Alain Cavalier

cycle de printemps 2015

L’univers étonnant d’Alain Cavalier, cinéaste de l’intime, terriblement attachant et diablement intelligent, est présenté au travers d’une programmation exceptionnelle, qui regroupe des films célèbres et confidentiels. Affranchie de toute chronologie, elle met en exergue dans cette discontinuité la grâce d’un cinéma, renouvelant sans cesse ses formes depuis 1962. Une occasion rare de prendre la mesure d’une œuvre qui se déploie sur cinquante années selon des accents, des voies, des inspirations, des évidences et des urgences d’une modernité à toute épreuve.

Quelle formidable rencontre que celle d’Alain Cavalier! En 2011, le jeune homme de tout juste dix-sept ans que j’étais, venait de découvrir Pater et avec ce film un autre aspect du cinéma. Je me souviens être sorti de la salle comme abasourdi, impressionné et fasciné.
(...) L’œuvre de ce filmeur de l’intime et de la mémoire est marquée par des bifurcations, qui ont influencé sa manière de faire du cinéma et de percevoir son métier. Il est passé de films très scénarisés avec des stars comme Romy Schneider, Alain Delon ou encore Catherine Deneuve, à des films à l’esthétique picturale épurée avec des acteurs peu connus ou non professionnels, jusqu’à des formes filmiques plus immédiates, des journaux intimes réalisés seul, sans scénario et sans budget. Chez Cavalier, l’émancipation s’exprime ici à divers niveaux et avec elle un cinéma de la liberté, libéré des contraintes financières, des codes classiques de la narration et du poids de la technique. Car c’est bel et bien l’avènement des petites caméras légères DV qui révolutionnera le cinéma de Cavalier, lui permettant de filmer dans la spontanéité du geste, de son élan intérieur, ce qu’il veut, où il veut et quand il veut.
Cette rétrospective a pour désir non seulement de présenter l’œuvre d’Alain Cavalier dans son évolution mais aussi dans sa force d’authenticité, dans son rap- port poétique et politique au réel et aux images. Ou comment, dans la simplicité même, capter le dénuement, la vérité d’un corps, d’un geste et d’un visage. Le cinéaste lui-même se dévoile progressivement, s’insérant dans le champ par la voix et par son corps, proposant ainsi toute une réflexivité autour de l’acte de filmer.
Pour ce cycle et cette revue, nous avons eu le bonheur qu’Alain Cavalier, rencontré à Paris dans son bureau, nous prête une main bienveillante en mettant à disposition des photographies de ses archives personnelles, et que, de sa voix à distance au bout du fil, il veille au grain pour que nous trouvions ses films et puissions les projeter. Une présence chaleureuse qui nous a accompagnés durant toute l’élaboration de ce cycle. Qu’il en soit ici infiniment remercié ainsi que pour sa venue au Ciné-club lors de la présentation, en première suisse, de son dernier opus Le paradis.
Extrait de l'éditorial de la revue, signé Lou Perret

Horaire

du lundi 13 avril 2015 au lundi 15 juin 2015
Auditorium Arditi Av. du Mail 1 Genève
Place du Cirque

À télécharger

Revue "Alain Cavalier"





	
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