Présentation des études en Socioéconomie
Les projets de modification des plans d’études de la Faculté des S.E.S., conformément aux accords de Bologne, reflètent une tension évidente entre les ambitions de spécialisation et d’interdisciplinarité. La proposition de créer une filière d'étude en Socioéconomie, largement appuyée par le collège des professeurs à plusieurs reprises, adoptée le 17 mai 2006 par la Conseil de l'Université, vise à dépasser des oppositions factices et à transcender des frontières académiques artificielles. Il s’agit de mettre en place un enseignement original, qui soit à la fois en accord avec le projet fondateur de la Faculté et destiné à embrasser les défis du présent, un enseignement articulé sur un projet scientifique et pédagogique authentiquement interdisciplinaire.
Le concept d’"économie sociale" s'inscrit dans une vieille tradition européenne qui remonte en tout cas à Max Weber. Généralement associé à la doctrine économique de l'église catholique, il couvre une période clairement identifiée dans l'évolution de la pensée économique (environ 1880-1930) et concerne la promotion des coopératives et des mutuelles. Il inclut également le rôle des syndicats et d'autres groupes sociaux et analyse l'organisation économique de notre société d'une manière plus corporatiste que le marché, notamment par une interaction et par une négociation entre groupe sociaux. Cette approche reste vivante dans le tiers monde - le manuel du Bureau International du Travail la concernant en témoigne -, mais chez nous, le débat sur les interfaces entre l'économie et le social s'est plutôt porté sur des problèmes de cohésion sociale, sur des exigences éthiques ainsi que environnementales. Cette orientation porte l'étiquette plus "moderne" de socioéconomie. En effet, la commission de recherche de l'Union Européenne lance aujourd'hui tous ses projets de recherche économiques sous l'appellation de "socio-economics".
A l'ère de la globalisation et de la (alter)mondialisation, les interfaces entre l'économique et le social sont cruciaux car il est reconnu que le marché ne répond que d'une manière imparfaite à "la question sociale", portant sur les ingrédients essentiels par lesquels la société garde sa cohésion ("le ciment social" selon Elster), les décisions économiques étant prises principalement par ce système individuel et décentralisé qu’est le marché. Ceci vaut à l'échelle internationale aussi bien que locale, dans les pays pauvres comme dans les sociétés riches. La capacité ou l'incapacité des institutions à réparer ou réguler, l'élaboration du concept de responsabilité sociale des entreprises et son appropriation par les acteurs économiques, les revendications environnementales nouvelles et les modes de consommation, constituent une liste bien incomplète de thématiques imbriquées qu'il importe d'étudier en profondeur.
Ces questions très actuelles sont au cœur de la filière proposée. Objet d'un consensus au-delà du monde académique, la socioéconomie affirme que les sciences économiques et sociales convergent pour nous aider à comprendre et à agir. Pour éviter le piège d'une instrumentalisation idéologique des savoirs, de nombreux membres du corps enseignant de la Faculté des S.E.S., issus principalement des sections des Sciences économiques et des Sciences sociales, mais avec aussi le soutien de collègues de HEC, se sont mobilisés pour offrir une formation interdisciplinaire dense à toutes celles et tous ceux, de plus en plus nombreux, qui veulent adresser sérieusement le social et l'économique dans leurs dynamiques réciproques. Seule la Faculté des S.E.S. a la richesse scientifique et pédagogique pour relever ce défi. Il faut d'ailleurs souligner que toutes et tous s'engagent gratuitement.
Si la filière de socioéconomie mobilise essentiellement des enseignements existants, elle n'est pour autant nullement un patchwork. Elle intègre dès la première année les enseignements de Sciences économiques orientés vers le social et les enseignements de Sciences sociales tournés vers l'économique. Elle impose dès le baccalauréat académique un apprentissage solide des méthodes et des concepts, en particulier de l'économie qui impose aux étudiant-e-s un "coût d'entrée", mais aussi de la sociologie. La maîtrise académique en socioéconomie s'inscrit dans le prolongement du baccalauréat et permet l'approfondissement des thèmes partagés par l'ensemble des sciences économiques et sociales. Avec un mémoire ou un stage lourd de 30 crédits, la maîtrise est orientée vers la pratique, de la recherche ou d'une valorisation concrète des savoirs à la frontière entre études et vie active.
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