| La direction de l'Université
apporte des compléments d'information sur l'implantation du
système de gestion informatique SAPhir |
En
juillet 1999, l'Université de Genève s'est dotée
d'un nouvel outil informatique pour sa gestion financière et comptable.
Le choix et l'implantation du progiciel retenu - SAP - a fait l'objet
de critiques aussi bien internes qu'externes. Eric Doelker, vice-recteur,
membre du comité de pilotage SAPhir, et Laurent Pally, directeur
de l'administration, apportent aujourd'hui un complément d'information
à ce sujet.
Choix du logiciel
Laurent Pally rappelle tout d'abord le contexte dans lequel le choix du
logiciel s'est effectué: "A l'époque, nous nous engagions
dans une dynamique de rapprochement institutionnel avec l'Université
de Lausanne. Il nous fallait donc un système satisfaisant pour
les deux universités, quitte à sacrifier les intérêts
particuliers de l'une ou de l'autre des institutions. La situation était
différente dans chaque cas. L'Université de Lausanne ne
possédait pas une informatisation centrale de sa gestion financière,
alors que nous avions déjà un outil, arrivé à
bout de souffle. Nous avons donc été confrontés à
des problèmes d'adaptation et de transition d'un système
à l'autre, ce qui n'a pas été le cas pour nos collègues
lausannois".
Anticipant cette donnée, les universités
ont constitué, dès le début du projet, une équipe
chargée d'évaluer les caractéristiques des différentes
solutions disponibles sur le marché, en examinant notamment les
systèmes déjà en place dans des universités
aux Etats-Unis et en Suisse. Quatre options se sont dégagées:
un premier système, très implanté aux Etats-Unis,
mais disponible uniquement en langue anglaise; un second, "People
Soft", qui s'est rapidement avéré insuffisant sous
l'angle de la gestion financière; restaient les solutions Oracle
et SAP. Chacun de ces deux systèmes comporte des avantages et des
inconvénients. Le M.I.T., aux Etats-Unis, a adopté SAP, mais
n'a pas souhaité s'en tenir à la version standard: il lui
en a coûté plusieurs millions de dollars. L'Université
de Cambridge, en Angleterre, envisage quant à elle de poursuivre
Oracle qui lui a vendu une solution à 13 millions de dollars inadaptée
à ses besoins
Il est bon de savoir également que toutes
les Universités de Suisse se sont dotées d'un système
SAP.
Des articles parus récemment dans la presse ont
affirmé que la direction de l'Université de Genève
avait conclu le contrat avec SAP sans attendre l'avis du Service juridique
de l'Université. Laurent Pally explique que "ces affirmations
se sont basées sur des notes internes et provisoires de l'Inspection
cantonale des finances (ICF), qui ont été soustraites et
indûment transmises à la presse. Or la preuve a été
apportée à l'ICF que la signature du contrat avec SAP n'est
pas antérieure à la détermination du Service juridique
sur les clauses du contrat".
Coût
Les dépenses engendrées par l'achat du système SAP
et son adaptation aux besoins de l'Université, aujourd'hui estimées
à 4,4 millions de francs pour les deux universités, sont
justifiées selon Laurent Pally et Eric Doelker. "Nous avions
deux objectifs financiers", rappelle Laurent Pally, "d'une part, partager
les coûts avec l'Université de Lausanne et, d'autre part,
disposer d'un système susceptible d'évoluer en fonction
de nos besoins". Il existe en effet des solutions meilleur marché,
mais qui doivent être remplacées entièrement après
quelques années, ce qui entraîne en fin de compte des dépenses
et des problèmes d'adaptation administrative démultipliés.
Quant à une solution "maison", les responsables de l'Université
y ont songé, avant d'y renoncer, l'estimant plus coûteuse
et moins évolutive que l'utilisation d'un progiciel.
Implantation
La mise en place d'un nouveau système de gestion implique forcément
un temps d'adaptation de la part des utilisateurs. Sur ce point, Eric
Doelker note que le personnel administratif a effectivement souffert d'un
manque de préparation: "nous aurions dû être plus
attentifs à la formation des utilisateurs. Les retards causés
par la mise en place du nouveau système, notamment en ce qui concerne
la facturation, ont entraîné une mauvaise humeur compréhensible".
Quant au développement d'applications spécifiques pour répondre
aux besoins de l'Université, Eric Doelker précise que "si
le rapport intermédiaire de l'IFC identifie des manques à
ce sujet, des remèdes ont été apportés entre-temps,
si bien que le rapport définitif n'en fait plus mention".
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