| Uni Dufour, 17°2C le matin |
Quand les premiers frimas font leur
apparition, les bureaux d'Uni Dufour se peuplent de radiateurs
et autres chaufferettes électriques. Pour résister
aux 17-18°C déplorés par certains collaborateurs,
pas d'autre moyen. Peu se plaignent, mais beaucoup se questionnent:
n'y a-t-il pas moyen de faire fonctionner correctement
le chauffage du bâtiment? Cont@ct est parti
à l'enquête.
"Ce n'est pas le système de chauffage qui
pose problème à Uni Dufour, c'est l'isolation
du bâtiment". Le ton est donné au DAEL
(Département de l'aménagement, de l'équipement
et du logement) par l'intermédiaire de Vladan Schroeter,
chef du Service chauffage et ventilation des bâtiments
de l'Etat. Matériaux usagés, isolation défaillante
et concepts énergétiques désuets,
tels sont les véritables responsables de l'inconfort
des collaborateurs. Pour y pallier, un seul remède:
rénover l'enveloppe du bâtiment.
Des petites améliorations qui devraient faire
tout leur effet
Rendez-vous est pris avec M. Vladimir Sokolowski, architecte
au Service d'entretien et transformation du DAEL et responsable
du bâtiment Uni Dufour. Conscient des problèmes
d'isolation du bâtiment, M. Sokolowski n'économise
pas sa peine pour trouver une solution satisfaisante pour
tous. Toutefois, il est pieds et mains liés: le
bâtiment, témoin architectural de la seconde
moitié du XXe siècle, doit conserver son
aspect originel en cas de rénovation. Ainsi, l'ensemble
des fenêtres, dont aujourd'hui les joints d'origine
sont inexistants et les guichets parfois voilés,
ne peuvent être remplacées par un nouveau
modèle sans tenir compte du passé. Malgré
plusieurs essais, le remplacement des joints défectueux
par du matériel récent n'a pas donné
satisfaction. Heureusement, des joints d'époque,
en parfait état, ont pu être retrouvés
et seront installés prochainement sur les fenêtres
les plus endommagées. "Nous parons au plus
pressé, mais c'est le remplacement total des fenêtres
qui est envisagé à long terme" confirme
M. Sokolowski.
A chaque bâtiment, ses misères
Quant à Uni Bastions, c'est la chaufferie
entière qui mériterait d'être rénovée.
Mais l'attribution ultérieure des locaux n'étant
pas encore définitive, il n'est actuellement pas
raisonnable d'effectuer un tel investissement. Cela conduirait
à se retrouver quelques années plus tard
avec un système neuf, mais mal adapté à
la configuration des locaux.
Comble du côté Uni Mail où c'est
le "trop chaud" qui se fait parfois entendre
"Il est difficile de satisfaire l'ensemble des utilisateurs.
En effet, pour une température identique, les sensations
de chaleur sont différentes entre chaque individu.
Dans notre métier, il est courant que, même
lorsque les conditions sont satisfaisantes, environ 20%
des utilisateurs continuent de se plaindre" raconte
Vladan Schroeter. Mais dans le bâtiment, c'est plutôt
en été que l'on râle quand la production
de froid fait des siennes. "Le système en place
est original et écologique. L'eau fraîche
de l'Arve est utilisée pour refroidir les systèmes
de ventilation. Mais les alluvions et autres particules
en suspension dans l'eau encrassent les tuyauteries et
diminuent le rendement du système" explique
Dominique Bartolo, responsable technique pour le bâtiment.
Malgré le nettoyage régulier des installations,
le fonctionnement n'est pas encore optimal. Heureusement,
des améliorations ont été apportées
pour la saison prochaine.
Info chaleur
A chaque bâtiment, son type de chauffage. Mazout
pour Dufour et Bastions et gaz à tous les étages
pour Uni Mail et le site des Sciences. Quant au CMU,
il profite du chauffage à distance (CAD) en
provenance de l'Hôpital. Avec une consommation
thermique annuelle, pour ces cinq sites, de l'ordre
de 25 millions de kWh, soit l'équivalent de
2100 tonnes de mazout ou 2,6 millions de m3 de
gaz, les bâtiments de l'Université
figurent parmi les plus énergivores du parc
immobilier de l'Etat.
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Les bâtiments de l'Etat sous contrôle
énergétique
Le Département de l'aménagement, de
l'équipement et du logement gère les
1300 bâtiments du parc immobilier de l'Etat
de Genève. La facture énergétique
élevée, proche des 30 millions de francs
par an (mazout, gaz, électricité, eau),
nécessite un contrôle strict. Le suivi
des consommations et la détection d'anomalies
de fonctionnement prennent alors toute leur importance.
La maîtrise de l'énergie dans les bâtiments
de l'Etat est en route depuis quelques années
déjà. Beaucoup d'améliorations,
peu onéreuses, ont permis de réduire
la facture : installation de thermostats sur les
radiateurs, mise en place de détecteurs de
présence ou de minuterie sur les éclairages,
chasses d'eau à double commande dans les toilettes,
nombreuses sont les astuces des techniciens en charge
des installations techniques des bâtiments
pour participer à l'effort d'économie.
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