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Doctorant-es affilié-es au CMCSS

Le CMCSS dédie une page web à la présentation des doctorant-es dont il soutient les projets de recherche.

 

 

Blanc_Jean_Sebastien_photo.jpgParcours

Jean-Sébastien Blanc est titulaire d'une licence ès lettres de l'Université de Lausanne et d'un Master en relations internationales et droit international de l'Université de Buenos Aires (Argentine). Il travaille depuis une quinzaine d'années sur les questions de privation de liberté et de droits humains, abordées depuis différentes perspectives. Il a entre autres travaillé pour le Comité international de la Croix-Rouge et l'Association pour la prévention de la torture et a été membre du Comité exécutif de la section suisse d'Amnesty International. Il est actuellement collaborateur scientifique au département de droit public et doctorant à l'institut des Etudes genre de l'Université de Genève. En parallèle, il est collaborateur scientifique et chargé de cours au Centre suisse de compétences en matière d'exécution des sanctions pénales, à Fribourg. Ses intérêts portent, entre autres, sur les questions de prison, genre, sexualités, migration, droits humains, le droit pénitentiaire et la violence.

Titre de la thèse

"L'impact de l'incarcération sur les représentations de genre et la sexualité des personnes détenues"

 

Directeur/trice de thèse

Prof. Marylène Lieber, Université de Genève et Prof. Djemila Carron, Université du Québec à Montréal

Résumé de la thèse

Comment la prison, espace très largement mono-genré, affecte et transforme les représentations des masculinités et des féminités? Comment ces représentations, à leur tour, se répercutent sur les interactions sociales et comment, in fine, la sexualité des personnes détenues est-elle influencée par le confinement dans de tels espaces ?  A partir d'un terrain ethnographique dans deux prisons de Suisse romande, un établissement pour femmes et un établissement pour hommes (ainsi qu'un éventuel second terrain au Québec), cette recherche doctorale questionne la manière dont la prison, en plus d'être une privation du droit d'aller et venir librement, prive les personnes détenues de la liberté de disposer de leur corps.
Inscrit principalement dans le champ des études genre et du droit (droit pénitentiaire et droits humains), ce projet se veut interdisciplinaire : il aborde le cadre juridique et normatif régulant la non-mixité et les sexualités en détention et confrontera les résultats des recherches sur le terrain aux théories criminologiques sur les interactions sociales en prison. Cette recherche se propose de combler une importante lacune, puisque la question du genre et des sexualité en prison demeure aujourd'hui encore l'apanage du monde anglo-saxon et, dans une certaine mesure, de la France. Grâce aux apports féministes et queer, il vise à repenser les termes d'une problématique qui est encore souvent considérée dans une optique binaire, voire disciplinaire.

Liste des publications

  • La prison est-elle compatible avec la diversité ? Le cas des personnes transgenres en détention, Revue médicale suisse, numéro coordonné par Hans Wolff (HUG), co-écrit avec Nicolas Peigné, parution prévue à l’automne 2023
  • La prise en charge des personnes LGBTIQ+ en détention, Document-cadre du Centre suisse de compétences en matière d’exécution des sanctions pénales, Fribourg, 2021;
  • Personnes LGBTI in : « Lexique pénitentiaire suisse : De l'arrestation provisoire à la libération conditionnelle », sous la direction de B. Brägger et J. Vuille, Helbing Lichtenhahn Verlag, Bâle,2016
  • Crime and Multiple Punishments: The Vulnerability of LGBTI Persons in the Criminal Justice System, in “Gender Perspectives on Torture: Law and Practice”, Washington College of Law, American University, December 2015;
  • Minorités sexuelles en détention : de l’invisibilité à la stigmatisation, in "Vulnérabilité et risques dans l’exécution des sanctions pénales : Actes des 9èmes Journées pénitentiaires de Fribourg" (Novembre 2014), Delgrande N., Mandach L.V., Noll T. & Queloz N. (éd.), Stämpfli, pp. 149-171, Berne, 2015.

