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"Asphyxie
financière", "surcharge de
travail", "qualité de la recherche
clinique menacée", "équilibre
rompu entre formation, recherche et soins".
La médecine universitaire suisse va-t-elle
si mal? C'est en tous cas ce que laisse entendre
le document élaboré par un groupe
de travail sous la direction de Charles Kleiber,
Secrétaire d'Etat à la science
et à la recherche, pour proposer une
réforme des institutions hospitalo-universitaires.
L'idée maîtresse de ce document:
la création de 3 pôles médicaux
universitaires en Suisse, en lieu et place
des cinq sites existant actuellement (Genève,
Lausanne, Berne, Bâle et Zurich), chapeautés
par un conseil de la médecine universitaire
sous la présidence d'un Conseiller fédéral.
Qu'en pensent les responsables de ce dossier
à l'Université de Genève?
Pour Peter Suter, vice-recteur
de l'UniGe, il n'y a aucun doute que des changements
sont à apporter dans le fonctionnement
des instituts hospitalo-universitaires. Toutefois,
il n'est pas certain que le train de réformes
proposé par le rapport Kleiber apporte
les remèdes adéquats. Peter Suter
regrette notamment que ce document accorde
une importance disproportionnée à
la question des coûts. Associée
au serpent de mer que constitue la révision
de la LAMal (Loi sur l'assurance maladie) et
l'augmentation constante des primes d'assurance
maladie, cette proposition de réforme
donne en effet l'impression de recourir à
une argumentation très politique.
L'amélioration
des soins a un coût
Sur la question des coûts de la santé,
Peter Suter estime que la situation doit être
dédramatisée: les 10,9% du PIB
consacrés à la santé en
Suisse n'ont rien d'extraordinaires, si on
les compare aux taux affichés par les
pays voisins les plus proches: 9,5% pour la
France, 10,7% pour l'Allemagne (chiffres 2001).
L'augmentation annuelle des coûts, de
3 ou 4%, se situe également dans la
moyenne européenne. Cette augmentation
doit par ailleurs être mesurée
à l'aune, d'une part, des progrès
réalisés par la médecine
et, d'autre part, des attentes, toujours plus
grandes, des patients.
"Lorsque l'on procède
à une analyse du coût des systèmes
de santé, il s'agit de prendre en compte
tous les paramètres", souligne
par ailleurs Peter Suter: "Prenons l'exemple
d'une personne atteinte d'un infarctus. Autrefois,
on la plaçait pendant 4 semaines au
repos à l'hôpital. Aujourd'hui,
la règle veut qu'elle reçoive
des soins et traitements intensifs dans la
phase aiguë de l'affection, qui coûtent
cher, certes, mais grâce auxquels le
patient pourra retrouver beaucoup plus vite
sa famille et sa vie normale, ce qui représente
un bénéfice pour la société."
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