Dans les sous-sols du CMU, près de 15'000 souris vivent en silence Un silence très relatif puisque de nombreux couinements et grattements se font entendre dès que les lumières s'éteignent. Des milliers de souris, quelque 1000 rats et deux-trois "mini-pigs" - une race porcine de faible poids - se partagent les 900 m2 de l'animalerie de la Faculté de médecine. Des animaux qui apportent chaque jour leur contribution à la recherche fondamentale, à la chirurgie expérimentale, aux études sur les maladies et leur traitement ainsi qu'aux recherche sur le développement. Visite avec Patrick Bonfils, responsable du service de zootechnie et Isabelle Bolon, vétérinaire et responsable scientifique de l'animalerie. Ouverture de la première cellule et rencontre avec C57BL/6, la "souris noire". Cette lignée, la plus populaire auprès des chercheurs, est la seule qui est élevée par le service. "Il existe près de 400 lignées de souris de type sauvage. Beaucoup de nos animaux sont achetés à l'extérieur" explique Isabelle Bolon. Les coûts de fonctionnement de l'animalerie sont répercutés sur chaque groupe de recherche au travers d'un prix de séjour pour chaque pensionnaire dont l'équipe prend soin. Constance, rigueur, dévouement et respect de l'animal,
voilà les qualités qui sont demandées
aux gardiens d'animaux, une formation de trois ans qui
débouche sur un CFC. Deux apprentis sont d'ailleurs
en formation dans l'institution. Entre la petite animalerie
de la Tulipe, la ferme d'élevage de Plan-les-Ouates
et les sous-sols du CMU, ce sont près de trente
personnes qui bichonnent quotidiennement les rongeurs et
les porcs qui serviront ensuite la science. "Les chercheurs
devraient tous venir faire un stage d'une semaine dans
l'animalerie avant de commencer leurs travaux. Ils se rendraient
alors compte du travail que cela représente: 8000
cages nettoyées chaque semaine, des milliers de
biberons d'eau à changer, 100 kilos de granulés
grignotés chaque jour par nos pensionnaires, sans
parler de tous les cas spécifiques suivant les recherches
effectuées" raconte Patrick Bonfils en ouvrant
quelques cages. Animalerie
en danger Comment les animaliers assurent-ils la reproduction des rongeurs? Si les souris sont livrées à elles-même dans ce domaine - un mâle et une femelle étant simplement réunis dans une cage - il en va autrement chez les rats. Patrick Bonfils nous révèle son truc: "Il faut trouver une femelle en chaleur, une opération dont le succès est plus fréquent à 6h du matin. Plusieurs femelles sont placées au contact d'un mâle, toute l'astuce consistant à repérer celle qui frétille alors des oreilles. Celle-ci sera ensuite placée avec le mâle dans une cage séparée." Une législation rigoureuse Sur le plan légal, chaque expérience doit être d'abord validée par une commission d'éthique, puis une autorisation doit être demandée à l'Office vétérinaire cantonal et une commission de contrôle peut venir à tout instant suivre les expériences et inspecter les hébergements. "Nous pensons également à améliorer l'environnement de nos pensionnaires en mettant des "jouets" à leur disposition, mais il faut se montrer prudent, toute perturbation pouvant avoir des répercussions directes sur les expériences en cours." Quant aux conditions d'hébergement des animaux, tout est sous contrôle: cycle jour/nuit de lumière artificielle, maintien de l'hygrométrie et de la température. "Malgré ces précautions, on constate une baisse saisonnière de la productivité des élevages." Un phénomène inexpliqué selon Isabelle Bolon.
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Alexandra Mossiere Université de Genève Presse Information Publications Février 2005 http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2005/20050216animalerie.php Imprimer la page |