Liste des communications

  • « Sexualités en prison : les gages impossibles de la masculinité », Séminaire Masculinités, santé et genre, UNIGE, 14 décembre 2021
  • « Les coûts sociaux du système pénal en Suisse : une affaire de femmes ? », Conférence-débat avec Gwenola Ricordeau, 28 sept. 2021, UNIGE (co-organisation et modération)
  • « Protection spécifique des personnes vulnérables », Contrôle des lieux de privation de liberté : aspects juridiques et enjeux pratiques, Panthéon-Sorbonne, 27 août 2021
  • « Vulnérabilité et prisons : enfermer l’autre différent (genre, origine, orientation sexuelle, radicalités) », avec David Scheer (CNRS), Concertina, Rencontres estivales autour des enfermements, Dieulefit (France), 10 juillet 2021

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CécileGreset.jpgParcours

Cécile Greset est titulaire du brevet d’avocate et d’une maîtrise en études genre. Après avoir travaillé dans le domaine du droit de la famille et de la protection de l’adulte et de l’enfant, elle collabore actuellement à une étude portant sur la prise en charge des violences sexuelles à Genève, sous la direction de la Professeure Marylène Lieber (Institut des études genre, Université de Genève). Elle est également chargée d'enseignement pour le cours "Droit, genre et sexualités" destiné aux étudiant.e.s des Masters en droit et en
sciences de la société. Dans le cadre de ses recherches, elle s’attache à développer une critique du droit suisse dans une perspective féministe.

Titre de la thèse

« La fabrique de la vérité judiciaire – Le Ministère public genevois face aux violences sexuelles »

Directeur/trice de thèse

Prof. Marylène Lieber et Michelle Cottier

 

 

Résumé de la thèse

Partant du constat que la justice pénale échoue à prendre en charge de manière adéquate les violences sexuelles entre adultes, cette thèse vise à comprendre les mécanismes à l’oeuvre dans le processus décisionnel des autorités pénales, en l’occurrence du Ministère public de Genève. Pour cela, cette recherche s’intéressera particulièrement aux méthodes ainsi qu’aux pratiques juridiques qui conduisent le raisonnement judiciaire des procureur.e.s dans les affaires de contrainte sexuelle (189 CP) et de viol (190 CP). Le cadre analytique et de production de savoirs de cette étude sera un cadre théorique tant juridique que sociologique et féministe du droit, associé à une recherche de terrain utilisant plusieurs méthodes de récolte de données (analyse de dossiers judiciaires, observations directes et entretiens). À partir de l’analyse qui résultera de cette recherche, il s’agira alors d’identifier les lieux possibles de transformation et de proposer d’autres façons d’appréhender les agressions sexuelles, au travers notamment de la méthode dite de « réécriture féministe de jugements ».

Liste des publications

  • Lieber Gabbiani, Marylène, Greset, Cécile, Perez Rodrigo, Stéphanie. Le traitement pénal des violences sexuelles à Genève. Une étude exploratoire. 2019
  • Perriard, A., Christe, C., Greset, C. & Lois, M. (2020). Les affects comme outils méthodologiques dans la production d’un savoir collectif. Recherches qualitatives, 39(2), 237–259.

Liste des communications

  • Octobre 2019, Greset, Cécile et Lieber Gabbiani, Marylène, Juger les violences sexuelles. Une enquête exploratoire à Genève, Cycle de conférences publiques en Études genre 2019-2020, Institut des Études genre, Faculté des sciences de la société, Université de Genève.
  • Février 2020, Marylène Lieber et Cécile Greset, Commission violence et Service égalité - Agenda 21 de la Ville de Genève « Juger les violences sexuelles. Premiers résultats ».
  • Mars 2022, « Violences sexuelles : un regard socio-juridique », entretien pour le site internet victimepasseule.ch.
  • Avril 2022, journée organisée par la Haute école de travail social de Genève, le Bureau d’Égalité du canton de Genève (BPEV) et le Centre LIVES, « Agir pour l’égalité dans le domaine de la migration : quelles recommandations pour les politiques publiques ? ».

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MayaMachloutNew.jpeg

Parcours

Maya machlout est doctorante en sciences de l'éducation à l'Université de Genève, Suisse. Elle est titulaire d'un bachelor en sciences infirmières à l’Université Libanaise au Liban depuis 2015, et également titulaire d'un master professionnel en santé publique, option « éducation et promotion de la santé » de l'Université Libanaise en 2019.
Elle a sept ans d'expériences dans le domaine hospitalier et 3 ans dans le domaine de l’éducation et de formation.

