Revues du ciné-club

L'Amour fou

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L'Amour fou

La Revue du Ciné-club universitaire, octobre 2010

Édito

Nous vivons à l'époque de l'amour «zéro risque». Les sites de rencontre qui pullulent sur la Toile nous promettent de découvrir l’âme sœur sans le moindre péril, faisant du sentiment amoureux une simple variante de l’hédonisme généralisé. Et si l’amour, loin d’être un produit de consommation courante, n’avait que faire de la sécurité et du confort? Si l’amour, pour donner à la vie toute son intensité et tout son sens, se nourrissait justement du hasard de la rencontre, des aléas de l’échange, de l’expérience directe de l’altérité? Le temps semble loin où André Breton écrivait dans L’Amour fou (1937): « Que le don absolu d’un être à un autre, qui ne peut exister sans sa réciprocité, soit aux yeux de tous la seule passerelle naturelle et surnaturelle jetée sur la vie.» Or, s’il y a un art qui a fait de l’amour son sujet de prédilection – et les surréalistes ont été les premiers à le déclarer haut et fort –, c’est sans nul doute le cinéma.

Parmi les mille formes de la passion amoureuse, c’est précisément celle exaltée par les surréalistes français que nous avons privilégiée: l’amour fou, tel qu’il peut être vécu dans ce qu’il a de plus fort et de plus transgressif par deux êtres qui se sont réellement choisis, aimantés l’un vers l’autre «moyennant l’introduction entre eux d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes».

Le cycle prend pour point de départ, sans pour autant s’y cantonner, cette conception de l’amour fou basée sur la réciprocité de la passion et la violation des interdits. Ne pouvaient manquer à l’appel L’Âge d’or et les principaux films admirés par les surréalistes. Le chef-d’œuvre de Luis Buñuel, dont la projection est en soi un petit événement tant il s’est fait rare, contient certaines des plus belles images d’amour fou jamais portées à l’écran. L’Heure suprême et La Femme au corbeau de Frank Borzage, deux sommets du cinéma muet, explorent avec une infinie poésie les pouvoirs magiques du lien amoureux, capables de transcender l’espace-temps. C’est à la même veine qu’appartient Peter Ibbetson d’Henry Hathaway, l’un des films préférés d’André Breton, où les deux amants ne peuvent vivre leur passion qu’à travers le rêve, mais aussi L’Aventure de Mme Muir de Joseph L. Mankiewicz, dont la protagoniste tombe amoureuse d’un fantôme. Dans un registre plus festif, Brigadoon de Vincente Minnelli, flamboyante comédie musicale, raconte l’histoire d’amour impossible entre un Américain et une belle Écossaise surgie du passé.

L’amour fou ne recule devant aucun interdit: voyeurisme (L’important c’est d’aimer d’Andrzej Zulawski), sadomasochisme (Portier de nuit de Liliana Cavani), érotisme (L’Empire des sens de Nagisa Oshima), tabou social (Les Amants crucifiés de Kenji Mizoguchi), meurtre crapuleux (Les Amants diaboliques de Luchino Visconti). Des œuvres derrière lesquelles se dessine souvent en filigrane le mythe de Roméo et Juliette – véritable archétype de l’amour interdit –, comme c’est le cas de films aussi différents que Nous étions un seul homme de Philippe Valois, contant la romance entre un Français et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, ou Devdas de Sanjay Leela Bhansali, blockbuster bollywoodien évoquant les amours d’un fils de propriétaire terrien et d’une jeune femme issue d’une caste inférieure.

En sept courts et treize longs métrages, au spectateur d’explorer à travers les âges et les continents l’amour fou et sa géographie secrète.

Sommaire

  • Marco Sabbatini, Édito, p.1
  • Marcos Mariño, Le surréalisme et l’amour fou, pp.3-8
  • Marco Sabbatini, Le triomphe de l’amour: Les surréalistes et le septième art, pp.11-14
  • Frédéric Favre et Astrid Maury, Archéologie de l’Amour fou, pp.19-24
  • Vania Jaikin, L’important c’est d’aimer…, pp.27-29

La revue au format papier

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi (L'Amour fou – Octobre 2010) et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «L'Amour fou», octobre 2010 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: L'Amour fou. Octobre 2010 (3).

