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Enquête exploratoire

Le vécu des enfants et adolescents de 11 à 17 ans en Suisse romande par rapport au COVID-19 et aux mesures associées (semi-confinement)

Daniel Stoecklin et Ludivine Richner, 16 juin 2020

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Résumé

 

Cette enquête exploratoire qui a duré du 31 avril au 31 mai 2020 analyse le vécu d’enfants et jeunes de 11-17 ans à propos de la pandémie de Covid-19 dans les cantons romands. 157 répondants ont ainsi commenté leur vie familiale et scolaire, leur vie avec les amis, ainsi que leurs loisirs, leur santé, et enfin leurs activités nouvelles et stoppées. L’enquête a été relayée par des institutions actives dans le domaine de l’enfance dans les cantons de Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel, Valais et Vaud. Nous les remercions pour leur collaboration. Le nombre de répondants est assez limité vu la lourdeur de la procédure, mais suffisant toutefois pour dégager une première analyse qualitative. Nous remercions d’autant plus les enfants et adolescents qui ont consacré du temps à répondre au questionnaire dans cette période perturbée. Ils ont été nombreux à nous remercier, en fin de questionnaire, de leur avoir donné l’occasion de s’exprimer sur leur vécu durant cette période. Nous espérons que cette enquête reflète suffisamment leurs préoccupations et contribue ainsi au dialogue intergénérationnel. Les résultats de l’enquête sont résumés ci-dessous. Un document plus extensif est aussi consultable.


Famille

On constate que, pour une très grande majorité, soit 124 répondants (79%), la vie familiale est plus ou moins pareille. 20 enfants (13%) quant à eux estiment que leur vie familiale est meilleure qu’avant le confinement, et 12 autres enfants (8%) estiment qu’elle s’est péjorée. 


Ecole

Il ressort de cette étude que pour une moitié des répondants l’école à distance ne change pas grand-chose dans leur vécu de la vie scolaire, et que pour l’autre moitié elle s’est soit améliorée, soit péjorée. Parmi la moitié qui ressent un changement significatif, 49 enfants (31%) évoquent une péjoration et 29 enfants (19%) une amélioration. On constate donc qu’environ 2/3 des enfants qui ressentent un changement dans leur vie scolaire le vivent mal. Cela confirme en outre les craintes d’un écart grandissant entre les élèves, dû à la formation à distance.


Amis

12 enfants (8%) estiment que leur vie avec les amis va mieux qu’avant le confinement, 65 enfants (42%) estiment qu’elle va moins bien, et pour 79 enfants (50%) elle est restée plus ou moins pareille.  


Loisirs

32 enfants (21%) estiment que leurs loisirs vont mieux qu’avant le confinement, 74 enfants (48%) estiment qu’ils vont moins bien, et pour 47 enfants (30%) cela est resté plus ou moins pareil. 


Santé

19 enfants (12%) estiment que leur santé est meilleure qu’avant le confinement, 10 enfants (7%) estiment qu’elle est moins bonne, et pour 123 enfants (81%) elle est restée plus ou moins pareille.  


Activités

Les principaux changements dans les activités montrent une progression des activités physiques (balades, yoga, musculation, fitness, etc.). Parmi les activités auxquelles il a fallu mettre un terme provisoire, on trouve en premier lieu les activités sportives et la danse : cela concerne la moitié des enfants interviewés (80). Ensuite, ce sont les relations qui ont été le plus affectées : 69 enfants (44%) disent avoir dû renoncer à voir leurs amis et à faire la fête avec eux, tandis que 14 (9%) déplorent de ne pas pouvoir voir leurs grands-parents. 


Prise de décision

Pour leurs nouvelles activités (principalement les sports, les jeux et les activités en famille) environ 66% en ont pris la décision eux-mêmes. Il est intéressant de voir que pour de nombreux enfants les nouvelles activités traduisent principalement des initiatives personnelles. Cela illustre aussi leur « agentivité » (prise sur l’environnement). 


Conclusion

Les résultats montrent une assez grande diversité dans le vécu des enfants et des adolescents par rapport aux mesures de confinement. Notre enquête confirme donc des tendances constatées à plus large échelle, indiquant entre autres que le confinement exacerbe le cumul des désavantages et la vulnérabilité des enfants déjà marginalisés. 


Recommandations

Des recherches plus approfondies sur le creusement des inégalités et l’équilibre entre protection et participation des enfants devraient être menées. Au niveau pratique, nous recommandons un meilleur respect des droits de l’enfant, notamment une meilleure participation des enfants dans la politique de l’enfance, pour prendre en compte les opinions des enfants dont l’exemplarité durant cette période de confinement devrait davantage être relevée.