| Quel sera le visage du campus universitaire à l'horizon 2010? |
Les
locataires du troisième étage d'Uni Dufour vivent à l'heure
des travaux de réfection. Un petit air de chantier qui alimente les rumeurs:
qui va partir, qui va rester, à quelles dates, quels sont les changements
qui se profilent dans l'organisation globale du campus? Une clarification s'impose
donc pour connaître la politique de l'Université en matière
d'affectation et de construction/rénovation des bâtiments.
Initié sous le précédent Rectorat par Eric Doelker, un
document intitulé Bâtiments universitaires horizon 2015 a été
finalisé par l'actuelle vice-rectrice Nadia Magnenat-Thalmann. Premier
outil de travail à dégager une perspective globale pour l'évolution
du campus depuis les années 70, ce document contient les souhaits de
l'Université dans l'idéal, "sans faire d'autocensure",
selon Yves Delay, chef de la Division bâtiments et logistique (DIBAT).
De fait, ces souhaits ont été redimensionnés en fonction
des finances par le Département de l'aménagement, de l'équipement
et du logement (DAEL),
à qui appartiennent les bâtiments et dont l'Université dépend
entièrement pour ses travaux.
Quatre priorités
Le Rectorat et la DIBAT ont donc revu leurs demandes à la baisse, en
définissant quatre priorités:
- Mise à jour des bâtiments A et D à Battelle pour y recevoir
le Centre universitaire d'informatique (CUI)
et le futur Institut des sciences de l'environnement et du développement
durable. L'Université est, par ailleurs, en train de récupérer
sur le site de Battelle des locaux loués jusqu'à présent
à des instituts bancaires, gagnant quelque 1000 m2 de surface.
Résultat de l'opération: le CUI déménage entièrement
à Battelle, récupérant les locaux libérés
par le Service de coordination des bibliothèques (SEBIB) et le groupe
DEVM de la Division informatique, qui retrouvent Uni Dufour, moyennant des
travaux de remise à neuf dans ce dernier bâtiment.
Cette rocade est en cours de réalisation. Elle explique les travaux
actuels à Uni Dufour, qui regroupera ainsi toute l'Administration centrale
et les services du Rectorat. La Formation continue, ainsi que le Bureau de
l'égalité rejoindront également Dufour, pour laisser
les locaux qu'ils occupent actuellement dans le Bâtiment du Landolt
à la Faculté des lettres.
Le bâtiment en béton cher aux Genevois ne se videra pas pour
autant de ses étudiants assure Yves Delay, puisque les auditoires du
sous-sol, parmi les plus spacieux de l'Université, continueront d'être
utilisés par les facultés. Certaines salles de cours dans les
étages pourraient également être utilisées par
la Faculté des lettres.
Ces réaménagements doivent être achevés en 2007.
- Les locaux historiques de l'UNIGE, Bastions, Aile Jura et Philosophes auront
droit à une importante rénovation, à partir de fin 2007.
Il s'agira notamment de refaire les plafonds et les sols.
Cette rénovation doit être achevée en 2009.
- Rénovations également dans les locaux de la rue de l'Ecole-de-médecine
qui abritent une partie de la Section de physique. 750 m2 de surface seront
gagnés dans l'opération.
Délai fixé pour cette rénovation: fin 2009.
- Enfin, les prochains travaux les plus importants auront lieu avec la construction
de l'étape 5 du CMU, qui permettra de gagner plus de 11'000 m2 de surface.
Cette construction devrait débuter en 2009 et s'achever fin 2010.
Ces quatre priorités sont en bonne voie d'être approuvées
politiquement, selon Yves Delay, le vote des crédits d'étude
au Grand Conseil ayant été déjà passé ou
agendé.
Perspectives à long terme
Au-delà de 2010, quelles sont les perspectives de développement?
Malgré la construction de Sciences III, la Faculté des sciences
est toujours dans l'impossibilité de se regrouper sur un site unique.
L'anthropologie, les sciences de la Terre et les mathématiques restent
éparpillées aux Acacias et à Plainpalais.
Cette situation risque de ne pas changer avant 2010. A cette date, lorsque
l'étape 5 du CMU sera achevée, la pharmacie rejoindra le site
de Champel, ce qui dégagera des espaces au bord de l'Arve.
Une chose est sûre, l'Université continuera d'être dispersée
en ville. "La philosophie n'est plus aux grandes concentrations; on privilégie
au contraire la mixité dans l'aménagement urbain", explique
Yves Delay. Une mixité qui offre l'avantage de placer les activités
de l'alma mater et sa population étudiante au cœur de la cité.
Mais cette dispersion a aussi un coût, relève Nadia Magnenat-Thalmann:
les kilomètres de fibres optiques à dérouler entre les
divers sites, la multiplication des factures liées à la surveillance
des bâtiments, sans compter les frais de location, parfois exorbitants
(1,3 millions par année rien que pour les locaux des sciences de la Terre
à la rue des Maraîchers!).
Pour la vice-rectrice, il existe de toutes manières des limites structurelles
au développement du campus: au vu des finances de l'Etat, il y a peu
de chance de voir augmenter l'enveloppe budgétaire du DAEL consacrée
à l'Université, environ 30 millions en moyenne par année.
Fenêtre ouverte sur Pinchat
Pour Yves Delay, c'est la possibilité d'exploiter le terrain de l'Université
à Pinchat, soit à quelques encablures de Battelle, qui offre les
meilleures perspectives de développement. "Le terrain est encore
classé zone villa. Il faut donc attendre un changement de zone. Mais
dès que cela sera acquis, l'Université pourra, à cet endroit,
exploiter l'équivalent en surface d'Uni Mail." Un espace qui devrait
prioritairement être alloué aux Facultés des sciences et
des sciences économiques et sociales.
En attendant ces jours meilleurs, Nadia Magnenat-Thalmann insiste sur l'importance
de la maintenance et des rénovations. "L'état des bâtiments
joue un rôle important dans la visibilité que se donne l'Université.
Les étudiants doivent pouvoir travailler dans des locaux bien aménagés
et un environnement attractif." Et la vice-rectrice, qui dit entretenir
de très bons rapports avec le DAEL, de suggérer une maintenance
plus régulière.
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