Titre de la thèse

« Éducation sexuelle inclusive basée sur les droits sexuels : vers une réduction des injustices épistémiques qui touchent les personnes à besoins éducatifs particuliers »

Directeur/trice de thèse

Maryvonne Charmillot (UNIGE) et Caroline Jacot-Descombes (Santé sexuelle Suisse).

Résumé de la thèse

Cette recherche a pour ambition de comprendre, sous l’angle des droits sexuels, les perceptions et les pratiques en matière d’éducation sexuelle chez les jeunes en situation de handicap, chez les parents d’enfants et de jeunes en situation de handicap, et chez les enseignantes et les enseignants, ordinaires et spécialisées, éducateurs et éducatrices, ainsi que chez les spécialistes en santé sexuelle. L’objectif est de comprendre ce qui fait obstacle au développement d’une éducation sexuelle inclusive holistique et comment travailler le thème du handicap dans l’éducation sexuelle scolaire, en contexte ordinaire comme spécialisé et comment développer ou renforcer l’éducation sexuelle dans les institutions qui accueillent des enfants et des jeunes.
Deux étapes méthodologiques structurent cette recherche. La première dresse un état des lieux détaillé de l’éducation sexuelle spécialisée dans les différents cantons romands francophones à travers une étude systématique des 110 lieux d’accueil identifiés destinés aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle, en situation de handicap liée à des troubles physiques, psychiques et/ou sensoriels. La deuxième étape consiste en une recherche-action en partenariat avec un service cantonal d’éducation sexuelle, pour d’une part offrir un espace de parole aux personnes concernées (jeunes en situation de handicap, parents d’enfants et de jeunes en situation de handicap, professionnel.les) et envisager les transformations nécessaires des programmes d’éducation sexuelle de façon à actualiser le paradigme des droits sexuels d’une part, et d’inclure les personnes concernées par la problématique du handicap d'autre part.

Liste des communications


Prix/distinctions reçu-es

  • Prix Maurice Chalumeau 2021

Autre information à valoriser

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Image Quentin Markarian.jpg

Parcours

Quentin Markarian est doctorant au Département de Droit Public de l’Université de Genève et au Centre de Recherches en Droit Pénal de l’Université libre de Bruxelles depuis 2021. Sa thèse est financée partiellement par le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités de l’Université de Genève dans le cadre du projet de recherche « Sexualités et genre en prison : approches comparatives et interdisciplinaires ». Ses recherches se situent à l’intersection du droit de la détention et des droits humains.

Depuis 2021, il est co-responsable de la Law Clinic sur les droits des personnes vulnérables, un enseignement de la Faculté de droit de l’Université de Genève abordant les droits humains dans un objectif de justice sociale. Ce séminaire clinique a pour but d’informer sur ses droits des groupes de personne en situation de vulnérabilité juridique et d’offrir à des étudiantxs de master une formation pratique. Les étudiantxs réalisent des avis de droit qui sont vulgarisés et rendus accessibles par la production de brochures d'information juridique, rapports, conférences, formations et campagnes d’affichages. Quentin Markarian est également assistant de la Formation continue Droit de l’homme.

Il est titulaire d’un baccalauréat en droit (2017) et d’une maîtrise en droit public (2020) de l’Université de Genève. Il a effectué divers séjours de mobilité et de recherche à l’Université nationale de Séoul (2018) et à l’Université libre de Bruxelles (2018, 2022). Durant ses études, il a été stagiaire à la Law Clinic et au Service égalité de l’Université de Genève (2017-2018), à l’Organisation mondiale contre la torture (2019) et au Centre de détention de la Cour pénale internationale (2020). Il a été président de l’Association des étudiantxs en droit (2017), membre du Conseil participatif de la Faculté de droit (2016-2018) et membre des groupes droits LGBTQI+ et droits des femmes d’Amnesty à l’Université de Genève (2016). Parallèlement à ses études, il a été pigiste pour le magazine queer suisse 360° (2017-2020) et a participé à l’organisation de la pride genevoise (2019).

Depuis 2021, il est responsable de la Commission détention pénale de la Ligue suisse des droits humains à Genève. Une association de défense des droits humains composée de bénévoles qui rencontrent les personnes détenues dans les prisons de Suisse romande afin de contrôler leurs conditions de détention. En 2022, il a fondé La prison tue, un observatoire citoyen des morts dans les prisons suisses et des violences d'Etat.

Titre de la thèse

"La séparation des « sexes » en prison. Une norme de droit pénitentiaire en tension avec les droits humains."

