Projets de recherche

Le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités soutient une recherche doctorale menée par Nasteha Salah qui a démarré en 2019-2021 sous la direction du Professeur Patrick Petignat, Médecin-chef, Service de gynécologie, Hôpitaux universitaires de Genève, de la Dre Jasmine Abdulcadir et du Dr Roland Maurer, sous le titre :

«L’influence de la migration et de l’acculturation sur les attitudes et les comportements à l’égard de l’excision : estimation de la prévalence et du risque d’excision chez les femmes et les filles vivant en Suisse»

Montant octroyé : CHF 13'505.00.- 

Équipe de recherche : Professeur Patrick Petignat, Dre Jasmine Abdulcadir, Dr Roland Maurer, Nasteha Salah

 

Les mutilations génitales féminines ou excision(s) (MGF/E) désignent toutes les interventions aboutissant à l'ablation partielle ou totale, ou toute autre lésion, des organes génitaux externes féminins pour des raisons non médicales ; elles touchent au moins 200 millions de femmes et de filles dans plus de 31 pays, avec des conséquences qui peuvent altérer de manière irrémédiable la santé physique, psychosexuelle et la qualité de vie des personnes concernées.

En Suisse, on estime que 22’000 femmes et filles sont excisées ou à risque de l’être, avec une augmentation de la prévalence prévue dans les prochaines années du fait de l’immigration. Le calcul de cette estimation se fait sur la base de la méthode d’extrapolation indirecte de la prévalence des MGF/E. Or, cette méthode pose des limitations méthodologiques importantes, elle surestime la prévalence et sous-estime l’incidence des pratiques d’excision. De plus, cette méthode se fait sans ajustement pour les déterminants sociaux, communautaires, interpersonnels et individuels. Les études qualitatives ont permis de mettre en évidence la diversité des attitudes et des comportements face aux MGF/E tant au niveau collectif qu’individuel dans les populations migrantes vivant en Europe et en Suisse.

La présente recherche, s’appuyant sur une méthodologie mixte (qualitative et quantitative), vise à actualiser les données suisses datant de 2013, sur l’estimation de la prévalence, l’incidence et l’identification des variables pertinentes influençant les changements d’attitudes et les comportements intervenus face à aux MGF/E au sein des communautés concernées, depuis la première vague de réfugiés de la Corne d’Afrique arrivés en Suisse dans les années 1990.

La portée du projet de recherche va au-delà du cadre scientifique, les données scientifiques récoltées durant l’étude pourront servir dans différents domaines (scientifiques, santé, social etc.) de la prévention et de la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles au niveau national et international, comme :

  • Améliorer la qualité et la précision de l’estimation du risque d’excision pour les filles nées ou arrivée sans excision en Suisse.
  • Adapter et orienter les ressources et les politiques de santé poursuivant la réduction des risques sur les violences faites aux femmes et au filles.
  • Répondre aux besoins spécifiques et actuels pour une prise en charge multidisciplinaire dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes, du couple et de la famille concernées par l’excision.  
  • Développer des programmes, ateliers et actions plus ciblés pour la sensibilisation des communautés concernées par les mutilations génitales féminines.
  • Informer de manière factuelle les différents publics (grand public, professionnels de la santé et du social, politique, police, média, associations travaillant sur le terrain) sur les aspects socioculturels en action dans la perpétuation ou l’abandon de la pratique en Suisse.

Pour toute information, merci de contacter Mme Salah Nasteha: nasteha.salah(at)etu.unige.ch

 

Publications et contributions scientifiques:

  • Guides gynécologiques des Société Suisse de Gynécologie et Obstétrique (SSGO), 2021
  • Brochure éditée par le Bioscope de l’Université de Genève en collaboration avec RTS Découverte et Santé Sexuelle Suisse dans le contexte du projet Sciences, sexes, identités, 2021

 

Conférences et interventions publiques:

  • Global Health Forum 2020 « Le rôle des médias dans la santé publique », Université de Genève, Novembre 2020
  • Présentation du protocole de recherche du doctorale en santé globale, lors du cours intitulé Certificate of Advanced Studies, Promotion de la santé et santé communautaire, de l’Institut de santé globale, Septembre 2019

 

Tables rondes:

  • Jasmine Abdulcadir, Médecin Adjointe agrégée, HUG; Lorenza Bettoli, Unité de santé sexuelle et planning familial, HUG, Nasteha Salah, Doctorante en santé globale, UNIGE, Amnesty.unige discrimination : Mutilations génitales féminines, 3 mars 2020.