Sinergia plonge dans le grand âge « Old Age Democratization ? Progresses and Inequalities in Switzerland »
Vivre plus longtemps ne signifie pas forcément vivre mieux. Longtemps perçue comme un long fleuve tranquille, la vieillesse est au contraire une période de l’existence exigeant une grande capacité d’adaptation et durant laquelle les disparités ont tendance à se renforcer: il faut endosser de nouveaux rôles, devenir grands-parent, affronter des pertes dans la vie sociale dues au fait de ne plus travailler ou de voir disparaître ses proches. Or, cette faculté d’adaptation n’est pas la même chez tout le monde. Afin de mieux cerner les conditions de vie des personnes âgées, le Fonds national de la recherche scientifique (FNS) a accordé ce printemps à Michel Oris, directeur du Centre interfacultaire de gérontologie et co-directeur du PNR LIVES, un fonds Sinergia de 2,1 millions de francs sur trois ans. Ces moyens, qui complètent ceux du Pôle, permettront de réaliser le troisième volet d’une enquête longitudinale sur le vieillissement déjà conduite en 1979 et 1994 dans les cantons de Genève et du Valais. Enrichie de quelques nouveaux modules, cette troisième récolte de données sera aussi élargie à deux régions alémaniques ainsi qu’au Tessin. «Au final, nous disposerons d’un échantillon représentatif sur le plan national, mais surtout, pour la Romandie, de données sur une période de trente ans, ce qui est exceptionnel», explique Michel Oris. Analysés selon une approche interdisciplinaire engageant les sciences médicales, psychologiques et sociales, ces résultats offriront aux chercheurs une image précise non seulement des facteurs de vulnérabilité qui touchent le grand âge, mais aussi des phénomènes de compensation qui permettent à certains individus de compenser leurs pertes en optimisant les ressources qu’ils ont encore à disposition.

