Enseignement du programme Sciences humaines en médecine

Enseignements obligatoires

Enseignement obligatoire : une interdisciplinarité nécessaire

En raison du format pédagogique adopté par la Faculté de médecine de Genève, celui de l’apprentissage par problèmes, format étranger à un chercheur issu de la Faculté des lettres, les cours obligatoires en sciences humaines en médecine s’effectuent sur la formule du binôme, une formule qui contraint les enseignants des deux cultures (la culture biomédicale et la culture des Lettres) à un travail interdisciplinaire. A cette occasion, il est apparu que l’interdisciplinarité, au-delà du fait d’être un mot à la mode, constitue un long processus composé d’espaces de dialogues et de zones de tensions, qui traverse différentes étapes nécessaires à la construction intellectuelle de l’objet d’un séminaire. Ces étapes sont les suivantes :

  • Une familiarisation du chercheur en sciences humaines à la culture biomédicale, qui l’aidera à s’approprier des concepts, une forme de discours et une forme de transmission du savoir qui ne sont pas les siens.
  • Une participation régulière à des espaces d’échanges, tels que les colloques hebdomadaires d’un service, permet au chercheur issu des sciences humaines de déceler des préoccupations et des thèmes communs, première étape d’un chemin interdisciplinaire.
  • Un dialogue qui vise à une délimitation claire et précise de la thématique du séminaire.
  • Une recherche du matériel sur lequel appuyer une réflexion puis l’enseignement proprement dit. Cette phase est effectuée par le chercheur en sciences humaines qui va soumettre un matériel (sous forme de textes littéraires, archives, traités philosophiques par exemple) qu’il pense pertinent.
  • Une appropriation de ce matériel par le médecin, qui opérera le tri définitif (après discussion) des textes qu’il juge les plus adéquats pour les étudiants en médecine.
  • Des discussions et des négociations qui portent sur les messages que chacun souhaite transmettre aux étudiants.
  • Le séminaire proprement dit, donné par les deux enseignants.

Ce processus est long et accapare un temps non négligeable, notamment pour les médecins qui ont une pratique hospitalière ou privée à côté de leurs fonctions d’enseignants. Néanmoins il est nécessaire pour trouver le point de rencontre entre les intérêts des uns et des autres, le point d’ancrage entre des réflexions souvent abstraites et l’exercice concret de la médecine.

L’intérêt de la dialectique entre deux cultures académiques réside entre autre dans la confrontation des questionnements de chacune d’entre elles. C’est cette confrontation des questionnements qui permettra un décentrement des uns et des autres, et qui pourrait aboutir à une créativité intellectuelle propre aux humanités médicales et propre à tout effort fécond d’interdisciplinarité.

Micheline Louis-Courvoisier


Cours à option

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