Revues du ciné-club

C'est animé près de chez vous

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C'est animé près de chez vous

La Revue du Ciné-club universitaire, octobre 2004

Édito

La plupart des gens savent très bien ce qu’est un film d’animation: une histoire simpliste, des animaux qui parlent, un humour facile, des chansons sirupeuses et une morale à la fin. Il en passe à la télévision, dans les émissions pour la jeunesse, et parfois même au cinéma, aux séances du dimanche après-midi. Il y a aussi des films d’animation pour adultes, bien sûr: ceux qu’on trouve dans les vidéoclubs, rangés sur les rayons les plus élevés, hors de portée des enfants. Ou cachés derrière un rideau, là où les mineurs n’ont pas le droit d’aller... Quoi qu’il en soit, le problème est simple: les films d’animation ne s’adressent pas aux adultes. En tout cas, pas aux adultes respectables et bien élevés.

Se pourrait-il que la réalité ne soit pas aussi simple? Peut-on imaginer que quelqu’un, quelque part, prenne un crayon et décide de créer un film d’animation qui soit intelligent et mûr, expression d’une sensibilité personnelle? Un film d’animation qui soit plus qu’un simple produit de consommation, au même titre qu’un film, une peinture ou une sculpture? L’idée pourra en surprendre plus d’un. Mais à la réflexion, on ne voit pas ce qui pourrait s’y opposer. Est-il possible que de telles œuvres existent déjà, méconnues du public, mésestimées de tous à l’exception d’une poignée de passionnés et des professionnels du milieu? Nous en sommes convaincus.

Le cinéma d’animation n’est pas un sous-genre du cinéma, ni un “sous-cinéma”. Historiquement, on peut même dire que le cinéma d’animation est le père du cinéma moderne. Les deux sont une simple variation technique sur le même principe fondamental: la création d’une illusion de mouvement à partir d’images fixes. Et si le cinéma “live” a pour lui le réalisme photographique de ses images, la capacité d’improvisation de ses acteurs et la spontanéité (relative) de ses méthodes d’enregistrement, le cinéma d’animation a pour lui la palette infinie des styles graphiques et des techniques d’animation, une maîtrise absolue de l’image, et la possibilité de naviguer entre le figuratif et l’abstrait avec une aisance à laquelle le cinéma “live” ne peut prétendre.

Bien sûr, le but n’est pas de faire entrer les deux en concurrence. Nous ne cherchons pas à faire croire que l’animation est supérieure (ou inférieure) au cinéma “live”. Mais il s’agit de reconnaître leurs spécificités respectives, leurs potentialités et leurs limites, afin de les apprécier à leur juste valeur.

Le cycle que nous vous proposons aujourd’hui se base sur cette conviction: le cinéma d’animation est un continent méconnu, aux paysages contrastés, et qui recèle des trésors insoupçonnés. Il n’est évidemment pas question d’en épuiser la richesse en l’espace de 16 séances, aussi nous contenterons-nous de le survoler, en espérant parvenir à vous donner un aperçu de sa diversité. Diversité que nous avons voulue géographique (des États-Unis au Japon, en passant par la France, le Canada, la Russie…), historique (de 1923 à nos jours) et surtout technique. Car l’animation ne s’arrête pas au dessin animé et peut prendre de nombreux autres visages: animation de figurines ou d’objets, pâte à modeler, peinture sur verre, images de synthèse, papiers découpés, ombres chinoises, et ainsi de suite – sans oublier les mélanges de techniques!

C’est cette volonté de diversité qui justifie notre décision de sélectionner et de projeter un bon nombre de courts métrages parmi les œuvres de ce cycle. Il s’agit également d’une opportunité de découvrir des œuvres fortes et originales qui ne sont que trop rarement projetées.

Ces courts métrages seront répartis de deux manières. Premièrement, sur l’ensemble du cycle: chaque long métrage projeté sera précédé par un court métrage, redonnant à ces derniers la place qu’ils ont longtemps occupée. Deuxièmement, par la séance spéciale du 1er novembre. Celle-ci sera consacrée aux courts métrages d’animation helvétiques, et en particulier à l’œuvre de Georges Schwizgebel, qui viendra nous présenter son dernier court métrage, “L’homme sans ombre” (primé lors du dernier festival de Cannes). Les autres réalisateurs des œuvres projetées seront également présents ce soir, et nous parlerons de leur travail.