Directeur/trice de thèse

Professeure Maya Hertig Randall, Université de Genève.

Professeur Damien Scalia, Université libre de Bruxelles.

Résumé de la thèse

Dans les prisons françaises et suisses, l’organisation carcérale repose sur la séparation des « hommes » et des « femmes ». Rarement questionnée, la classification basée sur la bicatégorisation des « sexes » est prévue par les différents instruments de droit pénitentiaire. Elle est consacrée tant par le droit interne que par les normes régionales et internationales de protection des droits humains. Elle impose aux autorités une gestion du parc pénitentiaire et de la population carcérale à l’aune de ce principe ségrégatif. Si elle contraint les personnes détenues à vivre dans un univers monosexué, elle exclut également l’existence d’autres formes d’identification en dehors du spectre de genre binaire. En effet, la séparation des « sexes » affecte les droits des personnes trans incarcérées pour qui l’incarcération peut correspondre à une peine privative de genre. Elle déstabilise aussi l’administration pénitentiaire, confrontée aux potentielles incompatibilités entre le respect de la norme binaire et le respect du droit de l’identité de genre.

Cette thèse de droit comparé en droit français et suisse interroge les tensions produites par la séparation des « sexes » consacrée par le droit pénitentiaire à la lumière des droits humains. Elle analyse les fondements de la bicatégorisation des « sexes » de l’institution carcérale, ses effets néfastes sur le traitement et les droits de la population carcérale – en particulier des personnes trans – et sur la base de ce constat, propose des remèdes à l’organisation carcérale binaire.

Liste des communications

  • Intervention dans le cadre de l’atelier « Suicides, l’évasion silencieuse » avec Bernard Bolze, Laurence Delleur, Vincent Marcel, Loriane et Yazid Aït Hammou, Concertina, Rencontres estivales autour des enfermements, Dieulefit (France), 3 juillet 2022

  • Participation comme discutant avec Ariane Amado, Olivia Nederlandt et Aurore Vanliefde à l’Interlabo du Groupement Européen de Recherche sur les Normativités « Les normativités carcérales à l’épreuve du genre », coorganisé par le Séminaire interdisciplinaire d’études juridique (Université Saint-Louis), le Groupe de recherche en matière pénale et criminelle (Université Saint-Louis) et le Centre de recherche interdisciplinaire sur la déviance et la pénalité (Université catholique de Louvain), à l’Université Saint-Louis, Bruxelles (Belgique), 24 juin 2022

  • Conférence « Quel droit à l’intime ? » avec Vista Eskandari, conférence en marge de l'exposition INTIME?, Université de Genève, Genève (Suisse), 2 décembre 2021

  • Panéliste dans le cadre de la soirée débat « Les jeunes et la détention » organisée par l'Association pour la Prévention de la Torture, Chêne-Bougeries (Suisse), 16 novembre 2021

  • Intervention dans le cadre de « Parloir libre » sur le sujet « Détention administrative et renvois forcés des déboutés de l’asile en Suisse » avec Louise Koch, Concertina, Rencontres estivales autour des enfermements, Dieulefit (France), 9 juillet 2021

  • Animation de la table ronde « Réalités et enjeux de mobilité, de migration et d’asile des personnes LGBTQI dans la francophonie » dans le cadre de la conférence internationale « Vivre l’égalité et les diversités dans la francophonie : Culture, Santé, Sécurité » coorganisée par Égides - l'Alliance francophone pour l'égalité et les diversités, le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités et la Ville de Genève, Université de Genève (Suisse), 1er juillet 2021

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Prix / distinctions reçus

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NastehaSalah.jpg

Parcours

Nasteha Salah est titulaire de diverses formations académiques dont une licence de Psychologie, un Master en Santé publique, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (MPH), un CAS en Promotion de la santé et santé communautaire, de la Faculté de médecine et un Certificat de Project Management Associate (IMPA).

Elle est doctorante en Sciences Biomédicales, au sein des Hôpitaux Universitaires de Genève. Elle entame sa dernière année académique et le travail de terrain dans le domaine de la prévention des mutilations génitales féminines, sujet qui touche plus de 22'000 filles et femmes en Suisse et la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes migrantes vivant en Suisse.

