Elle est venue dans cette petite auberge tyrolienne isolée pour goûter au repos, loin des contraintes et de la vacuité de sa vie de femme de notable. Dès son premier jour de villégiature, elle entend profiter de sa solitude pour se libérer du poids de la mélancolie et insuffler un sens nouveau à une existence monotone et en butte au« surménage ». Dans la salle à manger de l’auberge, elle croise un homme vieilli qui soliloque sans que personne ne lui prête attention. Tout ce que l’existence a étouffé en lui semble s’être réfugié dans un coin obscur de son cœur. La femme, dont on entend jusqu’au plus secret de ses pensées, reconnaît dans cet être déchu, l’acteur dont elle s’est imaginée éperdument éprise dans son adolescence, jusqu’à lui vouer une sorte de culte. Un instant, l’homme avait tenu entre ses mains les fils de sa destinée : pour lui, elle aurait tout quitté. Dans cette rencontre mystérieuse et imprévue de deux êtres solitaires que tout semble opposer, se lit la plongée dans l’inconnu d’un destin jusque là sans rides. La femme se retrouve confrontée brusquement, le temps d’une soirée, à une mission délicate : restituer sa dignité d’antan à un exclu de la compagnie des hommes. Et se redonner à elle-même une raison de vivre doublée de la joie de pouvoir poursuivre son existence. Confrontés à un moment révélateur de leur vie, ces deux êtres comprendront-t-ils la valeur profonde du don, de la vraie générosité pour se forger une nouvelle identité? Sans doute existe-il, dans la vaste mélodie du monde, une note de musique spécialement destinée à l’un ou l’autre d’entre nous. Il est des êtres qui, à l’image de l’épouse inquiète de La Dette, tentent de la découvrir à un moment où ils vont être emportés ou révélés par le flux d’une autre vie. C’est à eux que le regard de Stefan Zweig s’est attaché tout au long de son parcours romanesque. Didier Long est devenu en une décennie l’un des metteurs en scène
français les plus en vue, apprécié tant par le public que
la profession. Il met ici en scène Magali Noël, qui au théâtre
joua notamment sous la direction de Jean-Marie Serreau dans La Puce à
l’oreille de Feydeau et dans L’Amour des quatre colonels signé
Peter Ustinov et monté par Jean-Pierre Grenier. Elle fut dans les années
70 une magnifique Mère Courage, dans une mise en scène de François
Rochaix. 8 billets sont offerts aux collaborateurs
de l'Université, 4 pour la représentation du mardi 17 mai à
20h, 4 pour la représentation du 18 mai à 20h
Les mardi, mercredi et vendredi à 20h Location : 57, rue Ancienne 1227 Carouge Service culturel Migros-Genève Avec la collaboration des Activités
culturelles de l’Université de Genève. |
|
Université de Genève Presse Information Publications Mai 2005 http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2005/20050511carouge.php Imprimer la page |