BandeauRousseau


Entretiens Jean-Jacques Rousseau

Deux ou trois spécialistes viennent mener un débat contradictoire sur une question rousseauiste entretenant un lien avec l’actualité : politique, théologie, questions d’existence… Les questions rousseauistes, ce ne sont pas les questions que nous posons à Rousseau, mais celles que Rousseau nous pose. Ces Entretiens s’articulent avec les colloques et les activités proposées par l’UNIGE ou au programme de « 2012 Rousseau pour tous ».
Les Entretiens Jean-Jacques Rousseau ont lieu une fois par mois, les mercredis de 18h15 à 20h00,
Uni Bastions, Auditoire B106.



0

« Si j’avais eu à choisir le lieu de ma naissance »

Avec: Fabrice Brandli, Alfred Dufour et Gabriella Silvestrini

Modérateurs: François Jacob et Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

De quelle histoire relèvent les relations de Rousseau avec cette ville natale qui vient d’achever de le célébrer? C’est à la fois l’existence et le destin qu’il faut convoquer. La littérature et la philosophie politique. On peut se demander tout à la fois ce que Genève fut pour Rousseau et ce que Rousseau fut et reste pour Genève.

Fabrice Brandli est maître-assistant en histoire moderne à l’Université de Genève, au sein de l’équipe de recherche Damoclès (projet Sinergia/Fabrique des savoirs) dirigée par le prof. Michel Porret. Intéressé notamment par la question des normes et des pratiques de la diplomatie à l’époque moderne (Le nain et le géant. La République de Genève et la France au XVIIIe siècle, cultures politiques et diplomatie, 2012), il dédie ses recherches actuelles à l’entraide judiciaire au siècle des Lumières. Membre du comité de la Société Jean-Jacques Rousseau, il participe à l’édition du tricentenaire des Œuvres complètes (Classiques-Garnier) de Rousseau en proposant une nouvelle édition critique des « Dépêches de Venise ». Il collabore également aux Œuvres complètes de Voltaire publiées par la Voltaire Foundation (Oxford).

Alfred Dufour est professeur honoraire à la faculté de droit de l’Université de Genève. Ce spécialiste de l’histoire du droit et des institutions politiques, de l’histoire de la philosophie du droit et de l’histoire des doctrines politiques est aussi un grand connaisseur de l’histoire de Genève. On lui doit une très célèbre Histoire de Genève (1997, 4e éd. 2010). Parmi de nombreuses publications on peut indiquer: Mariage et société moderne - Les idéologies du droit matrimonial moderne (1997), Droits de l'Homme, Droit naturel et Histoire (1991). En 2007 il a proposé une édition commentée des Lettres écrites de la Montagne. Il vient de contribuer à l’édition des Œuvres complètes de Rousseau aux éditions Slatkine.

François Jacob est écrivain, critique littéraire et musical et spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle. Il dirige actuellement l’Institut et Musée Voltaire et a pris une part décisive à l’organisation du Tricentenaire Jean-Jacques Rousseau. On lui doit de très nombreuses études. Signalons: La cité interdite: Rousseau à Genève, 2009; Voltaire à l’opéra, 2011.

Gabriella Silvestrini est professeur à l’Université du Piémont Oriental dans le département de droit et de sciences politiques, économiques et sociales. Philosophe et remarquable connaisseuse de la philosophie politique du XVIIIe siècle, elle consacre une partie de ses recherches à mettre en évidence la part qu’occupe le républicanisme genevois dans la construction de la philosophie politique de Rousseau. On lui doit deux ouvrages décisifs sur le sujet: Alle radici del pensiero di Rousseau. Istituzioni e dibattito politico a Ginevra nella prima metà del Settecento (1993) et Diritto naturale e volontà generale. Il contrattualismo repubblicano di Jean-Jacques Rousseau (2010). On ne compte plus ses articles et ses éditions critiques. En 2008 elle a participé à l’édition des Principes du droit de la guerre. Ecrits sur la paix perpétuelle (avec B. Bachofen, B. Bernardi et C. Spector).


La soirée s’achève dès 21h15 à la Maison de Rousseau et de la Littérature (40, Grand'Rue) avec Les Mots de la fin, où les porteurs de projet de« 2012 Rousseau pour tous » liront leur texte de prédilection de Jean-Jacques Rousseau.


