«Ca va chauffer!» Venant d’un climatologue, la boutade a de quoi faire rire… jaune.
«Si rien n’est fait, nous irons droit dans le mur», relève le professeur Martin Beniston, qui dirige la Chaire de climatologie de l'UNIGE. Vice-président du GIEC entre 1992 et 1997, il insiste sur l’importance de l’issue des négociations qui se tiennent à huis clos à Paris. Quelque 500 experts scientifiques, représentants gouvernementaux, d’ONG et des milieux économiques vont négocier chaque virgule, chaque tournure de phrase du document rendu public le 2 février par le GIEC. «Adoptées par consensus, les conclusions scientifiques du rapport stratégique feront foi», explique le prof. Beniston. «A partir de là, les politiciens auront toutes les cartes en main pour agir». Du point de vue scientifique, le potentiel de frustrations inhérentes à ce processus est indéniable. Agendas politiques, économiques et environnementaux coïncident rarement. Restent des signaux encourageants, selon le prof. Beniston, comme la négociation par les ministres de l’Union européenne d’une réduction de moitié de la production des gaz à effet de serre avec les pays partenaires de l’UE d'ici 2050, ou la visibilité donnée aujourd’hui aux rapports du GIEC. Signes qui démontrent que l’entrée récente mais retentissante de la question du réchauffement climatique sur la scène politique pourrait déboucher sur autre chose que du vent.
Pour en savoir plus: > Site de la Chaire de climatologie |
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Université de Genève Presse Information Publications février 2007 http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2007/20070201giec.php Imprimer la page |