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DOCTEURS HONORIS CAUSA
Kofi A. ANNAN
Marcel
FONTAINE
Walter ISARD
Jacques LAUTREY
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Sadako OGATA
Katharina
REISS
Werner
STAUFFACHER
Lodewijk WOLTJERS
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Depuis sa nomination au poste de Secrétaire
général des Nations Unies en 1997, Kofi
A. Annan s'est imposé comme l'une des figures marquantes
de la scène internationale, oeuvrant inlassablement pour promouvoir
la paix et un monde plus équitable.
Réélu par acclamation pour un second mandat
en juin 2001, Kofi A. Annan s'est donné comme tâche prioritaire
de revitaliser les Nations Unies par un programme complet de réformes.
Un objectif qui passe notamment par le renforcement de l'action traditionnelle
de l'ONU dans les domaines du développement, du maintien de la paix
et de la sécurité internationale; la défense des droits
de l'homme; la propagation du respect de la légalité et des
valeurs universelles d'égalité, de tolérance et de dignité
humaine; le rétablissement de la confiance de l'opinion publique dans
l'Organisation en l'ouvrant à de nouveaux partenaires, et le rapprochemment
des Nations Unies et des peuples.
Le parcours: du Ghana à New York
Né à Kumasi (Ghana) où il a étudié
à l'Université scientifique et technologique, Kofi Annan a achevé
sa licence d'économie au Macalester College à St. Paul (Minnesota)
aux Etats-Unis. Puis il poursuit des études de troisième cycle,
en 1961 et 1962, à l'Institut universitaire de hautes études
internationales à Genève. En 1972, en qualité de Sloan
Fellow au MI T, il obtient son diplôme de maîtrise en sciences
de gestion.
Kofi Annan est entré au sein de l'Organisation des
Nations Unies en 1962 comme fonctionnaire d'administration et du budget auprès
de l'Organisation mondiale de la santé à Genève. En 1990,
après l'invasion du Koweït par l'Iraq, Kofi Annan reçoit
du Secrétaire général la mission spéciale d'organiser
le rapatriement d'Iraq de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants
de pays occidentaux.
Avant d'être élu Secrétaire général,
Kofi Annan a également rempli les fonctions de Sous-Secrétaire
général (mars 1992-février 1993), puis de Secrétaire
général adjoint aux opérations de maintien de la paix
(mars 1993-décembre 1996). Cette dernière fonction a coïncidé
avec une croissance exceptionnelle des effectifs et de l'extension géographique
des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Entre novembre
1995 et mars 1996, après l'Accord de paix de Dayton, qui met un terme
à la guerre en Bosnie-Herzégovine, Kofi Annan est Représentant
spécial du Secrétaire général pour l'ex-Yougoslavie,
supervisant à cette occasion la transition, en Bosnie-Herzégovine,
de la Force de protection des Nations Unies à une force multinationale
de mise en oeuvre de la paix sous la direction de l'OTAN.
En avril 2000, Kofi Annan publie son rapport sur le millénaire
intitulé "Nous les peuples: le rôle des Nations Unies au
XXIème siècle", dans lequel il invite les Etats Membres
à s'engager en faveur d'un plan d'action pour l'élimination
de la pauvreté et de l'inégalité, l'amélioration
de l'éducation, la réduction du VIH/SIDA, la préservation
de l'environnement et la protection des peuples contre les conflits et la
violence. Un rapport dont s'inspire la Déclaration du millénaire
adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement au Sommet du millénaire,
qui s'est tenu en septembre 2000 au siège de l'Organisation des Nations
Unies.
L'homme de la Paix
Le Prix Nobel de la Paix lui est attribué en 2001 pour son action
en faveur de la paix, de la sécurité et de la recherche d'un
monde plus équitable ainsi que pour sa mobilisation à répondre
aux défis économiques, sociaux et environnementaux.
