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Artères, une nouvelle fondation qui veut soutenir la médecine genevoise

L’argent est le nerf de la guerre. La recherche médicale en sait quelque chose, qui voit certains projets délaissés ou abandonnés faute de moyens suffisants. Forts de ce constat, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et la Faculté de médecine de l’UNIGE se sont associés pour créer une fondation privée spécifiquement dédiée à la recherche de fonds. L’idée étant de solliciter d’autres acteurs de la communauté genevoise que les sponsors traditionnels du domaine de la santé pour financer leurs projets de recherche.
La fondation Artères a ainsi vu le jour le 6 mars 2007. Pour la présider, la prof. Claude Le Coultre, vice-doyenne associée de la Faculté de médecine de l’UNIGE et ancienne cheffe de service de chirurgie pédiatrique aux HUG. Rencontre.

A quels besoins répond la fondation Artères et quels sont les projets qu’elle entend soutenir?
Contrairement à ce qui se fait couramment ailleurs en Europe et aux Etats-Unis, les fondations de soutien aux universités et hôpitaux publics sont rares voire inexistantes en Suisse. Notre objectif est de récolter des fonds pour financer des projets au sein des HUG et de la Faculté de médecine en recherche fondamentale, en recherche clinique - axée sur les patients et leurs maladies - ainsi que de contribuer à améliorer le confort des patients. La Fondation pourra également soutenir des projets dans le domaine humanitaire.

Qu’entendez-vous par «confort des patients»?
L’amélioration du confort des patients, c’est tout ce qui a trait aux conditions d’accueil et de séjour des patients dans les HUG, et que ceux-ci ne peuvent financer. Pour vous donner un exemple, les Hôpiclowns ou l’achat de lits de camp pour offrir la possibilité à l’un des parents de dormir avec son enfant à l’hôpital ont été rendus possibles par des fonds privés. Les besoins existent, comme un lieu d’hébergement proche de la néonatologie pour permettre aux mamans de prématurés de dormir près de leur enfant une fois sorties de la Maternité. Cela étant, les besoins concernent tous les âges de la vie, et les acteurs les mieux placés pour les identifier sont les soignants, qui sont sur le terrain. A eux de nous soumettre des projets.

Comment justement Artères a-t-elle prévu de procéder: partir des projets de recherche pour collecter des fonds? Ou solliciter des fonds sans pour autant connaître à l’avance les sujets et les équipes de recherche?
Nous avons prévu de partir de quelques projets de recherche pour solliciter des fonds. Les sponsors seront ensuite informés de l’avancement des recherches par le biais d’une newsletter, par souci de transparence, et pour que les donateurs puissent s’identifier à un projet. Et j’espère qu’un jour, Artères sera suffisamment réputée auprès des Genevois pour recevoir des dons sans affectation à un projet spécifique.

Qui décide des projets de recherche à soutenir?
Un comité d’évaluation bicéphale, constitué d’experts nommés par le Conseil de fondation, statuera sur le bien-fondé et la valeur des projets, scientifiques d’une part, relatifs au confort des patients de l’autre. Seront alors favorisés les projets s’inscrivant dans les axes prioritaires de la Faculté de médecine et des HUG.

Une). Celle-ci dicte les activités des chercheurs et leurs relations avec leurs sponsors, notamment en matière de conflits d’intérêts. Comment la fondation entend-elle intégrer les principes de cette charte?
Une fondation qui recherche des dons doit faire preuve d’une éthique irréprochable, non seulement dans sa gestion des fonds, mais également dans ses rapports avec les donateurs. Il est évident que nous ne pouvons accepter de fonds provenant de compagnies dont l’activité serait contraire aux buts de la fondation : la santé. Nous sommes en train de finaliser notre charte éthique. Tous les projets de recherche subventionnés par Artères doivent de toutes façons être avalisés par les comités d’éthique de la faculté et des HUG avant de nous être soumis.
Enfin, en ce qui concerne les conflits d’intérêts entre le sponsor et le chercheur, lorsque, par exemple, une industrie pharmaceutique nous versera des fonds pour soutenir un projet – auquel elle porte forcément un intérêt – nous signerons avec elle une charte visant à garantir une totale indépendance aux chercheurs tout au long de leurs travaux ainsi que dans la gestion des résultats de ces travaux. Ceux-ci seront publiés, quels qu’ils soient.

Pour quelle raison vous lancez-vous dans ce projet?
Artères représente pour moi un nouveau défi. Lors de mes séjours aux Etats-Unis, j’ai vu ce que des fondations étaient capables de créer aux côtés d’institutions publiques! Une autre raison, plus personnelle, tient au fait que je m’approche de la retraite. J’ai travaillé plus de trente ans aux HUG et à la Faculté de médecine. Je n’ai pu refuser l’offre de garder un lien avec deux institutions auxquelles je suis très attachées.

Pour en savoir plus sur la fondation:
> Fondation Artères
> Liste des membres du Conseil de fondation (pdf 615Kb)

Contact: contact@arteres.org

Sur les activités de recherche dans le domaine de la santé:
> La Faculté de médecine en bref
> Les HUG en bref

 

Propos recueillis par Sophie Malka
Université de Genève
Presse Information Publications
Mars 2007

http://www.unige.ch/presse/archives/unes/2007/20070319fondation.php
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