| L'UniGe réunit ses mécènes autour d'une table |
Chaque année, l'Université
bénéficie du soutien d'une quarantaine de
mécènes. Afin d'établir un dialogue
régulier avec ceux-ci, une journée de rencontre
annuelle a été instituée par l'actuel
Rectorat.
"Le rapprochement avec nos mécènes
me paraît important. Puisque ces personnes sont attachées
à notre institution, leurs idées nous intéressent"
commente André Hurst. Avec une première édition
en automne dernier, l'objectif de la Journée des
Mécènes est, d'une part, d'exprimer la reconnaissance
de l'institution pour le soutien offert et, d'autre part,
d'exposer les projets de l'Alma mater qui pourraient donner
lieu à des opérations communes. "Cette
première journée a surtout permis à
nos mécènes de se rencontrer, donnant lieu
à la création de synergies entre certaines
fondations qui nous soutiennent."
Genève la généreuse
Si certains donateurs sont bien connus des étudiants
et des chercheurs, comme la Fondation Arditi ou la Fondation
Ernest Boninchi, d'autres ont une présence plus
discrète. Si tous sont exceptionnels, on peut toutefois
mentionner le financement complet de l'enseignement d'arménien
de la Faculté des lettres, assuré par la
Fondation des Frères Ghoukassiantz ou encore relater
l'histoire émouvante de Mme Hirzel, présidente
de la Fondation Gertrude Hirzel qui soutient financièrement
un groupe de recherche autour de la maladie du Noma et
dont l'espoir est de pouvoir vivre assez longtemps pour
voir une thérapie enfin découverte.
L'histoire de la Société académique
de Genève (voir encadré) est également
remarquable. Fondée en 1888 à l'initiative
d'étudiants, la société a pu récolter
près de 10'000 CHF - à l'époque !
- pour soutenir les activités scientifiques de notre
institution. Au cours de ses presque 120 années
d'existence, cette société a fourni à
l'Université des subsides à hauteur de 40
millions.
L'engagement des acteurs privés au sein de l'institution
ne risque-t-il pas d'aboutir à une marchandisation
du savoir? Face à cette interrogation, André
Hurst est catégorique: "Une éthique
existe sur ce point. Il nous est déjà arrivé
par le passé de décliner des offres, pourtant
alléchantes, mais qui n'étaient pas clairement
désintéressées."
Un mécénat de longue tradition
L'Université bénéficie aujourd'hui
des largesses de nombreux mécènes, mais ce
type de soutien à la recherche et à l'enseignement
n'est pas nouveau. En effet, dès sa naissance, l'Académie
a dépendu du mécénat, de manière
plus ou moins importante selon les périodes.
A l'origine, ce sont les professeurs qui, disposant de
confortables rentes familiales pour assurer leur survie,
mettaient de leur temps à disposition de la cause
du savoir. Horace-Bénédict de Saussure en
est d'ailleurs un exemple saisissant, parmi ceux qui ont
illustré l'histoire de notre institution.
Aujourd'hui, l'Université est devenue l'affaire
de la collectivitUé. Néanmoins, elle bénéficie
de donations et de legs par le biais de fondations privées,
d'institutions à vocation scientifique ou encore
de personnes physiques, dans le but de soutenir des projets
spécifiques. Ces ressources viennent alimenter les
fonds institutionnels.
Société
académique de Genève
La Société académique de Genève
est fière de sa longue tradition, mais elle
sait aussi que cette tradition repose sur une innovation,
et qu'il est de sa responsabilité de poursuivre
dans cette voie. L'innovation, ce fut la décision
de ce groupe d'étudiants qui constatèrent
que l'Université manquait parfois de moyens
s'il s'agissait de rester dans la course au progrès
scientifique et, partant, à l'amélioration
de nos conditions de vie (quoi qu'on en dise). Manque
de moyens à l'Université: vérité
lancinante et répétitive, mais devant
laquelle ces étudiants ne restèrent pas
les bras ballants. Rassembler des fonds pour aider
la recherche, voilà l'objectif qu'ils se fixèrent.
En 1888 était ainsi fondée la Société
académique de Genève. Ses objectifs n'ont
pas changé, même si ses moyens se sont
accrus et que le savoir a fort heureusement progressé,
quelquefois grâce à la Société
académique!
Largement ouverte, la SACAD l'est dès l'origine.
Preuve en est la circulaire qu'elle envoyait pour recruter
de nouveaux membres en 1894-1895; on peut y lire, en
guise de post-scriptum: " Les dames peuvent faire
partie de la Société ", ce qui n'était
pas courant puisqu'il fallait le préciser. On
a progressé depuis lors, il faut cependant,
de temps à autre, rappeler non seulement à
la communauté universitaire, mais à tous,
que l'on peut devenir membre sur simple demande. Il
suffit de partager l'objectif d'aider de manière
désintéressée la recherche et
l'enseignement à l'Université de Genève.
Source: site
Internet de la Société académique
de Genève |
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