L'attribution d'un doctorat honoris causa permet ainsi à
Kofi Annan non seulement de revenir à Genève et à l'Institut
HEI, mais également au siège européen de l'Organisation
des Nations Unies et de ses nombreuses agences spécialisées,
avec lesquels il partage le Prix Nobel de la Paix.
Kofi Annan se verra décerner son titre de docteur
honoris causa conjointement par l'Institut universitaire de hautes études
internationales, la Faculté des sciences économiques et sociales
et la Faculté de droit.
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Belge, né au Congo, formé dans la tradition
du Code civil français, Marcel Fontaine
a manifesté très tôt son intérêt pour le
droit comparé, que ce soit par ses écrits, ses conférences
et enseignements, ou ses nombreux séjours scientifiques en Europe,
aux États-Unis, en Afrique et en Chine. Professeur ordinaire à
l'Université catholique de Louvain, il est l'un des grands théoriciens
contemporains du droit et de la pratique des contrats, notamment internationaux.
Il est en même temps un des meilleurs connaisseurs en matière
de droit des assurances.
L'originalité de sa démarche scientifique
s'est affirmée lorsqu'il prit, en 1973, la présidence du Groupe
de travail des contrats internationaux créé par la Fondation
pour l'étude du droit et des usages du commerce international. Unique
dans son approche, ce groupe de travail réunit depuis près de
30 ans (dont 20 ans sous sa présidence) des professeurs, des avocats
et des juristes d'entreprises qui examinent les typologies des clauses contractuelles
telles qu'elles sont introduites par les négociateurs dans les contrats
du commerce international.
L'art des contrats
L'examen systématique des préambules, des lettres d'intention,
des obligations relevant du contrat, des clauses de hardship, de best efforts
ou de reasonable care parmi d'autres, a révélé un trésor
de pratiques contractuelles qui devait encore trouver son expression théorique.
Marcel Fontaine y a contribué de façon décisive en rédigeant,
sur la base des travaux du Groupe de travail, une dizaine d'études
exposant les enjeux théoriques et pratiques de ces expressions contractuelles.
Les connaissances et l'expérience ainsi acquises
ont fait de Marcel Fontaine un participant de premier plan dans les travaux
d'harmonisation internationale du droit des contrats. En particulier, il a
oeuvré et continue d'oeuvrer comme membre du groupe de travail
qui, sous l'égide de l'Institut international pour l'unification du
droit privé à Rome, a rédigé les Principes relatifs
aux contrats du commerce international (1994). Sa collaboration se poursuit
avec la préparation de la publication d'une deuxième édition,
qui règlera un nombre important de problèmes non-abordés
lors de la première édition.
Droit des assurances
Marcel Fontaine s'est également distingué dans le domaine des
assurances et est l'auteur du principal traité en la matière
de Belgique. Il en a examiné toutes les questions importantes et a
animé de multiples colloques dans un domaine juridique particulièrement
bien illustré en Belgique, tandis qu'un peu délaissé
en Suisse. Son expertise est reconnue internationalement : il a été
associé à la rédaction de législations sur les
assurances en Russie, en Ukraine, en Républiques tchèque et
slovaque, dans les pays baltes, au Kazakhstan et aux Kirghizstan, ainsi qu'au
Luxembourg.
Marcel Fontaine entretient des liens proches avec la Faculté
de droit de l'Université de Genève, où il a enseigné,
co-dirigé un important colloque sur la monnaie unique et les pays tiers,
et prononcé des conférences à plusieurs reprises. Auteur
de huit traités ou monographies et de plus de 150 contributions personnelles,
éditeur scientifique d'une vingtaine d'ouvrages, ce juriste original
et rigoureux dirige depuis un quart de siècle le Centre de droit des
obligations de Louvain-la-Neuve. Il est aujourd'hui collaborateur correspondant
d'UNIDROIT, l'Institut international pour l'unification du droit privé,
et membre associé de l'Académie internationale de droit comparé
ainsi que du conseil scientifique de l'Institut du droit des affaires internationales
de la Chambre de commerce internationale.
