Davantage de médecins suisses sont les bienvenus dès lors qu’ils ont le bon profil

Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse) salue l’augmentation du nombre de places d’étudiants en médecine humaine. Dans une prise de position récente concernant les études de médecine, l’association indique toutefois que la problématique du manque de médecins généralistes n’est pas résolue par l’augmentation du nombre de diplômés en médecine humaine. De nouvelles incitations et mesures en matière de formation post-graduée sont nécessaires.

Afin que l’augmentation du nombre de places de formation en médecine humaine soit un succès, l’association Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse) salue la création de places supplémentaires dans les cursus universitaires de médecine annoncée ces dernières semaines. Les divers efforts des facultés existantes et des nouveaux prestataires de formation revêtent une égale importance et contribuent collectivement à la garantie nécessaire de la relève des médecins en exercice. Dans son actuelle prise de position en matière d’études de médecine, l’association met toutefois en garde contre une fragmentation de la formation des médecins. Une telle évolution compromettrait la qualité de la formation et la perméabilité entre les différentes offres et conduirait à un déploiement inefficace de fonds publics et du personnel enseignant nécessaire. Nous recommandons la création de réseaux de formation englobant les facultés de médecine existantes et les nouveaux sites de formation. Ceux-ci seraient en mesure d’assurer la coordination nécessaire et de garantir une qualité élevée de formation.

Nécessité de mesures de formation post-graduée
Dans le même temps, la prise de position d’unimedsuisse démontre que l’augmentation du nombre de diplômés ne règle pas encore tout à fait le problème de la relève des médecins. La mauvaise répartition évidente des médecins entre généralistes et spécialistes, entre ville et campagne et entre hôpitaux et cabinets installés constitue le deuxième élément de la problématique. En zone urbaine et dans certaines
spécialités, on constate même une surabondance de l’offre de spécialistes, donnant en partie lieu à des prestations superflues et contribuant à l’explosion des dépenses de santé. A la lumière de ce constat, ce n’est pas seulement de plus de médecins dont le pays a besoin, mais bien des bons médecins! La répartition géographique et les spécialisations des médecins ne sont toutefois pas déterminées lors
des études de médecine mais elles évoluent dans la phase de formation post-graduée. Pour assurer la relève médicale, il est par conséquent dangereux de se concentrer uniquement sur l’augmentation du nombre de places d’étudiants en médecine. Celle-ci peut en effet facilement aboutir à une surabondance en ville sans pour autant atténuer le manque à la campagne et dans les soins de base.
unimedsuisse invite par conséquent tous les acteurs à intensifier le débat sur les mécanismes permettant d’assurer une formation post-graduée tournée vers les besoins. L’association a elle-même mis sur pied un groupe de travail qui analyse les activités de formation post-graduée des hôpitaux universitaires et qui doit proposer d’éventuelles mesures en vue de renforcer l’alignement sur les
besoins.

A propos de l’association Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse)
Médecine Universitaire Suisse (unimedsuisse) regroupe les hôpitaux universitaires de Bâle, de Berne, de Genève, de Lausanne et de Zurich ainsi que les cinq facultés de médecine de Suisse. L’association fait office de point de contact pour les questions relevant de la médecine universitaire à l’échelon national. Les facultés de médecine de Suisse ont étoffé les prestations de formation en médecine humaine
d’environ 50% au cours des dernières années, si bien que près de 1100 diplômés sont attendus en 2019. La contribution des hôpitaux universitaires aux prestations de formation post-graduée en médecine se situe aux alentours de 40% alors que certaines formations post-graduées ne sont possibles qu’au sein des hôpitaux universitaires.

15 septembre 2016

MEDIA

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