0

« Des divers moyens de communiquer nos pensées »

Avec: Jean-Paul Bronckart, Mariafranca Spallanzani et Martin Stern

Modérateur : Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Rousseau écrit dans l’Emile : « Les têtes se forment sur les langages, les pensées prennent la teinte des idiomes ». Il fut un penseur de l’expression: il y voit une des dimensions de l’humain. Son Essai sur l’origine des langues propose une méditation originale sur le langage, mais, au-delà, c’est bien toute sa réflexion sur les signes qui conserve sa pertinence et sa force.

Jean-Paul Bronckart est professeur ordinaire à la Faculté de Psychologie et Sciences de l’Education, (unité de didactique des langues - Groupe « Langage Action Formation »). Il a soutenu une thèse sur Les modes d’expression de l’aspect dans le langage de l’enfant et développé divers programmes de recherche sur l’épistémologie des sciences humaines/sociales, l’analyse des discours, les processus d'acquisition du langage et la didactique des langues. Ses derniers travaux se sont portés sur la problématique des rapports entre langage, action-travail et formation. Il est l'auteur de plus de trois cents publications scientifiques, parmi lesquelles on relèvera les ouvrages Genèse et organisation des formes verbales chez l'enfant, 1976; Théories du langage, 1977; Psycholinguistique de l'enfant (en collaboration), 1983; Le fonctionnement des discours (en collaboration), 1985; Activités langagières, textes et discours, 1997; Repenser l’enseignement des langues (en collaboration), 2005. En 2011, il a publié avec C. Bota, le très remarqué Bakhtine démasqué. Histoire d'un menteur, d'une escroquerie et d'un délire collectif (Genève, Droz).

Mariafranca Spallanzani est philosophe, historienne de la philosophie et spécialiste de la philosophie française des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est professeure à l’université de Bologne et professeure invitée à Paris et à Princeton. Cette cartésienne éminente a consacré à « son » philosophe des ouvrages qui font date. Citons parmi ses nombreux livres: La collezione naturalistica di Lazzaro Spallanzani: i modi e i tempi della sua formazione, 1985; Immagini di Descartes nell'Encyclopédie, 1990; Diventare filosofo. Descartes “en Philosophe”, 1999; Filosofi. Figure del “Philosophe” nell'età dei Lumi, 2002; Letture cartesiane, 2003. En 2009, elle a publié L'arbre et le labyrinthe. Descartes selon l'ordre des Lumières (Paris, Champion).

Martin Stern est philosophe et musicologue. Spécialiste de l’esthétique baroque, il enseigne à Istanbul. Membre de l’Association Rousseau et régulièrement invité à des colloques internationaux sur le XVIIIe siècle, ses travaux ont déjà donné lieu à plusieurs publications scientifiques, notamment dans les Studies on Voltaire and the Eighteenth Century. Également musicien polyvalent, il a étudié la musique baroque au Conservatoire (C.N.R.) de Lille. Il a publié cette année un livre important: Jean-Jacques Rousseau, la conversion d’un musicien philosophe (Paris, Champion).


0

« Qu’ai-je entendu ? Quels sons touchants ! Quelle musique ! »

Avec: Brenno Boccadoro, Béatrice Didier, François Jacob et Catherine Kintzler

Modérateurs : François Jacob et Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Qu’il l’écoutât, qu’il l’écrivît ou qu’il la copiât, qu’il en fît la théorie et qu’il la défendît, la musique fut sa grande passion: elle l’accompagna toute son existence. Mais de manière plus générale, les arts furent sa grande affaire. Rousseau fut à la fois un génie de l’expression artistique et l’un des penseurs les plus féconds de notre modernité quand il s’agit de penser le lien de l’esthétique et de la politique.

Brenno Boccadoro est professeur ordinaire à l’université de Genève dans le département d’histoire de l’art et de musicologie. Spécialiste des théories de la musique de l’antiquité au XVIIIe siècle, il leur a consacré de nombreuses études (mentionnons ses travaux sur les pythagoriciens, sur Marsile Ficin, mais aussi sur Tartini ou Rameau). Après avoir contribué au volume des Œuvres complètes de Rousseau consacré à la musique dans les éditions de la Pléiade, il vient d’offrir une édition philologique et annotée du Dictionnaire de musique dans la nouvelle édition des Œuvres Complètes des éditions Slatkine, 2012 (plus de 1200 pages).

