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Un prix d’exception pour la chimie fondamentale genevoise

Un chercheur d’exception dans un lieu prédestiné

Le Professeur Piguet s’est très tôt fait fort de combiner des lanthanides et des architectures supramoléculaires à base de carbone pour créer des hélicates complexes (hélices simples, doubles comme l’ADN, ou triples) dont les propriétés dépassent parfois tout entendement. Par exemple, certaines de ses structures ont un comportement de cristaux liquides, dont l’élucidation a permis au chercheur genevois de formaliser une théorie physico-chimique et des modèles thermodynamiques robustes qui sous-tendent les propriétés de ces étranges assemblages.

Après une brillante thèse de doctorat effectuée à Genève, Claude Piguet s’en va croiser le fer chez Jean-Marie Lehn, au faîte de sa réputation. Il revient à Genève en 1991, où il est nommé 8 ans plus tard Professeur à tête de la chaire des éléments f, qui avait été occupée depuis les années 1970 par le célèbre Christian Klixbüll Jørgensen, celui qui le premier osa par exemple combiner la chimie minérale, la physique des particules élémentaires et la cosmologie.

Aujourd’hui, Claude Piguet comptabilise plus de 150 publications, dont certaines sont parmi les plus prisées dans le landerneau de la chimie des lanthanides. En 1997 par exemple, le chercheur genevois fait paraître un imposant article qui pose la clé de voûte des concepts régissant les architectures supramoléculaires de lanthanides ; cet article sera consacré en 2007 comme l’un des articles les plus cités dans la dernière décennie, prouvant par là même que la chimie genevoise affectionne particulièrement la science fondamentale durable, hors des sentiers battus et des applications en vogue aujourd’hui.

Claude Piguet n’est pas un novice en matière de Prix. Avant le Prix Lecoq de Boisbaudran, et sans compter les 5 Prix reçus alors qu’il terminait le Collège de Genève (Prix Gillet, Rotary Club, Givaudan, Alfred Treuthard, et Mark Birkigt), il a été récompensé par la Médaille Werner (1995), puis par la Bourse Werner (1995-1998), pour souligner ses contributions majeures dans l’étude des architectures supramoléculaires à base de lanthanides.

Dresser le panégyrique du Professeur Piguet, c’est immanquablement aborder Genève et son creuset propice au développement de la chimie fondamentale des terres rares. Il faut en effet remonter à 1878 et 1880 pour se rappeler que c’est à Genève que l’ytterbium puis le gadolinium ont été découverts par Jean-Charles Galissard de Marignac.
Ce célèbre et humble savant, calviniste convaincu comme il se devait à Genève, est plus connu des scientifique pour avoir déterminé, de 1842 à 1883, les poids atomiques de 28 éléments du tableau périodique (plus du tiers des éléments alors connus), avec une minutie et une précision inégalées à l’époque. Il est enterré à Genève, au cimetière des Rois, à quelques mètres d’une autre célébrité des atomes, le chimiste anglais Humphrey Davy découvreur de 6 éléments du Tableau Périodique au début du XIXe siècle.

La boucle est bouclée

Ou presque ! De Marignac à Piguet en passant par Jørgensen, l’Académie suisse des sciences naturelle (ASSN) s’intéresse de près à Genève comme l’un des berceaux de la science des lanthanides. Dans le cadre de l’année internationale de la chimie, décrétée pour 2011 par l’ONU et l’UNESCO, l’ASSN vient de nominer le projet genevois d’inscrire au patrimoine suisse de la chimie la bâtisse dans laquelle Jean-Charles Galissard de Marignac vécut et expérimenta jusqu’à son décès. Belle reconnaissance pour la place scientifique genevoise !

Notice d'information scientifique préparée par le

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