2017

Sexisme: l’UNIGE annonce une enquête indépendante

Le rectorat de l’Université de Genève a pris connaissance avec consternation d’un article publié ce jour dans la presse genevoise dénonçant sexisme et mobbing lié au genre, et des allégations qu’il contient.

Depuis un an, l’Université de Genève est confrontée à des accusations récurrentes de sexisme ou de mobbing à l’égard des femmes cadres. La presse a rapporté des faits dont les membres du rectorat n’ont pas été témoins, se fondant d’abord sur un témoignage anonyme, puis, onze mois plus tard sur un mail envoyé par une femme cadre aux anciens membres de l’Assemblée de l’Université.

 

Enquête indépendante

Face à cette situation et à la détérioration du climat de travail qu’elle entraîne, le recteur a décidé de l’ouverture d’une enquête indépendante, chargée d’établir avec précision l’existence et cas échéant la nature exacte des faits rapportés dans la presse. Il s’inscrit ainsi dans la droite ligne de la campagne #uniunie contre le harcèlement, lancée par l’Université de Genève, qui loin d’être une campagne-prétexte offre un nouvel espace de témoignage et d’accompagnement grâce à un groupe de confiance spécialisé et indépendant de l’UNIGE. Le rectorat réaffirme ici avec force la tolérance zéro qu’il a proclamée lors du lancement de cette campagne.

L’établissement des faits ne peut toutefois se fonder sur des amalgames, des témoignages anonymes ou indirects, ou des éléments mensongers qui pour être répétés n’en deviennent pas pour autant véridiques. Les faits rapportés par la presse reposent sur un ou des témoignages anonymes recueillis par le journaliste ; sur un témoignage anonyme indirect, repris mot à mot d’un article paru dans Le Matin Dimanche du 22 janvier 2017 ; sur l’accumulation de cas distincts les uns des autres, séparés par plus de 12 années et impliquant des personnes différentes, avec pour unique point commun qu’ils ont concernés des femmes.

Ainsi, la démission du décanat de la GSEM au début de l’année 2017 ne reflétait en rien des questions de genre, mais était liée à des divergences sur le montant et le rythme des investissements nécessaires dans la perspective de l’accréditation de la Faculté. L’ancienne doyenne, professeure de statistique, est toujours membre de cette faculté. Quant au licenciement évoqué de l’administratrice, il a fait l’objet d’un recours retiré par la plaignante, déjà déboutée en justice une première fois.

Une plainte déposée au printemps 2004 est elle aussi évoquée. Une commission d’enquête avait écarté tout harcèlement sexuel, retenant un environnement de travail qui pouvait être jugé « étouffant ». Sur cette base, le mandat de professeur ordinaire de la personne mise en cause avait fait l’objet d’un renouvellement conditionnel. Au bout d’un an, ce renouvellement était acquis par un vote de ses collègues, hommes et femmes. L’évocation récurrente de ce dossier porte une atteinte grave et disproportionnée à l’image de la personne concernée.

Il est enfin reproché au rectorat d’avoir hésité à propos du rattachement du Service égalité. Au moment de la constitution du rectorat, le rattachement de l’ensemble des services et divisions a été discuté. Pour le Service égalité, deux options ont été envisagées : le rattachement au dicastère des ressources humaines, ou son rattachement direct au recteur. La première option impliquait un rattachement à la personne mise en cause en 2004, faisant peser un risque d’instrumentalisation de cette plainte, risque malheureusement avéré aujourd’hui, et d’affaiblissement de l’image du Service égalité. La seconde a finalement été retenue pour souligner la dimension transversale de ce service et son importance stratégique pour l’institution.

Au vu de l’entier de ces éléments, l’UNIGE a donc décidé dès aujourd’hui de lancer une enquête indépendante dont elle attend désormais les conclusions.

1 décembre 2017
  2017