Béatrice Didier est professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure où elle dirige un séminaire sur les rapports entre littérature et musique. Elle est l’auteur d’une œuvre critique considérable et influente qui porte essentiellement sur la littérature et l’esthétique des XVIIIe et le XIXe siècles mais aussi sur des questions de poétique générale. Citons quelques-uns de ses ouvrages: Stendhal ou la dictée du bonheur (2004), Le Journal intime: L'Écriture-femme (1999), George Sand écrivain: un grand fleuve d'Amérique (1998), Alphabet et raison. Le paradoxe des dictionnaires au XVIIIe siècle (1996), La Musique des Lumières: Diderot, l’Encyclopédie, Rousseau (1985).

François Jacob est écrivain, critique littéraire et musical et spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle. Il dirige actuellement l’Institut et Musée Voltaire et a pris une part décisive à l’organisation du Tricentenaire Jean-Jacques Rousseau. On lui doit de très nombreuses études. Signalons: La cité interdite: Rousseau à Genève, 2009; Voltaire à l’opéra, 2011.

Catherine Kintzler est philosophe. Elle et professeur émérite à l’université de Lille III. Elle a renouvelé l’étude de la philosophie et de l’esthétique des Lumières. On lui doit des réflexions importantes et inspirantes sur la tolérance et la laïcité. Sa bibliographie est considérable: Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l’esthétique du plaisir à l'âge classique (1983 et 1990), Condorcet, l’instruction publique et la naissance du citoyen (1987), Poétique de l’opéra français — de Corneille à Rousseau (1991), La République en questions (1996), Tolérance et laïcité (1998), Théâtre et opéra à l’âge classique, une familière étrangeté (2004), Qu’est-ce que la laïcité? (2007).

Cet Entretien est en lien avec la pièce de théâtre Jean-Jacques Rousseau, écrite par Bernard Chartreux et Jean Jourdheuil et mise en scène par Eric Eigenmann, avec la participation des étudiants de l’Atelier Théâtre du Département de Français (Activités Culturelles de l’UNIGE), ainsi qu'avec la riche programmation musicale et théâtrale de « 2012 Rousseau pour tous ».

0

« Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs »

Avec: Guillaume Chenevière et Jean-Fabien Spitz

Modérateur : Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Le renouveau des études rousseauistes doit beaucoup au « révisionnisme républicain ». Pour ce courant, Rousseau n’est plus simplement une pièce de notre histoire, mais peut devenir un élément actif et même décisif de notre réflexion politique. C’est à définir les éléments de cette reprise que nous interrogerons la doctrine rousseauiste de la République et les conditions de la liberté politique. Il y va de notre modernité politique.

Guillaume Chenevière: écrivain, metteur en scène et journaliste, il est une haute figure de la vie intellectuelle et culturelle. Il a considérablement influencé la vie théâtrale genevoise depuis les années soixante et joué un rôle décisif à la TSR dont il a été directeur. Profond connaisseur de la vie politique genevoise et de la philosophie des Lumières, il vient de publier un Rousseau et Genève (2012).

Jean-Fabien Spitz est professeur de philosophie politique à l’université de Paris I. Il est l’un des meilleurs connaisseurs de la philosophie politique classique et ses études sur Locke ou Rousseau font référence. Il a contribué de manière décisive au renouveau des études rousseauistes par la publication de La liberté politique (1995). Sa fréquentation assidue et réflexive du corpus anglo-saxon dont il a traduit des œuvres décisives lui a permis de définir une version contemporaine du républicanisme. Parmi une riche bibliographie indiquons: L'amour de l'égalité : essai sur la critique de l'égalitarisme républicain en France, 1770-1830 (2000), John Locke et les fondements de la liberté moderne (2001), Le moment républicain en France (2005), Abolir le hasard? Responsabilité individuelle et justice sociale (2008), Pourquoi lutter contre les inégalités? (2010), Philip Pettit, le républicanisme (2011).