En parallèle de son doctorat, elle a diverses activités: académiques, formation, élaboration d'outils scientifiques et pédagogiques dans la santé sexuelle, rédaction de rapports nationaux sur la prévention des violences envers les femmes et mise en place d’ateliers sur l’éducation sexuelle positive tout public. Elle a participé et présenté ses différents travaux lors de conférences nationales et internationales ainsi que lors de tables rondes dans le domaine de la santé publique.

Ses diverses formations pluridisciplinaires lui ont permis de mieux connaître les bases méthodologiques indispensables à toute activité sociale, médicale et communautaire. Elle a développé des collaborations au sein des institutions cantonales (HUG, BPEV, UNIGE, RTS etc.) et des partenariats auprès d’associations travaillant sur le terrain avec les communautés concernées par l’excision.

A travers ses formations et son parcours professionnel, elle a développé des compétences dans la gestion de projet, le mangement et la planification de projet, la recherche scientifique et sa vulgarisation, l’analyse statistique et l’évaluation de projet en favorisant des collaborations pluridisciplinaires. 

Titre de la thèse

"L’influence de la migration et de l’acculturation sur les attitudes et les comportements à l’égard de l’excision : estimation de la prévalence et du risque d’excision chez les femmes et les filles vivant en Suisse"

Directeur/trice de thèse

La thèse est sous la direction du Professeur Patrick Petignat, Médecin-Chef, Service de gynécologie, Hôpitaux universitaires de Genève.
Les co-directions de la thèse sont la Dre Jasmine Abdulcadir, Médecin Adjointe Agrégée et Dr Roland Maurer, Maître d'Enseignement et de Recherche, Faculté de Psychologie, Université de Genève.

Résumé de la thèse

Les mutilations génitales féminines ou excision(s) (MGF/E) désignent toutes les interventions aboutissant à l'ablation partielle ou totale, ou toute autre lésion, des organes génitaux externes féminins pour des raisons non médicales ; elles touchent au moins 200 millions de femmes et de filles dans plus de 31 pays, avec des conséquences qui peuvent altérer de manière irrémédiable la santé physique, psychosexuelle et la qualité de vie des personnes concernées.
En Suisse, on estime que 22’000 femmes et filles sont excisées ou à risque de l’être, avec une augmentation de la prévalence prévue dans les prochaines années du fait de l’immigration. Le calcul de cette estimation se fait sur la base de la méthode d’extrapolation indirecte de la prévalence des MGF/E. Or, cette méthode pose des limitations méthodologiques importantes, elle surestime la prévalence et sous-estime l’incidence des pratiques d’excision. De plus, cette méthode se fait sans ajustement pour les déterminants sociaux, communautaires, interpersonnels et individuels. Les études qualitatives ont permis de mettre en évidence la diversité des attitudes et des comportements face aux MGF/E tant au niveau collectif qu’individuel dans les populations migrantes vivant en Europe et en Suisse.
La présente recherche, s’appuyant sur une méthodologie mixte (qualitative et quantitative), vise à actualiser les données suisses datant de 2013, sur l’estimation de la prévalence, l’incidence et l’identification des variables pertinentes influençant les changements d’attitudes et les comportements intervenus face à aux MGF/E au sein des communautés concernées, depuis la première vague de réfugiés de la Corne d’Afrique arrivés en Suisse dans les années 1990.
La portée du projet de recherche va au-delà du cadre scientifique, les données scientifiques récoltées durant l’étude pourront servir dans différents domaines (scientifiques, santé, social etc.) de la prévention et de la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles au niveau national et international, comme :

  • Améliorer la qualité et la précision de l’estimation du risque d’excision pour les filles nées ou arrivée sans excision en Suisse.
  • Adapter et orienter les ressources et les politiques de santé poursuivant la réduction des risques sur les violences faites aux femmes et aux filles.
  • Répondre aux besoins spécifiques et actuels pour une prise en charge multidisciplinaire dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes, du couple et de la famille concernées par l’excision.  
  • Développer des programmes, ateliers et actions plus ciblés pour la sensibilisation des communautés concernées par les mutilations génitales féminines.
  • Informer de manière factuelle les différents publics (grand public, professionnels de la santé et du social, politique, police, média, associations travaillant sur le terrain) sur les aspects socioculturels en action dans la perpétuation ou l’abandon de la pratique en Suisse.