Pour citer un article de la Revue

Jaikin, Vania . (2010). L’important c’est d’aimer…. La Revue du Ciné-club universitaire: L'Amour fou., octobre 2010 (3), 27-29

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

022 379 77 24

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Édito

Nous vivons à l'époque de l'amour «zéro risque». Les sites de rencontre qui pullulent sur la Toile nous promettent de découvrir l’âme sœur sans le moindre péril, faisant du sentiment amoureux une simple variante de l’hédonisme généralisé. Et si l’amour, loin d’être un produit de consommation courante, n’avait que faire de la sécurité et du confort? Si l’amour, pour donner à la vie toute son intensité et tout son sens, se nourrissait justement du hasard de la rencontre, des aléas de l’échange, de l’expérience directe de l’altérité? Le temps semble loin où André Breton écrivait dans L’Amour fou (1937): « Que le don absolu d’un être à un autre, qui ne peut exister sans sa réciprocité, soit aux yeux de tous la seule passerelle naturelle et surnaturelle jetée sur la vie.» Or, s’il y a un art qui a fait de l’amour son sujet de prédilection – et les surréalistes ont été les premiers à le déclarer haut et fort –, c’est sans nul doute le cinéma.

Parmi les mille formes de la passion amoureuse, c’est précisément celle exaltée par les surréalistes français que nous avons privilégiée: l’amour fou, tel qu’il peut être vécu dans ce qu’il a de plus fort et de plus transgressif par deux êtres qui se sont réellement choisis, aimantés l’un vers l’autre «moyennant l’introduction entre eux d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes».

Le cycle prend pour point de départ, sans pour autant s’y cantonner, cette conception de l’amour fou basée sur la réciprocité de la passion et la violation des interdits. Ne pouvaient manquer à l’appel L’Âge d’or et les principaux films admirés par les surréalistes. Le chef-d’œuvre de Luis Buñuel, dont la projection est en soi un petit événement tant il s’est fait rare, contient certaines des plus belles images d’amour fou jamais portées à l’écran. L’Heure suprême et La Femme au corbeau de Frank Borzage, deux sommets du cinéma muet, explorent avec une infinie poésie les pouvoirs magiques du lien amoureux, capables de transcender l’espace-temps. C’est à la même veine qu’appartient Peter Ibbetson d’Henry Hathaway, l’un des films préférés d’André Breton, où les deux amants ne peuvent vivre leur passion qu’à travers le rêve, mais aussi L’Aventure de Mme Muir de Joseph L. Mankiewicz, dont la protagoniste tombe amoureuse d’un fantôme. Dans un registre plus festif, Brigadoon de Vincente Minnelli, flamboyante comédie musicale, raconte l’histoire d’amour impossible entre un Américain et une belle Écossaise surgie du passé.

L’amour fou ne recule devant aucun interdit: voyeurisme (L’important c’est d’aimer d’Andrzej Zulawski), sadomasochisme (Portier de nuit de Liliana Cavani), érotisme (L’Empire des sens de Nagisa Oshima), tabou social (Les Amants crucifiés de Kenji Mizoguchi), meurtre crapuleux (Les Amants diaboliques de Luchino Visconti). Des œuvres derrière lesquelles se dessine souvent en filigrane le mythe de Roméo et Juliette – véritable archétype de l’amour interdit –, comme c’est le cas de films aussi différents que Nous étions un seul homme de Philippe Valois, contant la romance entre un Français et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, ou Devdas de Sanjay Leela Bhansali, blockbuster bollywoodien évoquant les amours d’un fils de propriétaire terrien et d’une jeune femme issue d’une caste inférieure.

En sept courts et treize longs métrages, au spectateur d’explorer à travers les âges et les continents l’amour fou et sa géographie secrète.

Sommaire

  • Marco Sabbatini, Édito, p.1
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La revue au format numérique

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Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: L'Amour fou. Octobre 2010 (3).

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