Cet Entretien est en lien avec le colloque Rousseau, le droit et les institutions organisé par la Faculté de droit de l'UNIGE du 12 au 14 septembre.

0

« Il faut considérer l’homme dans l’homme, et l’enfant dans l’enfant »

Avec : Yves Citton, Michel Soëtard et Michel Termolle

Modérateur : Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Rousseau donne à son "traité de la bonté originelle" la forme d'un traité d'éducation. Il ne faut pas négliger cette articulation quand on veut se demander ce que Rousseau pense de l'éducation et ce qu'il nous permet de penser d'elle.

Yves Citton. Professeur à l’université de Grenoble, il est un des principaux acteurs du renouveau des études sur le XVIIIème siècle européen. Philosophe critique, il a contribué à la prise en considération des Lumières radicales. Sa réflexion permet d’articuler histoire des idées et perspectives contemporaines. Parmi ses publications récentes, indiquons: L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (2007), Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires? (2007), Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche (2010), L'avenir des humanités (2010).

Michel Soëtard est professeur émérite à l’Université Catholique de l’Ouest, où il a enseigné la philosophie et l’histoire de la pensée pédagogique. Travaillant, depuis sa thèse consacrée à Pestalozzi, sur la naissance de la pensée pédagogique au seuil de la modernité, il a publié de nombreux livres et articles: Pestalozzi ou la naissance de l’éducateur (1981), Qu’est-ce que la pédagogie (2001), Manifeste pour les pédagogues (2002, en co-édition). Il vient de publier Rousseau et l’idée d’éducation, suivi de Pestalozzi juge de Jean-Jacques (2012).

Michel Termolle. Professeur de Sciences de l'éducation à la Haute École de Hainaut, ce spécialiste de la pédagogie a publié de nombreuses études sur les concepts pédagogiques prônés dans l'Émile et sur l’histoire de l’éducation au XVIIIème siècle. Il a notamment dirigé, avec P. Dupont, un important collectif: Emile ou de la praticabilité de l’éducation (2005). Il vient d’organiser deux expositions à Môtiers : « 5 demeures, 5 femmes » et « Les enfants de Môtiers dessinent la demeure de J.-J. Rousseau ».

Cet Entretien est en lien avec le Congrès international Internationalisation dans le champ éducatif (18e – 20e siècles) organisé par la Faculté de Psychologie et des sciences de l'éducation à l'occasion du Centenaire de l'Institut Jean-Jacques Rousseau FPSE, ainsi qu'avec l’exposition L’éducation internationale et Jean-Jacques Rousseau organisée par l’Ecole Internationale de Genève.

0

« la nature de l’homme et l’homme dans la nature »

Avec : Alexandra Cook, Anne Deneys-Tunney, Catherine Larrère et Dong Qiang

Modérateur : Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Il y a la nature comme le spectacle du monde; il y a l'état de nature comme hypothèse théorique; il y a la nature de l'homme comme règle: comment penser la "nature" selon Rousseau? Cette nature a-t-elle encore quelque chose à nous dire?

Alexandra Cook. Après avoir enseigné à Chicago, à New York et en Nouvelle Zélande, elle est professeur à l’université de Hong Kong. Cette éminente spécialiste de la botanique de Rousseau se consacre aux questions théoriques et historiques de l’environnement ainsi qu’à la philosophie des sciences. On lui doit la traduction des écrits de botanique de Rousseau auxquels elle consacre l’écriture d’un nouveau livre : Jean-Jacques Rousseau and botany: the salutary science.

Anne Deneys-Tunney est professeur de littérature française à l’université de New York. Cette spécialiste du 18ème siècle ne cesse de se pencher sur les relations entre littérature et philosophie depuis la philosophie des Lumières jusqu’à la modernité. On lui doit d’importantes contributions à la connaissance des Lumières dont le très remarquable Ecritures du corps, de Descartes à Laclos (1992) et, plus récemment, Les Discours du corps au 18ème siècle, au croisement de la littérature, de la science et de la philosophie, (2009). Elle a consacré à Rousseau un livre novateur : Un autre Jean-Jacques Rousseau. Le paradoxe de la technique (2010).