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Walter Isard est né
en 1919 en Pennsylvanie. Grâce à un parcours humaniste et pluridisciplinaire,
il a marqué l'économie, la science politique, la géographie
et la science régionale. D'abord, à l'Université de Harvard
et au MIT, il enseigne l'économie régionale et urbaine. Puis
il opte, en 1956, pour l'Université de Pennsylvanie où il devient
professeur d'économie, de science régionale et de science de
la paix (Peace Science), et crée de nouveaux enseignements. Au lieu
d'une carrière d'économiste " conventionnelle ", celui
qui fréquentait d'égal à égal les Kuznets, les
Leontieff, prix Nobel d'économie, décide de se lancer dans une
voie favorisant le développement régional et l'égalité
entre les hommes.
Au cours de cette période, plus précisément en 1954,
il développe l'Association de Science Régionale qui compte actuellement
plusieurs milliers de membres dans la plupart des pays du monde. Walter Isard
crée une discipline rigoureuse, empruntant à toutes les sciences
économiques et sociales, pour mieux suivre les questions de localisation
des activités et des hommes et répondre à un important
problème de société dans les années 1950 et 1960
: où localiser les activités économiques pour favoriser
le développement ?
Ses manuels, en particulier aux presses du MIT, comme ses publications scientifiques
de haut niveau, font autorité. Au total, il a publié 23 ouvrages
et 224 articles dans des revues réputées. Walter Isard a d'ailleurs
été éditeur de 11 revues, dont le Quarterly Journal of
Economics, les Papers of the Regional Science Association, le Journal of Peace
Science et le Journal of Conflict Resolution, illustrant la variété
de ses compétences et l'ampleur de sa réputation.
Le souci de l'homme et de la paix dans le monde marque également
sa carrière, tant dans la Peace Science Society qu'il anime que dans
l'Association des Economists Allied for Arms Reduction. Autour de ces thèmes,
il organise des colloques et crée des associations dans des disciplines
allant de la science politique à la sociologie et à l'aménagement.
Il a dans ce domaine, comme dans celui de la science régionale, formé
et influencé plusieurs professeurs de l'Université de Genève.
Titulaire de 6 doctorats honoris causa, de médailles
de nombreuses associations, Walter Isard se devait d'être reconnu à
et par Genève, ville de la Paix.
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Les travaux du Professeur Jacques
Lautrey, de l'Université de Paris V, sont mondialement connus
dans les champs de la psychologie différentielle et de la psychologie
du développement. Il est l'un des chefs de file de l'approche francophone
de la psychologie différentielle - sous-discipline de la psychologie
qui s'intéresse à la signification des différences entre
individus - et a joué un rôle essentiel dans le développement
de cette discipline.
Outre les nombreux ouvrages qu'il a édités, en collaboration
avec Maurice Reuchlin, sur des thèmes généraux de la
psychologie différentielle, il a fortement plaidé en faveur
de l'intégration des différences individuelles dans les autres
disciplines fondamentales de la psychologie, notamment la psychologie du développement.
Les premières recherches de Jacques Lautrey ont porté sur les
relations entre la manière dont l'environnement familial est structuré
et le développement cognitif de l'enfant. Ce sujet est le thème
de sa thèse de doctorat, puis d'un ouvrage publié en 1980 sous
le titre "Classe sociale, milieu familial, intelligence". Ce livre,
d'une approche scientifique exemplaire, a connu un succès important.
Le prof. Lautrey y caractérise, sur une base théorique dérivée
du modèle piagétien, différentes structures et pratiques
éducatives des environnements familiaux pour les mettre en relation
avec des indicateurs indépendants des classes sociales. Il a pu ainsi
évaluer l'impact de la structuration de l'environnement familial sur
le développement intellectuel des enfants et montré qu'une structuration
trop rigide du milieu familial, ainsi qu'une survalorisation de l'obéissance,
constituaient les conditions les moins favorables au développement.
