'est la plus ancienne des facultés de l'Université. Ancienne (bientôt 450 ans!), mais le regard tourné vers l'avenir. Jugez plutôt: à l'heure de la rentrée académique, la Faculté de théologie renouvelle la moitié de son corps professoral, entame tambour battant sa première volée de Maîtrises dans le cadre de la réforme de Bologne, tout en consolidant sa position pionnière en enseignement à distance, étant la seule faculté de l'UNIGE à proposer un cursus de Baccalauréat entièrement réalisable par écran interposé. Doyen depuis juillet 2005, François Dermange replace ces changements dans leur contexte: "Le renouvellement du corps professoral s'explique partiellement par un concours de circonstances, le départ à la retraite de plusieurs professeurs. Mais il résulte aussi de la volonté de repositionner la Faculté dans la cadre de la Fédération romande. Nous avons ainsi engagé des enseignants à même de renforcer nos domaines de spécialisation et d'ouvrir de nouveaux horizons pour nos étudiants". Le pôle le plus important du monde francophone Chaque université occupe désormais un ou plusieurs domaines de spécialisation, les étudiants se voyant offrir des enseignements répartis sur les trois sites. Pour Genève, ont été retenus, d'une part, l'histoire du christianisme et, d'autre part, l’éthique et la théologie systématique, c’est-à-dire la recherche d'une "intelligence de la foi" dans notre monde moderne, comme le précise Andreas Dettwiler, vice-doyen. C’est dans ce cadre que la Faculté a ouvert une nouvelle chaire en œcuménisme et théologie des religions. "Pas d'examens de foi chez nous!" L'exercice du pastorat reste certes un des principaux débouchés professionnels pour les licenciés en théologie. Actuellement, les Eglises protestantes peinent à embaucher, faute d’argent plus que de manque de vocations, comme c’est le cas dans l’Eglise catholique, mais la situation devrait s'améliorer ces prochaines années, puisqu'on prévoit pas mal de départs à la retraite. A noter aussi que la notoriété de Genève à travers le monde en tant que berceau de la Réforme attire les étudiants bien au-delà des frontières suisses. Le premier algérien à devenir pasteur en Algérie vient ainsi d'achever ses études dans la ville du bout du lac. Formation généraliste Cette propension à dépasser les questions purement analytiques offre aujourd'hui une certaine visibilité aux théologiens. Ceux-ci sont de plus en plus sollicités, dans les médias ou dans le cadre de commissions, pour intervenir sur des questions sociales ou éthiques. Cette ouverture s'incarne à travers les collaborations qui se développent avec d'autres facultés ou instituts. On ne demande pas aux théologiens de dire la vérité comme un magicien qui sortirait un lapin de son chapeau, mais de poser les bonnes questions et d’aider à y répondre par les bonnes méthodes. Un seul regret exprimé par François Dermange: l'absence de femmes
parmi le corps professoral. "Ce n'est pas faute d'avoir cherché,
mais nous n'avons trouvé personne et c'est un manque", regrette
le doyen. "On s’arrache les quelques femmes professeures en Europe
et le défi est maintenant de former des théologiennes qui puissent
ensuite assurer la relève".
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Jacques Erard Université de Genève Presse Information Publications Octobre 2005 http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2005/20051017theologie.php Imprimer la page |