Catherine Larrère est philosophe. Elle est à la fois historienne des théories politiques et économiques et spécialiste des questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale (protection de la nature, développement des biotechnologies, prévention des risques). Elle a publié notamment : L’Invention de l’économie. Du droit naturel à la physiocratie, 1992 ; Les Philosophies de l’environnement, 1997 ; Actualité de Montesquieu, 1999.

Dong Qiang. Professeur, conférencier, auteur, éditeur, artiste et traducteur, il est l’un des intellectuels francophones chinois les plus actifs. Dès 1995, il participe à la création des éditions Bleu de Chine en France, spécialisées dans la traduction d’auteurs chinois contemporains. Traducteur de plus de 25 livres, dont ceux de J.M. Le Clézio, il œuvre dans les domaines de la philosophie, de la littérature et des arts, et ceci dans les sens franco-chinois et sino-français, ce qui est une rareté. Il se consacre depuis plus de 20 ans à l’enseignement de la langue et de la culture françaises. En tant que professeur, il a mis sur place de nouveaux cours au Département de français de l’Université de Pékin, sur la civilisation française et les traductions pratiques, ainsi que des séminaires sur la pensée française contemporaine.

Cet Entretien est en lien avec l’exposition «Je raffole de la botanique» Rousseau, organisée par les Conservatoire et Jardin botaniques et inaugurée le 25 mai.

0

« N’est-ce pas cette association partielle et imparfaite qui produit la tyrannie et la guerre,
et la tyrannie et la guerre ne sont-elles pas les plus grands fléaux de l’humanité ? »

Avec : Gabriel Galice, Florent Guénard et Géraldine Lepan

Modérateur: Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Rousseau fut un penseur profond des relations internationales. Il s'interrogea sur les conditions de possibilité de la paix entre les nations. Cette interrogation est urgente: elle doit être pensée au présent, pour le présent.

Gabriel Galice. Économiste et politologue ayant mêlé théorie et pratique, il est depuis dix ans irénologue à Genève. Ses deux derniers livres sont Du Peuple-Nation. Essais sur le milieu national de peuples d’Europe, 2002 et, avec Christophe Miqueu, Penser la République, la guerre et la paix : sur les traces de Jean-Jacques Rousseau, 2012. Vice-président du GIPRI, il est le promoteur du colloque « Rousseau, la République, la paix » (Villa Sarasin, 27-29 avril 2012).

Florent Guénard. Agrégé et docteur en philosophie, il est maître de conférences à l’Université de Nantes. Spécialiste de philosophie politique et morale, il est notamment l’auteur de Rousseau et le travail de la convenance, 2004 et, en collaboration, de La religion, la liberté, la justice. Un commentaire des Lettres écrites de la montagne de Jean-Jacques Rousseau, 2005, ainsi que de diverses études sur la philosophie du XVIIIe siècle. Ses travaux portent aujourd’hui sur la question de l’égalité, sur laquelle il a publié plusieurs contributions et sur la promotion de la démocratie à partir des années 1990. Il est rédacteur en chef à laviedesidees.fr.

Géraldine Lepan. Agrégée et docteure en philosophie, elle est maître de conférences à l’Université de Toulouse. Spécialiste de philosophie politique, elle est notamment l’auteure de Jean-Jacques Rousseau et le patriotisme, 2008. On lui doit de nombreuses études sur la philosophie politique et sociale de Rousseau.

Cet Entretien est en lien avec le Colloque international Rousseau, la République, la paix, organisée par le Geneva International Peace Researches Institute (GIPRI) du 27 au 29 avril au Salon du livre et de la presse de Genève (Villa Sarasin).

0

« Au nom du tendre et pur amour qui nous unit »

Avec : Alain Grosrichard, Patrick Hochart et Elena Pulcini

Modérateur: Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Quelle est la place de l’amour dans une anthropologie passionnelle? On dirait volontiers comme le poète: il n’y a pas de place pour l’amour, toute la place est pour l’amour. Mais comment concevoir ce privilège? Comment articuler l’anthropologie amoureuse de l’Emile avec le roman de Julie? Une chose est sûre: pour Rousseau, la passion est à l’origine des langues et l’expression modèle les passions. Quand l’amour se déclare, il se met à exister autrement. Il devient l’affaire de nos vies.