Liste des publications

  • Relecture et correction des Guidelines nationaux « Mutilations génitales féminines : recommandations à l’intention des professionnel.le.s de la santé, de la Société Suisse de Gynécologie et d’Obstétrique SSGO de 2021
  • Brochure « Mon sexe & moi » éditée par le Programme Sciences, sexes et identités, Faculté de médecine, de l’Université de Genève en collaboration avec RTS Découverte et Santé Sexuelle Suisse, 2021.

Liste des communications

  • Table ronde, RHCforFGC: Sharing Actions and Strategies for Respectful and Equitable Health Care for Women with FGC/M, mai 2022, Genève
  • Table ronde publique Egalité et Migration :"Agir pour l’égalité dans le domaine de la migration : quelles recommandations pour les politiques publiques ?", avril 2022
  • Enseignante et intervenante au CAS en Promotion de la santé et santé communautaire, Faculté de médecine, avril 2022, Genève
  • Geneviève Bordry, f.Information et Réseau Femme, Professeure Gisou van der Goot, Doyenne de la faculté des sciences de la vie, Colette Fry, Directrice du Bureau de promotion de l'égalité et de prévention des violences, Nasteha Salah, doctorante en Santé globale, GVA2 Association : « Condition féminine et lutte pour l'égalité », Genève, avril 2022
  • Dina Bader, Sociologue, Jasmine Abdulcadir, Médecin Adjointe agrégée, HUG, Hélène Martin, Professeure ordinaire à HETSL, HES-SO, Nasteha Salah, doctorante en Santé globale, ALECSS - Spécialistes en santé sexuelle : « Chirurgie Réparatrice et/ou Cosmétique », janvier 2022, Genève
  • Soirée dînatoire Inter-Club Soroptimist « Outils de promotion de la santé sexuelle », Genève, novembre 2021, Genève
  • Global Health Forum 2020 « Le rôle des médias dans la santé publique », Université de Genève, Novembre 2020, Genève
  • Jasmine Abdulcadir, Médecin Adjointe agrégée, HUG; Lorenza Bettoli, Unité de santé sexuelle et planning familial, HUG, Nasteha Salah, Doctorante en santé globale, UNIGE, Amnesty.unige discrimination : Mutilations génitales féminines, 3 mars 2020, Genève.
  • Présentation du protocole de recherche du doctorale en santé globale, lors du cours intitulé Certificate of Advanced Studies, Promotion de la santé et santé communautaire, de l’Institut de santé globale, Septembre 2019, Genève.

Liste des interventions dans les médias

  • Interview téléphonique avec la journaliste Marianne Grosjean, Tribune de Genève, le 20 janvier 2022, en lien avec la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines du 6 février 2022
  • Réseau Suisse contre l’excision, « Intimité, sexualité positive et l’excision (E/MGF) », décembre 2021

Prix / distinctions reçus

  • 2022-2023: Centre de Liaison des Associations Féminines Genevoises, (CLAFG) CHF11’532.-
  • 2021-2022: Subvention de recherche : Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités, Faculté, de médecine, UNIGE, CHF13'500.-
  • 2021-2022: Subvention de recherche : Centre de liaison des associations féminines Genevoises (CLAFG), CHF 14'300.-
  • 2019-2021: Scholarship grant Education Fund: Soroptimist International of Europe, Union Suisse Soroptimist et Clubs locaux, CHF 16'200.-

Autres informations à valoriser

  • Collaboration avec l’Association AMIC sur divers ateliers destinés aux parents, enfants et adolescents sur la lutte contre les discriminations & le racisme anti-noir-es, financés par l’Agenda 21, de la Ville de Genève.
  • -Une série de 10 capsules vidéo pédagogiques, gratuite, sous-titrées en 8 langues « Génitalia » sur les organes génitaux, développées dans le cadre du projet Sciences, sexes, identités. Elles sont le fruit d’une collaboration entre l’équipe scientifique interdisciplinaire du Bioscope et des personnes intersexuées (association InterAction) et dyadiques, des personnes transgenres (Association EPICENE et Fondation Agnodice) et cisgenre, et les populations concernées par les pratiques d’excision (Association AMIC). Retrouvez différents outils scientifiques et éducatifs sur la santé sexuelle tout public sur le site.

Contacts institutionnels

Bureau S9, Département de la femme, de l'enfant et de l'adolescent Hôpitaux Universitaires de Genève Faculté de Médecine. UNIGE

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