Sur la piste d’un évadé génétique (suite)
Sur la piste d’un drôle d’Evadé

Epigénétique versus génétique
La découverte des transposons dans le génome du maïs valut le prix Nobel de physiologie à la botaniste américaine Barbara Mac Clintock en 1983 : l’on sut, dès lors, que des éléments génétiques pouvaient se déplacer et « sauter » au sein même des chromosomes. Depuis cette importante découverte, une nouvelle classe de transposons, les rétrotransposons, a été identifiée chez les plantes et les mammifères, êtres humains compris ; chez l’homme, ils occupent 44% du génome. Tirant leur nom de leur ressemblance avec les rétrovirus, ils ont, comme ces derniers, la particularité d’emprunter un intermédiaire -sous forme d’ARN messager- pour se reproduire, quand ils échappent au contrôle cellulaire.
Une cinquième base dans l’ADN
L’équipe de biologistes de l’UNIGE a eu affaire à Evadé au cours d’une recherche qu’elle menait sur un mécanisme épigénétique appelé méthylation de l’ADN, qui rend silencieux certains éléments génétiques et qui se traduit par l’ajout d’un nouveau groupement chimique sur l’une des bases -ou lettres- composant le génome, en l’occurrence le « C ». Or, la présence de cette base modifiée, appelée aussi « cinquième base », est nécessaire au développement optimal de la plante : c’est en tous les cas à son absence, constatée dans certains spécimens mutants, que les biologistes ont imputé la mobilité d’Evadé.
Mystérieux rétrotransposons
Pour leurs analyses, les spécialistes ont cultivé des générations d’Arabidopsis, dont certaines ne présentaient plus de fleurs. Ils ont alors observé que ce défaut, signe d’une mutation, découlait du saut d’Evadé. Dernièrement publiés dans la revue Nature, les résultats de leur enquête au cœur d’un génome végétal de référence, dont on pensait presque tout connaître, permettront de mieux saisir les effets des rétrotransposons et les stratégies des organismes pour tenter de les contrôler.
Communiqué de presse préparée par le service Presse Information Publication (PIP)

