Comment traduire l'énorme potentiel
d'innovation des universités en plus value directe
pour l'économie? Un premier pas a été
franchi, à l'Université de Genève,
avec la création d'Unitec, en 1999. Cette structure
offre ses services pour valoriser les découvertes
issues de l'institution, en soutenant les scientifiques
qui veulent faire breveter leurs inventions et créer
des entreprises "spin-off". Reste à encourager
les chercheurs à acquérir des compétences
en entreprenariat. Constatant le manque dans ce domaine,
la fondation Gebert
Rüf a lancé, en 1999, le concours NETS
(New Entrepreneurs in Technology and Science) qui, chaque
année, sélectionne une vingtaine de scientifiques
issus des hautes écoles suisses et leur offre une
formation accélérée en création
d'entreprise. Chercheur en informatique à l'UniGe, Stéphane Marconi a été l'un des gagnants de l'édition 2004 du concours. La formation proposée par NETS a culminé, pour lui et les dix-sept autres candidats sélectionnés, par un séjour de deux semaines dans la région de Boston. Au programme: séminaires, visites d'entreprises et discussions organisés par SHARE, le consulat scientifique suisse sur la côte Est des Etats-Unis, et un mini MBA de cinq jours au Babson College, centré sur l'étude de cas. Pour profiter au maximum de cette expérience, les 18 participants avaient auparavant suivi un séminaire de deux jour à Bâle sur la présentation et l'image de soi, puis un cours au Centre d'entreprenariat romand CREATE(1), qui leur a donné les éléments de base dans le domaine du leadership, du marketing, de la finance, de la vente, etc. Pour Stéphane Marconi, ce programme s'est révélé très utile. Il lui a permis d'explorer toute une palette de compétences peu mises en avant dans l'environnement académique. Le travail sur l'image de soi et l'approche de terrain ont été particulièrement bénéfiques: "Nous avons dû, par exemple, présenter notre projet en deux minutes, le temps estimé d'une rencontre fortuite dans un ascenseur, tout en étant filmés. Au-delà de l'exercice de communication, cette présentation pousse à avoir les idées les plus claires possible sur le potentiel commercial d'une invention." Par ailleurs, "notre séjour à Boston nous a fait découvrir un environnement très stimulant, où l'on se sent encouragé à prendre des risques." Projections de vente Dans toutes ces activités, les participants ont pu bénéficier des infrastructures dernier cri de SHARE et du capital d'expériences mis à disposition par le consulat scientifique, "tout cela dans une ambiance très agréable", précise Stéphane Marconi. Capacité à convaincre L'entreprenariat est-il donc ouvert à tous? Pour Stéphane Marconi, il ne fait pas de doute qu'il faille posséder une personnalité qui cadre avec les exigences de ce type d'activités: la capacité à communiquer et à convaincre, le goût pour innover et monter des projets. "Ce sont précisément ces aspects qui me motivent. La prise de risque rend la tâche plus intense et plus valorisante en cas de succès, y compris sur le plan financier. Passer d'une invention scientifique à un produit commercial suppose en effet tout un travail, dont il me paraît normal de tirer un bénéfice." Prochaine étape pour le chercheur-entrepreneur: fonder légalement son entreprise en cryptographie numérique, et traduire son invention en produit pour le marché de la technologie.
(1) Le rôle de CREATE a été
repris en charge par le programme national Venture
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Jacques Erard Université de Genève Presse Information Publications Décembre 2004 http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2004/20041213marconi.php Imprimer la page |