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Sur la piste d’un évadé génétique
Des biologistes de l’UNIGE détectent, entre les gènes d’une plante, des éléments mobiles fatals à sa floraison
Au cœur du génome d’une plante d’Arabidopsis mutante, une équipe de biologistes de l’Université de Genève (UNIGE) a identifié un élément génétique mobile, capable de se multiplier sauvagement dans les chromosomes. Cet élément fait partie de la famille des rétrotransposons, ainsi nommés parce qu’ils se répliquent un peu à la manière des rétrovirus. Comme chez l’être humain, la machinerie cellulaire de l’hôte s’applique alors à contenir le mouvement perturbateur au sein du génome : la plante met en œuvre une parade, dont les ressorts demeuraient jusqu’ici incompris. C’est en comparant des plantes mutantes et des plantes dans la nature que les scientifiques ont mis à jour les ficelles de ce procédé. Certaines maladies humaines comme le cancer présentent précisément des affections de la capacité cellulaire à contenir les rétrotransposons. Ces résultats, qui viennent de paraître dans Nature, seront d’un grand intérêt pour l’appréhension de ces pathologies.
Dans ce qu’on appelait injustement l’«ADN poubelle», la recherche cerne progressivement le rôle d’éléments autres que les fameuses protéines pour lesquelles codent les gènes. C’est en scrutant ces éléments et leur fonctionnement que le laboratoire de Jerzy Paszkowski, professeur de biologie végétale à l’UNIGE, a saisi un rétrotransposon en flagrant délit de saut ravageur pour la floraison de son hôte, la plante Arabidopsis.
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Référence :
Selective epigenetic control of retrotransposition in Arabidopsis, M. Mirouze, J. Reinders, E. Bucher, T. Nishimura, K. Schneeberger, S. Ossowski, J. Cao, D. Weigel, J. Paszkowski & O. Mathieu, Nature 461, 427-430, (2009). DOI