La suite de ses travaux a visé à intégrer de manière
encore plus étroite la psychologie différentielle et la psychologie
du développement cognitif, sur les plans tant théorique qu'empirique.
Jacques Lautrey a mené de nombreuses recherches, dont certaines en
collaboration avec des collègues genevois, dans différents domaines
comme la catégorisation, la créativité, la représentation
spatiale, l'image mentale, le développement opératoire ou encore
la remédiation cognitive. Ces travaux ont permis d'étayer l'hypothèse
de l'existence de plusieurs voies de développement pour différents
types d'enfants. Selon cette perspective pluraliste, l'interaction de plusieurs
processus susceptibles de remplir une même fonction permet de créer
une dynamique auto-organisatrice et constitue ainsi l'une des sources du développement.
Jacques Lautrey a établi des rapports étroits
de collaboration avec plusieurs professeurs de la FPSE depuis une trentaine
d'années, qui se sont aussi traduits en amitiés profondes. On
soulignera également la grande rigueur intellectuelle, ainsi que l'éthique
professionnelle et morale, de ce professeur.
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Sadako Ogata
fait partie des personnalités ayant fortement contribué au renom
de Genève. En effet, elle a été, de 1991 à 2000,
à la tête du Haut Commissariat aux Réfugiés des
Nations Unies, permettant à de nombreuses missions humanitaires de
se déployer, contribuant ainsi au renom d'une Genève internationale.
Dans un monde en pleine globalisation, touchant non seulement l'économie,
les communications et la science, mais aussi les conflits et la détresse
humaine, des millions de personnes sont continuellement déplacées
par des guerres, des catastrophes, des conditions climatiques, et ceci dans
des conditions d'illégalité et de précarité. Dans
cette problématique croissante, le Haut commissariat aux réfugiés
des Nations Unies joue un rôle humanitaire prépondérant.
Sadako Ogata a rempli ce rôle de 1991 à 2000.
En 1963, Sadako Ogata obtient son doctorat en sciences politiques
à l'Université de Berkeley, en Californie. D'emblée,
elle se passionne pour le droit humain et enseigne les relations internationales
à l'International Christian University de Tokyo durant plus de 10 ans.
Puis elle devient modératrice du bureau exécutif de l'UNICEF.
Rattachée à l'Université Sophia de Tokyo, elle est nommée
professeure en 1980 et doyenne en 1989.
De nombreuses oeuvres écrites, d'abord sur des thèmes de l'histoire
diplomatique et de relations internationales, puis sur les mouvements des
peuples, les réfugiés et l'immigration, témoignent de
son sens aigu de l'analyse sans compromis et d'une créativité
hors du commun dans la recherche de solutions aux conflits qui agitent le
monde. Ces qualités exceptionnelles ont mené Sadako Ogata à
siéger dans de nombreuses commissions internationales. Sa nomination
au poste prestigieux de Haut commissaire aux réfugiés couronne
une carrière exceptionnelle où se démarquent tant sa
force de caractère que son désir d'un monde meilleur.
Persécutions, violences, conflits et catastrophes
sont les principales causes menant à la condition de réfugiés
: ceux-ci sont avant tout des êtres humains vivant dans le dénuement,
principalement des femmes, des enfants et des habitants du Tiers monde. Les
solutions à de telles crises humaines ne peuvent se trouver que par
une approche multilatérale. Sadako Ogata, de par sa forte personnalité,
son expérience du domaine des relations internationales, son approche
académique rigoureuse et ses qualités d'organisatrice, a su
donner au Haut Commissariat aux Réfugiés le rôle et le
respect qui lui reviennent. Grâce à ses contacts avec de nombreuses
personnalités genevoises, elle a su lier la communauté locale
avec ses aspirations et ses activités internationales, contribuant
ainsi au rayonnement de Genève. Enfin, grâce à ses liens
avec la Faculté de médecine, elle a su favoriser et stimuler
une pensée humanitaire, en insistant sur le danger d'exclusion et le
devoir de solidarité de chacun. C'est notamment grâce à
son influence que le programme de formation en Médecine humanitaire
a pu se développer dans notre Faculté.
