ai une boule dans la thyroïde, dois-je l’enlever?» Grâce (ou à cause !) du développement des techniques de l’imagerie médicale, le nombre de nodules découverts dans la thyroïde est en grande augmentation, ce qui conduit inévitablement à plus d’opérations de la thyroïde. Les progrès anesthésiques et chirurgicaux ont rendu les thyroïdectomies sûres. Néanmoins, l’hypocalcémie post-opératoire et les problèmes de voix restent des complications possibles qui diminuent significativement la qualité de vie des patients concernés. Comment alors proposer une prise en charge tout en diminuant les risques de complications? Lors de sa conférence, le professeur Triponez explorera les progrès récents concernant le diagnostic et les traitements chirurgicaux des pathologies thyroïdiennes, ainsi que les voies futures de recherche.

Biographie
Né à Porrentruy, Frédéric Triponez obtient son diplôme de médecin à l’Université de Genève en 1996. Il fait sa formation de base en chirurgie aux HUG puis complète sa formation en chirurgie endocrinienne (thyroïde, parathyroïdes et surrénales) à Lille puis à San Francisco. De retour aux HUG en 2005, il y développe la chirurgie endocrinienne et crée le plus grand centre spécialisé dans cette discipline en Suisse. Parallèlement, il complète sa formation en chirurgie thoracique à Paris. Ses travaux de recherche portent essentiellement sur les tumeurs endocrines du pancréas d’origine familiale, l’hyperparathyroïdisme et le cancer de la thyroïde. Il contribue activement à l’enseignement pré- et postgradué de la chirurgie thoracique et endocrinienne. En 2013, il a été nommé médecin-chef du Service de chirurgie thoracique et endocrinienne des HUG et professeur ordinaire au Département de chirurgie de la Faculté de médecine.


6 février 2014 - 12h30
CMU - Auditoire A250

Giovanni Frisoni

Professeur ordinaire
Département de psychiatrie, Faculté de médecine
Département de médecine interne, de réhabilitation et gériatrie, HUG
tations

frisoni

«Entre démence et vieillissement: vers la prévention primaire de la maladie d'Alzheimer?»
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Lors des consultations de patients souffrant de démence ou de la maladie d’Alzheimer – ou de leurs proches – les médecins entendent souvent les mêmes questions:

«Ma mère souffre d’une démence sénile, pas d’une maladie d’Alzheimer: quelle est la différence?»; «J’oublie les choses plus fréquemment qu’avant. Ai-je la maladie d’Alzheimer?»; «Le neurologue me dit que la démence de ma mère est due à nombreux facteurs: le stress, la vieillesse, des troubles de la circulation, peu d’activité sociale, et aussi un peu d’Alzheimer… Y a-t-il des médicaments pour en ralentir la progression?»; «Mon père est décédé d’une maladie d’Alzheimer. Est-ce que je risque aussi de tomber malade?»; «Mon mari est agressif: docteur, pouvez-vous lui donner quelque chose?»

Malgré plus de 20 ans de recherche sur la pathophysiologie des démences, il n’existe aujourd’hui que des traitements symptomatiques. Cependant, plusieurs études cliniques actuellement en cours évaluent des médicaments potentiellement en mesure de ralentir ou même d’empêcher la déclaration des symptômes, ce que le professeur Frisoni aura l’occasion de présenter lors de sa leçon.

Biographie
Giovanni Frisoni a fait ses études à Brescia et Parme, en Italie. Il y a obtenu, en 1986, un diplôme cum laude en médicine et chirurgie, et, en 1990, une spécialisation en neurologie. Co-fondateur de l’Unité Alzheimer de l’hôpital de Brescia, devenue depuis le Centre National pour la Maladie d’Alzheimer (IRCCS) Fatebenefratelli, il y a été chef du service de psychogériatrie et responsable de l’Hôpital de Jour Alzheimer. Giovanni Frisoni a créé en 1999, au sein de l’IRCCS, le laboratoire d’épidémiologie en neuro-imagerie et télémédecine (LENITEM) et l’Unité de soins translationnels; il est par ailleurs, depuis 2013, le directeur scientifique de l’IRCCS. Chercheur principal de plusieurs projets aux niveaux européen et international, il a également occupé des fonctions techniques et scientifiques dans de nombreuses recherches. Ses travaux portent essentiellement sur la traduction dans la pratique clinique des découvertes fondamentales en neuro-imagerie. Il a été nommé professeur ordinaire au Département de psychiatrie en septembre 2013.


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