Alain Grosrichard est historien de la littérature et en particulier du XVIIIe siècle. Il est professeur honoraire à l’université de Genève. Ses travaux sur Rousseau sont des classiques. Il est président de la Société Jean-Jacques Rousseau. Parmi de très nombreuses publications, rappelons « Peur de personne » (à propos de la peur dans l'Emile de Rousseau), in La peur au XVIIIe siècle, 1994 ; « Manières de table, façons de dire », in Le Jardin de l'esprit (textes offerts à B.Baczko), 1995 ; « "Où suis-je? Qui suis-je?" (La question de la place dans l'œuvre de J.-J. Rousseau)», in Rêveries sans fin, 1997 ; « L'inoculation de l'amour », in De l'amour, 1999.

Patrick Hochart est philosophe. Il a enseigné à l’université de Paris VII- Jussieu. Ce spécialiste de Platon, de Freud et de Rousseau est l’auteur d’un très grand nombre d’articles.

Elena Pulcini est philosophe. Elle enseigne à l’université de Florence. Spécialiste de philosophie morale et politique, elle est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels un livre sur Rousseau, Amour-passion e amore coniugale. Rousseau e l'origine di un conflitto moderno, 1990 (trad. fr. Amour-passion et amour conjugal. Rousseau et l'origine d'un conflit moderne, 1998). Signalons aussi: L'individuo senza passioni. Individualismo moderno e perdita del legame sociale, 2001 ; Il potere di unire. Femminile, desiderio, cura, 2003 et Invidia. La passione triste, 2011.

Cet Entretien est en lien avec l’exposition Vivant ou mort, il les inquiétera toujours, organisée par la Bibliothèque de Genève, la Fondation Martin Bodmer et l'Institut et Musée Voltaire.

0

« Il y a donc une profession de foi purement civile »

Avec: Blaise Bachofen et Ghislain Waterlot

Modérateur: Maria-Cristina Pitassi
Visionner l'Entretien.

«Désenchantement du monde» ou «retour du religieux»? A l’échelle mondiale, le diagnostic ne s’impose plus. La séparation du politique et du religieux semblait une condition de la modernisation et la formulation de l’universalisme républicain un des legs évidents des Lumières. Or Rousseau indique dans le Contrat Social la nécessité d’une profession de foi civile: quel est son sens? Quelle est sa portée? Que peut-elle encore nous dire de ce en quoi nous croyons et de ce à quoi nous tenons? De la communauté politique où nous aimerions vivre?

Blaise Bachofen est philosophe. Il est l’auteur de plusieurs articles sur la philosophie politique moderne et d’un ouvrage important sur Rousseau : La Condition de la liberté. Rousseau, critique des raisons politiques, 2002. Il a également dirigé et co-dirigé plusieurs ouvrages et a offert une édition commentée des Principes du droit de la guerre et des Écrits sur la paix perpétuelle de Rousseau en 2008. Il vient de diriger, avec Bruno Bernardi, Rousseau, politique et esthétique, sur la "Lettre à d’Alembert", 2011.

Ghislain Waterlot, philosophe, professeur associé en éthique et philosophie à la faculté de théologie de Genève. Spécialiste de philosophie morale et de questions théologico-politiques, il est l’auteur de plusieurs livres sur Bergson et Rousseau. Cf., entre autres, Rousseau. Religion et politique, 2004 ; La théologie politique de Rousseau (dir.), 2010 ; La mystique face aux guerres mondiales (co-dir.), 2010. Il achève un livre consacré à La pensée religieuse de Rousseau (à paraître chez Labor et Fides).

Maria-Cristina Pitassi, philosophe, directrice de l’Institut d’Histoire de la Réformation. Spécialiste des rapports entre herméneutique biblique et épistémologie au XVIIe siècle ainsi que de l’évolution de la théologie réformée entre la fin du XVIIe et la première moitié du XVIIIe siècle, elle a publié, entre autres, Entre croire et savoir. Le problème de la méthode critique chez Jean Le Clerc, 1987 ; Le Philosophe et l'Ecriture. John Locke exégète de Saint Paul, 1990; De l'Orthodoxie aux Lumières. Genève 1670-1737, 1992. On lui doit d’importantes éditions critiques (Jean-Alphonse Turrettini, Pierre Bayle).