Nous attirons votre attention sur le fait que cette séance se déroulera exceptionnellement à Uni Dufour (à l’auditoire Piaget, au sous-sol). Elle débutera à 20h et constituera la seule séance de la soirée. Dès la semaine suivante, le cycle retrouvera ses locaux et son rythme habituels.

Il convient enfin de préciser que certains problèmes de droits de diffusion nous ont empêchés de programmer tous les films que nous souhaitions. Ce fut notamment le cas de nombreux films d’animation japonais (Porco Rosso, Akira, Memories…), ainsi que l’incontournable Disney qui ne figure pas dans notre sélection: les droits de diffusion de tous les films Disney sont en effet bloqués au niveau mondial. Mais voyons le bon côté des choses: cela nous a permis de programmer d’autres films, tout aussi intéressants et bien moins connus.

Ce cycle se veut donc, pendant huit semaines, l’occasion de redécouvrir ce que l’on croyait connaître. Après une longue absence, le cinéma d’animation est de retour au Paris-Manhattan. Nous espérons vous y retrouver nombreux!

Sommaire

  • Flavia Ambrosetti, Vincent Clavien, Frédéric Favre, Fabrice Gottraux, Joëlle Levi et Lucie Rebetez, Édito, p.3
  • Frédéric Favre, Animation, mode d’emploi, pp.7-8
  • Flavia Ambrosetti et Joëlle Levi, Dessins animés et enfance, une relation exclusive?, pp.9-10
  • Fabrice Gottraux, À l’ombre de Disney et du Manga, pp.11-13
  • Jean-Claude Carrière, L’illusion du mouvement, in Il était une fois le dessin animé, 2001, pp. 18-19
  • Vincent Clavien, Quand s’approche le Japon…, pp.22-23
  • Lucie Rebetez, Interview de Georges Schwizgebel, pp.25-26

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: C'est animé près de chez vous. Octobre 2004 (3).

Pour citer un article de la Revue

Gottraux, Fabrice. (2004). À l’ombre de Disney et du Manga. La Revue du Ciné-club universitaire: C'est animé près de chez vous., octobre 2004 (3), 11-13

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

022 379 77 24

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Édito

La plupart des gens savent très bien ce qu’est un film d’animation: une histoire simpliste, des animaux qui parlent, un humour facile, des chansons sirupeuses et une morale à la fin. Il en passe à la télévision, dans les émissions pour la jeunesse, et parfois même au cinéma, aux séances du dimanche après-midi. Il y a aussi des films d’animation pour adultes, bien sûr: ceux qu’on trouve dans les vidéoclubs, rangés sur les rayons les plus élevés, hors de portée des enfants. Ou cachés derrière un rideau, là où les mineurs n’ont pas le droit d’aller... Quoi qu’il en soit, le problème est simple: les films d’animation ne s’adressent pas aux adultes. En tout cas, pas aux adultes respectables et bien élevés.

Se pourrait-il que la réalité ne soit pas aussi simple? Peut-on imaginer que quelqu’un, quelque part, prenne un crayon et décide de créer un film d’animation qui soit intelligent et mûr, expression d’une sensibilité personnelle? Un film d’animation qui soit plus qu’un simple produit de consommation, au même titre qu’un film, une peinture ou une sculpture? L’idée pourra en surprendre plus d’un. Mais à la réflexion, on ne voit pas ce qui pourrait s’y opposer. Est-il possible que de telles œuvres existent déjà, méconnues du public, mésestimées de tous à l’exception d’une poignée de passionnés et des professionnels du milieu? Nous en sommes convaincus.

Le cinéma d’animation n’est pas un sous-genre du cinéma, ni un “sous-cinéma”. Historiquement, on peut même dire que le cinéma d’animation est le père du cinéma moderne. Les deux sont une simple variation technique sur le même principe fondamental: la création d’une illusion de mouvement à partir d’images fixes. Et si le cinéma “live” a pour lui le réalisme photographique de ses images, la capacité d’improvisation de ses acteurs et la spontanéité (relative) de ses méthodes d’enregistrement, le cinéma d’animation a pour lui la palette infinie des styles graphiques et des techniques d’animation, une maîtrise absolue de l’image, et la possibilité de naviguer entre le figuratif et l’abstrait avec une aisance à laquelle le cinéma “live” ne peut prétendre.

