Quand les étudiants évaluent la prestation de leurs professeurs

Sujet tabou il y a encore une dizaine d'années, l'évaluation de l'enseignement par les étudiants est désormais entrée dans les moeurs de l'Université de Genève. C'est ce qui ressort du rapport publié cette semaine par le Secteur formation et évaluation de l'Université. Globalement bien perçue par les étudiants comme par les enseignants, la démarche ne fournit pas moins matière à débats. N'est-ce pas céder à la tendance à tout vouloir quantifier? L'évaluation par les étudiants ne prive-t-elle pas les enseignants de leur autorité intellectuelle, que d'aucuns jugent formatrice? N'est-ce pas inciter les professeurs à la démagogie? Par ailleurs, les étudiants, qui paient leurs taxes universitaires, ne sont-ils pas en droit d'attendre des prestations de qualité? Et n'est-il pas salutaire d'inciter à la réflexion pédagogique, alors que l'enseignement reste l'une des principales missions de l'Université? "L'évaluation est tributaire de facteurs humains et affectifs qui en font un sujet très sensible, raison pour laquelle nous restons très prudents quant à l'interprétation et aux conclusions à tirer des données fournies par les questionnaires distribués aux étudiants", relève Nicole Rege Colet, auteur du rapport.

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