| Avec un Etat en déficit à Genève, faut-il avoir peur pour les principales ressources financières de notre Université? |

Les finances du Canton sont au plus
mal; Genève est dans les chiffres rouges! L'Université,
financée en grande partie par le Département
de l'instruction publique (DIP), a-t-elle du souci à
se faire pour son fonctionnement? Rencontre avec la Division
comptabilité et gestion financière.
Etablir un budget de plus de 600 millions de francs pour
le fonctionnement de l'institution n'est pas une mince
affaire! C'est une petite équipe, composée
de Marie-Madeleine Major et de Jacques Bonnet, qui réalise
chaque année cette performance en collaboration
avec le rectorat, le DIP et les administrateurs de facultés.
Une fois préparé par l'Université,
le budget est ensuite présenté par le DIP
au Conseil d'Etat et voté au Grand Conseil.
Or cette année, l'Etat voit rouge avec un état
financier difficile. Pour Pascal Tissot, chef de la Division,
il n'y a toutefois pas lieu de s'alarmer. "Pour l'instant,
nous sommes dans l'incertitude quant au budget de l'Université
pour l'an prochain, mais il peut encore être voté
durant le mois de décembre par le parlement. Je
pense pourtant que le budget ne sera pas amputé,
compte tenu du fait que l'enveloppe supplémentaire
demandée pour 2004 n'est que de 3% par rapport à
l'an dernier. Ceci correspond aux mécanismes salariaux
comme les annuités, le coût de la vie, etc"
Cette augmentation représente un supplément
de 9 millions pour une subvention globale de 286 millions
de francs.
Et si le budget présenté était refusé
en votation? Pour Pascal Tissot "il faudra alors le
réactualiser en fonction des décisions politiques
qui seront prises." Mais cette votation ne devrait
pas remettre en cause les développements prévus
dans le plan quadriennal puisque leur financement est assuré
par les reports budgétaires des exercices précédents,
dont l'utilisation est garantie par une convention entre
l'Etat et l'Université.
Par ailleurs, le budget 2004 de l'Université bénéficie
d'une augmentation substantielle due à l'arrivée
de l'Ecole romande de pharmacie à Genève
(voir article "A
la une"), entièrement financée par
l'Etat de Vaud.
Un avenir en mouvement
En attendant, Pascal Tissot regarde déjà
l'avenir avec deux projets-phares, qui verront leur avènement
l'an prochain. En premier lieu, l'archivage électronique
des factures qui se mettra en place en début d'année.
Les factures de l'institution, qui doivent être conservées
durant 10 ans, seront désormais disponibles sous
format électronique, à disposition de chaque
entité par un simple clic de souris, permettant
ainsi d'éviter des archives plutôt encombrantes.
"Un nouveau pas vers une Université sans papier",
se réjouit Pascal Tissot.
En second lieu, la Division va s'attaquer à la gestion
des immobilisations. Il s'agit en fait de la possibilité
d'amortissement des biens d'équipements, selon les
normes comptables internationales (IAS). Ainsi, les gros
achats de chaque entité de l'institution, comme
le matériel informatique, audiovisuel ou scientifique
et le mobilier pourront être répartis sur
plusieurs années, mais cela d'un point de vue comptable
uniquement. "C'est une exigence de l'Etat de Genève,
qui concerne dès 2004 tous les établissements
subventionnés et qui permettra de présenter
la situation financière de l'institution selon un
standard international." Ainsi, pas de répit
cette année encore, pour la soixantaine de personnes
qui travaillent à la Division.
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