Bien sûr, le but n’est pas de faire entrer les deux en concurrence. Nous ne cherchons pas à faire croire que l’animation est supérieure (ou inférieure) au cinéma “live”. Mais il s’agit de reconnaître leurs spécificités respectives, leurs potentialités et leurs limites, afin de les apprécier à leur juste valeur.

Le cycle que nous vous proposons aujourd’hui se base sur cette conviction: le cinéma d’animation est un continent méconnu, aux paysages contrastés, et qui recèle des trésors insoupçonnés. Il n’est évidemment pas question d’en épuiser la richesse en l’espace de 16 séances, aussi nous contenterons-nous de le survoler, en espérant parvenir à vous donner un aperçu de sa diversité. Diversité que nous avons voulue géographique (des États-Unis au Japon, en passant par la France, le Canada, la Russie…), historique (de 1923 à nos jours) et surtout technique. Car l’animation ne s’arrête pas au dessin animé et peut prendre de nombreux autres visages: animation de figurines ou d’objets, pâte à modeler, peinture sur verre, images de synthèse, papiers découpés, ombres chinoises, et ainsi de suite – sans oublier les mélanges de techniques!

C’est cette volonté de diversité qui justifie notre décision de sélectionner et de projeter un bon nombre de courts métrages parmi les œuvres de ce cycle. Il s’agit également d’une opportunité de découvrir des œuvres fortes et originales qui ne sont que trop rarement projetées.

Ces courts métrages seront répartis de deux manières. Premièrement, sur l’ensemble du cycle: chaque long métrage projeté sera précédé par un court métrage, redonnant à ces derniers la place qu’ils ont longtemps occupée. Deuxièmement, par la séance spéciale du 1er novembre. Celle-ci sera consacrée aux courts métrages d’animation helvétiques, et en particulier à l’œuvre de Georges Schwizgebel, qui viendra nous présenter son dernier court métrage, “L’homme sans ombre” (primé lors du dernier festival de Cannes). Les autres réalisateurs des œuvres projetées seront également présents ce soir, et nous parlerons de leur travail.

Nous attirons votre attention sur le fait que cette séance se déroulera exceptionnellement à Uni Dufour (à l’auditoire Piaget, au sous-sol). Elle débutera à 20h et constituera la seule séance de la soirée. Dès la semaine suivante, le cycle retrouvera ses locaux et son rythme habituels.

Il convient enfin de préciser que certains problèmes de droits de diffusion nous ont empêchés de programmer tous les films que nous souhaitions. Ce fut notamment le cas de nombreux films d’animation japonais (Porco Rosso, Akira, Memories…), ainsi que l’incontournable Disney qui ne figure pas dans notre sélection: les droits de diffusion de tous les films Disney sont en effet bloqués au niveau mondial. Mais voyons le bon côté des choses: cela nous a permis de programmer d’autres films, tout aussi intéressants et bien moins connus.

Ce cycle se veut donc, pendant huit semaines, l’occasion de redécouvrir ce que l’on croyait connaître. Après une longue absence, le cinéma d’animation est de retour au Paris-Manhattan. Nous espérons vous y retrouver nombreux!

Sommaire

  • Flavia Ambrosetti, Vincent Clavien, Frédéric Favre, Fabrice Gottraux, Joëlle Levi et Lucie Rebetez, Édito, p.3
  • Frédéric Favre, Animation, mode d’emploi, pp.7-8
  • Flavia Ambrosetti et Joëlle Levi, Dessins animés et enfance, une relation exclusive?, pp.9-10
  • Fabrice Gottraux, À l’ombre de Disney et du Manga, pp.11-13
  • Jean-Claude Carrière, L’illusion du mouvement, in Il était une fois le dessin animé, 2001, pp. 18-19
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Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: C'est animé près de chez vous. Octobre 2004 (3).

Pour citer un article de la Revue

Gottraux, Fabrice. (2004). À l’ombre de Disney et du Manga. La Revue du Ciné-club universitaire: C'est animé près de chez vous., octobre 2004 (3), 11-13

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