Sadako Ogata est actuellement Scholar-in-Residence à la Fondation
Ford.
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Werner
Stauffacher, né le 7 juillet 1931, a étudié
la médecine à l'Université de Bâle où il
obtient son diplôme de médecin en 1958 et son doctorat en 1962.
Après une année de formation en recherche biochimique à
l'Université de Harvard, Werner Stauffacher poursuit, de 1963 à
1972, une double activité de chercheur et de clinicien au Département
de médecine de l'Université de Genève. De 1972 à
1976, il est médecin-chef à la Clinique médicale universitaire
à l'Hôpital de l'Île à Berne, puis médecin-chef
et directeur du Département de médecine de l'Université
de Bâle jusqu'en 1995. Il est actuellement professeur honoraire de cette
Université.
Le professeur Stauffacher s'est illustré dans ses
relations avec l'Université de Genève en participant à
la construction de l'Ecole de diabétologie genevoise. Actif à
la fois comme chercheur en sciences fondamentales et comme clinicien en médecine
interne, Werner Stauffacher a su reconnaître l'importance de l'intégration
de ces deux domaines pour la vitalité et la créativité
de la recherche biomédicale. Ont été témoins de
cette initiative des travaux fondateurs sur la régulation de la sécrétion
de l'insuline, publiés par l'équipe genevoise formée
de partenaires émanant de la biochimie clinique, de la médecine
interne et de la morphologie. La réputation internationale de la diabétologie
genevoise doit beaucoup à cette vision innovatrice d'une recherche
intégrant sciences fondamentales et sciences cliniques.
L'autre importante contribution du professeur Stauffacher
à l'Université de Genève a été son engagement
en faveur de la formation postgraduée et de la relève académique.
Conscient de l'importance cruciale de constituer une relève de haut
niveau dans les universités suisses, une succession qui est liée
à une formation postgraduée adéquate, Werner Stauffacher
s'est investi sans relâche pour promouvoir cet objectif. Il l'a fait
en qualité de membre du Conseil de la recherche du Fonds national suisse
de la recherche scientifique, président de la Division Biologie et
Médecine de cette institution, président de la Fondation suisse
pour les bourses en médecine et en biologie, et de la Commission d'experts
du programme Docteur en médecine - Docteur en Sciences (MD- PhD) de
l'Académie suisse des sciences médicales. Grâce à
ces efforts, de nombreux jeunes diplômés universitaires peuvent
bénéficier du soutien financier et de l'environnement scientifique
nécessaires à une formation postgraduée de haute qualité
en Suisse et à l'étranger.
Citation pour l'arrrêté du Conseil d'Etat
Le Conseil d'Etat entend honorer un médecin qui a développé
à Genève des interactions innovatrices et fructueuses entre
recherche fondamentale et recherche clinique, et qui a oeuvré pour
le soutien à la relève académique en Suisse dans le domaine
biomédical.
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Lodewijk
Woltjer a fait ses études à Leiden, où il
obtint en 1957 le titre de docteur en astronomie. Il occupe ensuite plusieurs
positions de chercheur ou professeur invité dans les universités
américaines de Chicago, Princeton, MIT et Maryland, avant d'être
nommé professeur d'astrophysique théorique et de physique des
plasmas à Leiden. Ses travaux sur les explosions de supernovae, sur
les champs magnétiques dans les étoiles et les galaxies lui
valent d'être nommé en 1964 " Rutherford Professor of Astronomy
" et président du Département d'astronomie de l'Université
Columbia à New York.
