2005

Le campus de l'UNIGE à l'horizon 2010

Quel sera le visage du campus universitaire à l'horizon 2010?

Les locataires du troisième étage d'Uni Dufour vivent à l'heure des travaux de réfection. Un petit air de chantier qui alimente les rumeurs: qui va partir, qui va rester, à quelles dates, quels sont les changements qui se profilent dans l'organisation globale du campus? Une clarification s'impose donc pour connaître la politique de l'Université en matière d'affectation et de construction/rénovation des bâtiments.

Initié sous le précédent Rectorat par Eric Doelker, un document intitulé Bâtiments universitaires horizon 2015 a été finalisé par l'actuelle vice-rectrice Nadia Magnenat-Thalmann. Premier outil de travail à dégager une perspective globale pour l'évolution du campus depuis les années 70, ce document contient les souhaits de l'Université dans l'idéal, "sans faire d'autocensure", selon Yves Delay, chef de la Division bâtiments et logistique (DIBAT). De fait, ces souhaits ont été redimensionnés en fonction des finances par le Département de l'aménagement, de l'équipement et du logement (DAEL), à qui appartiennent les bâtiments et dont l'Université dépend entièrement pour ses travaux.

Quatre priorités
Le Rectorat et la DIBAT ont donc revu leurs demandes à la baisse, en définissant quatre priorités:

  • Mise à jour des bâtiments A et D à Battelle pour y recevoir le Centre universitaire d'informatique (CUI) et le futur Institut des sciences de l'environnement et du développement durable. L'Université est, par ailleurs, en train de récupérer sur le site de Battelle des locaux loués jusqu'à présent à des instituts bancaires, gagnant quelque 1000 m2 de surface.

    Résultat de l'opération: le CUI déménage entièrement à Battelle, récupérant les locaux libérés par le Service de coordination des bibliothèques (SEBIB) et le groupe DEVM de la Division informatique, qui retrouvent Uni Dufour, moyennant des travaux de remise à neuf dans ce dernier bâtiment.

    Cette rocade est en cours de réalisation. Elle explique les travaux actuels à Uni Dufour, qui regroupera ainsi toute l'Administration centrale et les services du Rectorat. La Formation continue, ainsi que le Bureau de l'égalité rejoindront également Dufour, pour laisser les locaux qu'ils occupent actuellement dans le Bâtiment du Landolt à la Faculté des lettres.

    Le bâtiment en béton cher aux Genevois ne se videra pas pour autant de ses étudiants assure Yves Delay, puisque les auditoires du sous-sol, parmi les plus spacieux de l'Université, continueront d'être utilisés par les facultés. Certaines salles de cours dans les étages pourraient également être utilisées par la Faculté des lettres.

    Ces réaménagements doivent être achevés en 2007.
  • Les locaux historiques de l'UNIGE, Bastions, Aile Jura et Philosophes auront droit à une importante rénovation, à partir de fin 2007. Il s'agira notamment de refaire les plafonds et les sols.

    Cette rénovation doit être achevée en 2009.
  • Rénovations également dans les locaux de la rue de l'Ecole-de-médecine qui abritent une partie de la Section de physique. 750 m2 de surface seront gagnés dans l'opération.

    Délai fixé pour cette rénovation: fin 2009.
  • Enfin, les prochains travaux les plus importants auront lieu avec la construction de l'étape 5 du CMU, qui permettra de gagner plus de 11'000 m2 de surface.

    Cette construction devrait débuter en 2009 et s'achever fin 2010.

    Ces quatre priorités sont en bonne voie d'être approuvées politiquement, selon Yves Delay, le vote des crédits d'étude au Grand Conseil ayant été déjà passé ou agendé.

Perspectives à long terme
Au-delà de 2010, quelles sont les perspectives de développement? Malgré la construction de Sciences III, la Faculté des sciences est toujours dans l'impossibilité de se regrouper sur un site unique. L'anthropologie, les sciences de la Terre et les mathématiques restent éparpillées aux Acacias et à Plainpalais.

Cette situation risque de ne pas changer avant 2010. A cette date, lorsque l'étape 5 du CMU sera achevée, la pharmacie rejoindra le site de Champel, ce qui dégagera des espaces au bord de l'Arve.

Une chose est sûre, l'Université continuera d'être dispersée en ville. "La philosophie n'est plus aux grandes concentrations; on privilégie au contraire la mixité dans l'aménagement urbain", explique Yves Delay. Une mixité qui offre l'avantage de placer les activités de l'alma mater et sa population étudiante au cœur de la cité.

Mais cette dispersion a aussi un coût, relève Nadia Magnenat-Thalmann: les kilomètres de fibres optiques à dérouler entre les divers sites, la multiplication des factures liées à la surveillance des bâtiments, sans compter les frais de location, parfois exorbitants (1,3 millions par année rien que pour les locaux des sciences de la Terre à la rue des Maraîchers!).

Pour la vice-rectrice, il existe de toutes manières des limites structurelles au développement du campus: au vu des finances de l'Etat, il y a peu de chance de voir augmenter l'enveloppe budgétaire du DAEL consacrée à l'Université, environ 30 millions en moyenne par année.

Fenêtre ouverte sur Pinchat
Pour Yves Delay, c'est la possibilité d'exploiter le terrain de l'Université à Pinchat, soit à quelques encablures de Battelle, qui offre les meilleures perspectives de développement. "Le terrain est encore classé zone villa. Il faut donc attendre un changement de zone. Mais dès que cela sera acquis, l'Université pourra, à cet endroit, exploiter l'équivalent en surface d'Uni Mail." Un espace qui devrait prioritairement être alloué aux Facultés des sciences et des sciences économiques et sociales.

En attendant ces jours meilleurs, Nadia Magnenat-Thalmann insiste sur l'importance de la maintenance et des rénovations. "L'état des bâtiments joue un rôle important dans la visibilité que se donne l'Université. Les étudiants doivent pouvoir travailler dans des locaux bien aménagés et un environnement attractif." Et la vice-rectrice, qui dit entretenir de très bons rapports avec le DAEL, de suggérer une maintenance plus régulière.

18 novembre 2005
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