0

« Le plus grand bien de tous »

Avec : Catherine Larrère et Céline Spector

Modérateur : Yves Vargas
Visionner l'Entretien.

Catherine Larrère est philosophe. Elle est à la fois historienne des théories politiques et économiques et spécialiste des questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale (protection de la nature, développement des biotechnologies, prévention des risques). Elle a publié notamment : L’Invention de l’économie. Du droit naturel à la physiocratie, 1992 ; Les Philosophies de l’environnement, 1997 ; Actualité de Montesquieu, 1999.

Céline Spector est philosophe. Spécialiste de la pensée morale et politique des Lumières, elle a consacré une partie importante de son œuvre à Montesquieu (Montesquieu. Pouvoirs, richesses et sociétés, 2004 ; Montesquieu et l’émergence de l’économie politique, 2006). Elle vient de publier Au prisme de Rousseau, usages politiques contemporains, 2011.

Yves Vargas est philosophe. Spécialiste de la pensée marxiste, il a consacré des ouvrages importants à l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau : Les promenades matérialistes de J-J. Rousseau, 2007 ; Rousseau, l'énigme du sexe, 1997 ; Introduction à l'Emile de Rousseau, 1995 ; Rousseau, économie politique, 1986.

0

« La Science est très bonne en soi, cela est évident ;
et il faudrait avoir renoncé au bon sens pour dire le contraire »

Avec : Bernadette Benseaude-Vincent et Gabrielle Radica

Modérateur : René Sigrist
Visionner l'Entretien.

Bernadette Bensaude-Vincent est philosophe et historienne des sciences. Spécialiste de la tradition épistémologique française, de la philosophie et de l’histoire de la chimie, elle a aussi consacré de nombreux travaux aux nouvelles technologies. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages (citons les derniers : Faut-il avoir peur de la chimie ?, 2005, Matière à penser. Essais d'histoire et de philosophie de la chimie, 2008. Les vertiges de la technoscience. Façonner le monde atome par atome, 2009). Avec Bruno Bernardi elle a édité les Institutions chimiques de Jean-Jacques Rousseau, 1999 et dirigé le volume collectif Rousseau et les sciences, 2003.

Gabrielle Radica est philosophe. Spécialiste de la philosophie des Lumières, elle a consacré à Rousseau un livre important : L’Histoire de la raison. Anthropologie, morale et politique chez Rousseau, Paris, 2008.

René Sigrist est historien des sciences et de leur diffusion. Il a édité la correspondance scientifique de Marc-Auguste Pictet (4 vol., 1996-2004) et publié plusieurs monographies d’histoire des sciences et des
techniques : La République des Lettres et l'essor des sciences expérimentales : exemples genevois (1670-1820), 2003; L'essor de la science moderne à Genève, 2004.

0

« Il est permis à tout homme de parler de la philosophie… »

Avec : Paul Audi, Bruno Bernardi et André Charrak

Modérateur : Martin Rueff
Visionner l'Entretien.

Paul Audi est philosophe. Il est l’auteur de plusieurs livres consacrés à Rousseau : De la véritable philosophie, Rousseau au commencement, 1995 ; Rousseau, Ethique et passion, 1997 ; Rousseau, une philosophie de l’âme, 2008.

Bruno Bernardi est philosophe. Editeur, interprète de l’œuvre de Rousseau, il a contribué de manière décisive à rénover sa lecture philosophique. Il est l’auteur de La Fabrique des concepts, recherches sur l’invention conceptuelle chez Rousseau, Paris, 2006.

André Charrak est philosophe. Eminent spécialiste de la philosophie des Lumières à laquelle il a consacré plusieurs ouvrages (parmi lesquels Contingence et nécessité des lois de la nature au XVIIIe siècle. La philosophie seconde des Lumières, 2006, Empirisme et théorie de la connaissance. Réflexion et fondement des sciences au XVIIIe siècle, 2009), il a publié une édition de l’Emile en 2009.

Martin Rueff est professeur à l’université de Genève. Il publie en 2012 plusieurs livres consacrés à Jean-Jacques Rousseau dont L’anthropologie du point de vue narratif, Les modèles de Jean-Jacques Rousseau et Grammaires de Rousseau.

top