Mais c'est au IVe siècle seulement que l'habile empereur Constantin entreprend de faire célébrer la naissance de Jésus en signe de victoire de la foi définie au concile de Nicée (Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme) conjointement à la naissance du soleil invaincu (Natalis Solis Invicti), la fête en l'honneur du dieu solaire d'origine iranienne Mithra, au solstice d'hiver le 25 décembre. Cette manuvre est une réussite en Occident car elle parvient à réconcilier l'armée, dévote de Mithra, et l'Eglise, fidèle à Jésus-Christ. Les Orientaux, en revanche, résistent. La nouvelle fête impériale entre en concurrence avec la célébration très populaire en Orient de la manifestation de Jésus au baptême le 6 janvier. La future Noël tombe surtout pendant la grande foire des Saturnales, ce dont nos ancêtres sauront vite tirer parti, comme s'en plaint Grégoire de Naziance, le grand théologien cappadocien du IVe siècle. Il est vrai qu'aujourd'hui avec l'humoriste Pierre Desproges, bien malin qui peut dire si Noël est la plus païenne des fêtes chrétiennes ou la plus chrétienne des fêtes païennes... | |
| Frédéric Amsler | |
Pour aller plus loin : CULLMANN, Oscar, La Nativité et l'arbre de Noël (Théologies), Paris, Cerf, 1993. NORELLI, Enrico, Ascension du prophète Isaïe (Apocryphes 2), Turnhout, Brepols, 1993. NORELLI Enrico, "Avant le canonique et l'apocryphe: aux origines des récits de la naissance de Jésus", Revue de théologie et de philosophie 126 (1994), p. 305-324. | |
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