Lancée en 2001, à l'initiative de quelques jeunes chercheurs en sciences humaines, la revue Carnets de Bord prendra un nouvel essor dès cet automne, avec une formule rédactionnelle et un graphisme remaniés. Axé sur des thématiques débordant le cadre de la sociologie, pour s'intéresser à tout le champ des sciences humaines, Carnets de bord résulte d'une démarche relativement inédite dans le monde académique. Pas de monopole de la légitimité Désamorcer les craintes, mais aussi décloisonner les rapports entre l'Université et la Cité, telle est l'intention à venir de Carnets de bord. "Les universitaires n'ont pas le monopole de la parole légitime", souligne Cristina Ferreira. Les futurs auteurs des articles n'appartiennent donc pas forcément au monde académique. Et lorsque c'est le cas, ils sont incités à faire valoir les compétences et les expériences acquises en dehors des murs de l'institution. Dans sa nouvelle mouture, la revue sera toujours organisée autour d'un dossier thématique. "Il s'agit généralement d'une problématique suffisamment large pour que diverses disciplines puissent s'exprimer", précise Cristina Ferreira. A ce jour, huit thématiques ont été traitées, allant des liens entre les sciences et les pathologies, au bluff ou encore à la réception des biens culturels. A ce dossier thématique, la revue proposera dorénavant de nouvelles rubriques, dont une – "Décloisonnements" – dans laquelle les auteurs rendent compte de leurs expériences dans différents champs. "Parmi les chercheurs en sciences humaines, il y a beaucoup de gens qui travaillent dans le milieu culturel ou qui militent dans des associations. C'est un aspect que nous voulons mettre en évidence", explique la doctorante. Le comité de rédaction entend encore élargir les points de vue, en diversifiant la tonalité des articles. "Nous voulons, par exemple, introduire une certaine dose d'ironie critique, qui fait défaut à la plupart des publications universitaires", annonce la sociologue. Le comité de rédaction est, par ailleurs, bien décidé à échapper à l'étiquette "revue des jeunes chercheurs pour les jeunes chercheurs", en sollicitant des gens de tous les âges, au sein de l'Université et en dehors. Fédérer autour d'un souci commun Thème du futur numéro à paraître: J'échoue. Dans la continuité d'un projet qui valorise la réflexivité, il s'agira d'interroger la question de l'échec dans un contexte marqué par un nouvel esprit du capitalisme. La prise en compte de ce contexte où les individus sont constamment mis à l'épreuve orientera fortement les futurs dossiers thématiques proposés par la revue. L'objectif est de fédérer les auteurs autour d'interrogations suscitées directement ou indirectement par l'époque dans laquelle ils vivent. Affaire à suivre dès cet automne…
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Jacques Erard Université de Genève Presse Information Publications Avril 2005 http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2005/20050415cdb.php Imprimer la page |