En 1975, il devient Directeur général de l'ESO
(European Southern Observatory) et retourne en Europe. Une position qu'il
occupe pendant douze années. Durant son mandat, Lodewijk Woltjer a
apporté un essor remarquable à l'astronomie européenne,
plus spécifiquement en promouvant le projet VLT (Very Large Telescope).
Cet ensemble de quatre télescopes de 8 mètres de diamètre
au sommet du Mont Paranal au Chili est un instrument unique pour les astronomes
européens. Semaine après semaine, l'observatoire annonce des
résultats exceptionnels. Un état de fait qui ne fait que préfigurer
l'ampleur de ses futures découvertes lorsque l'interféromètre,
un instrument qui permet de combiner la lumière recueillie par les
quatre télescopes, aura atteint sa pleine puissance.
Son activité en tant que Président de l'Union
Astronomique Internationale (UAI), de 1994 à 1997, peut aussi être
soulignée. Elle lui a notamment permis d'apporter un souffle nouveau
à cette organisation. En plus de toutes ces activités, le Professeur
Woltjer est toujours resté à la pointe de la recherche dans
le domaine des supernovae, ainsi que dans le domaine des noyaux actifs de
galaxies et des quasars, où ses travaux et ses présentations
de revue font autorité.
Le Professeur Woltjer est membre des Académies de
sciences de quelque dix pays. La reconnaissance de ses travaux est aussi légitime
qu'impressionnante.
Il a établi de nombreux liens avec les astronomes
genevois et soutenu le développement de leur station au Chili. Lodewijk
Woltjer a aussi encouragé et appuyé le développement
du centre ISDC (Integral Science Data Centre) rattaché à l'Observatoire.
C'est dans ce centre que seront collectées les données envoyées
par le satellite européen Intégral dont le lancement est prévu
pour octobre 2002. Lodewijk Woltjer assume actuellement la présidence
du " Scientific Advisory Committee " de ce centre.
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Après une solide formation en
traduction à l'Université de Heidelberg, Katharina
Reiss y a soutenu en 1954 une thèse de doctorat en philologie.
C'est à l'Université de Mayence qu'elle obtient l'habilitation
en linguistique appliquée en 1974. La même année, cette
Université lui confère le grade de professeur et lui confie
un enseignement de traductologie qu'elle a assuré jusqu'à l'âge
de la retraite.
Katharina Reiss a fait une brillante carrière universitaire.
Elle a enseigné pendant plus de quarante ans la traduction : tout d'abord
à l'Université de Heidelberg, entre 1944 et 1970, puis à
celle de Mayence dès 1971. Parallèlement, elle a enseigné
à l'Institut de philologie romane de l'Université de Würzburg
jusqu'à sa retraite en 1988. Elle continue actuellement d'y enseigner
l'espagnol.
Katharina Reiss fait partie des grandes figures de la traductologie
contemporaine. Elle est l'auteur de nombreuses publications scientifiques
parues en allemand, en anglais et en espagnol, ainsi que de diverses traductions
littéraires à partir de l'espagnol. Elle a en outre joué
un rôle important dans la traductologie, en proposant une classification
des textes à traduire fondée sur leur fonction. Pour les textes
informatifs centrés sur l'objet traité, il s'agit avant tout
de faire passer le contenu. Pour les textes expressifs centrés sur
l'émetteur, il convient d'abord d'exprimer les préoccupations
esthétiques de l'auteur. Pour les textes incitatifs centrés
sur le récepteur, le traducteur s'efforcera essentiellement de provoquer
chez le lecteur de la traduction la même réaction que celle obtenue
en langue originale. Ainsi, la diversité des types de textes entraîne
une diversité de stratégies traductives.
Son ouvrage théorique le plus important, intitulé:
"Möglichkeiten und Grenzen der Übersetzungskritik", a
été traduit en français par une enseignante de l'ETI
et vient de paraître dans sa version française sous le titre
de "La critique des traductions, ses possibilités et ses limites".
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