Si les "super volcans" ne sont étudiés que depuis une quarantaine d'années,
c'est qu'ils sont peu visibles. Contrairement aux volcans "normaux" provoquant
l'apparition d'un cône, l'énorme quantité de magma rejetée par les "super
volcans" entraîne un effondrement géologique, appelé "caldera", pouvant
s'étendre sur des centaines de kilomètres de diamètre, ce qui les rend difficilement
repérables. Les effets de telles éruptions sur l'environnement n'en
demeurent pas moins désastreuses. La dispersion d'énormes quantités de
particules et de gaz dans l'atmosphère peut provoquer des changements
climatiques globaux et durables, mettant en danger la vie sur terre. Des
généticiens ont d'ailleurs évoqué l'éruption du Lac Toba à Sumatra pour
expliquer la quasi-disparition de l'espèce humaine il y a 75'000 ans.
Peut-on prédire de telles éruptions? C'est ce que cherche à savoir Olivier
Bachmann. Ses travaux portent notamment sur l'étude d'une éruption plus
modeste ayant précédé l'éruption principale de la caldera de Fish Canyon
dans le Colorado. "En reconstituant les signes précurseurs, notre but
est de comprendre le cycle d'activité de ces volcans", explique le jeune
chercheur. Mais y aurait-il moyen d'éviter le pire, même en étant prévenu
à l'avance? "Il est clair que nous restons totalement à la merci de catastrophes
d'une telle ampleur. Cela dit, il existe des éruptions de même type mais
de moindre envergure, comme ce qui s'est produit à Santorin il y a environ
3'600 ans. Et dans ces cas, la prédiction pourrait limiter les dégâts",
précise Olivier Bachmann.
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