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Kieślowski, les commandements du hasard

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Kieślowski, les commandements du hasard

La Revue du Ciné-club universitaire, octobre 2017

Édito

«Depuis mes premiers films jusqu’aux derniers, je raconte toujours la même histoire: celle d’un homme qui a du mal à trouver ses repères dans le monde, qui ne sait pas très bien comment vivre, comment distinguer le bien du mal, et qui cherche désespérément.»

C’est ainsi qu’a défini Krzysztof Kieślowski (1941–1996) le fil conducteur de son œuvre cinématographique, une œuvre puissante et suggestive de par son introspection et sa richesse métaphorique. Il s’agit d’un opus vaste et complexe, comptant rien moins qu’une cinquantaine d’œuvres, entre documentaires, courts et longs métrages. Et si, comme l’a admis Kieślowski, ces œuvres racontent toujours «la même histoire», elles sont pourtant distinctes et variées, comme lui-même, et comme cet homme «qui cherche désespérément».

Ce n’est pas en effet un seul homme, mais une multitude que contenait Kieślowski, aussi nombreuse que la pléiade de personnages de ses films. Comme beaucoup d’entre eux, il fut d’abord avide de réalité, de véracité, et c’est ainsi qu’il devint documentariste. Kieślowski dénonce les cartes de rationnement, les hôpitaux ruineux, la bureaucratie déshumanisante et surtout «l’angoisse morale», cachés derrière le discours officiel de la Pologne des années 70 et 80. Certes engagés, conçus comme une réaction sobre et lucide à la spécificité de son contexte politique, ces documentaires annoncent le cheminement vers une approche plus universelle de l’œuvre de Kieślowski. On y trouve en effet la critique de l’ivresse rhétorique et absolutiste que les films ultérieurs du réalisateur polonais exposeront sous le format plus libre de la fiction, avec une touche plus intimiste.

Avec Le personnel (1975) et L’amateur (1979), deux exercices d’introspection examinant les idéalismes illusoires associés au métier d’artiste, Kieślowski signe sa transition vers la fiction. Suivra, parmi d’autres, Le hasard (1981), et avec lui la maturation de deux thématiques qui vont caractériser l’ensemble de son œuvre: le rôle du hasard dans la vie des hommes et le scepticisme face aux vains espoirs. Mais c’est avec Le Décalogue (1988), fresque de dix films explorant les dilemmes fondamentaux de la morale judéo-chrétienne, que le traitement de ces thématiques atteindra sa forme la plus aboutie. Accompagnée par la musique bouleversante de Zbigniew Preisner, cette œuvre a suscité l’admiration profonde de Stanley Kubrik, qui a souligné à juste titre l’habileté de Kieślowski et de son coscénariste Krzysztof Piesiewicz à «dramatiser au lieu de simplement dire».

Une trilogie autour de la devise «Liberté, Égalité, Fraternité» a été la forme choisie par Kieślowski pour ce qui s’inscrit comme l’épilogue de son œuvre. À quel point sommes-nous vraiment libres? Voulons-nous être les égaux de nos prochains? Donner un peu de soi aux autres, est-ce un acte complètement désintéressé? Voilà les questions que ses films rajoutent à l’œuvre de Krzysztof Kieślowski, maître du questionnement. Plus qu’une tentative d’exégèse, les textes ici rassemblés se veulent un hommage, une invitation à se plonger dans l’univers de ce cinéaste.

Sommaire

  • Manuel Vielma, Édito, p.1
  • Briana Berg, Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements, pp.3-11
  • Margaux Terradas, Kieślowski et le réalisme socialiste, pp.13-16
  • Francisco Marzoa, Kieślowski ou la tentation du pessimisme, pp.17-23
  • Pietro Guarato, Entre solitude et fraternité, pp.21-27
  • Sumiko Chablaix, Zbihniew Presiner orchestrateur d’un personnage musical, pp.29-36

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Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Kieślowski, les commandements du hasard. Octobre 2017 (3).

Pour citer un article de la Revue

Berg, Briana . (2017). Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements. La Revue du Ciné-club universitaire: Kieślowski, les commandements du hasard., octobre 2017 (3), 3-5

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

022 379 77 24

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Édito

«Depuis mes premiers films jusqu’aux derniers, je raconte toujours la même histoire: celle d’un homme qui a du mal à trouver ses repères dans le monde, qui ne sait pas très bien comment vivre, comment distinguer le bien du mal, et qui cherche désespérément.»

C’est ainsi qu’a défini Krzysztof Kieślowski (1941–1996) le fil conducteur de son œuvre cinématographique, une œuvre puissante et suggestive de par son introspection et sa richesse métaphorique. Il s’agit d’un opus vaste et complexe, comptant rien moins qu’une cinquantaine d’œuvres, entre documentaires, courts et longs métrages. Et si, comme l’a admis Kieślowski, ces œuvres racontent toujours «la même histoire», elles sont pourtant distinctes et variées, comme lui-même, et comme cet homme «qui cherche désespérément».

Ce n’est pas en effet un seul homme, mais une multitude que contenait Kieślowski, aussi nombreuse que la pléiade de personnages de ses films. Comme beaucoup d’entre eux, il fut d’abord avide de réalité, de véracité, et c’est ainsi qu’il devint documentariste. Kieślowski dénonce les cartes de rationnement, les hôpitaux ruineux, la bureaucratie déshumanisante et surtout «l’angoisse morale», cachés derrière le discours officiel de la Pologne des années 70 et 80. Certes engagés, conçus comme une réaction sobre et lucide à la spécificité de son contexte politique, ces documentaires annoncent le cheminement vers une approche plus universelle de l’œuvre de Kieślowski. On y trouve en effet la critique de l’ivresse rhétorique et absolutiste que les films ultérieurs du réalisateur polonais exposeront sous le format plus libre de la fiction, avec une touche plus intimiste.

Avec Le personnel (1975) et L’amateur (1979), deux exercices d’introspection examinant les idéalismes illusoires associés au métier d’artiste, Kieślowski signe sa transition vers la fiction. Suivra, parmi d’autres, Le hasard (1981), et avec lui la maturation de deux thématiques qui vont caractériser l’ensemble de son œuvre: le rôle du hasard dans la vie des hommes et le scepticisme face aux vains espoirs. Mais c’est avec Le Décalogue (1988), fresque de dix films explorant les dilemmes fondamentaux de la morale judéo-chrétienne, que le traitement de ces thématiques atteindra sa forme la plus aboutie. Accompagnée par la musique bouleversante de Zbigniew Preisner, cette œuvre a suscité l’admiration profonde de Stanley Kubrik, qui a souligné à juste titre l’habileté de Kieślowski et de son coscénariste Krzysztof Piesiewicz à «dramatiser au lieu de simplement dire».

Une trilogie autour de la devise «Liberté, Égalité, Fraternité» a été la forme choisie par Kieślowski pour ce qui s’inscrit comme l’épilogue de son œuvre. À quel point sommes-nous vraiment libres? Voulons-nous être les égaux de nos prochains? Donner un peu de soi aux autres, est-ce un acte complètement désintéressé? Voilà les questions que ses films rajoutent à l’œuvre de Krzysztof Kieślowski, maître du questionnement. Plus qu’une tentative d’exégèse, les textes ici rassemblés se veulent un hommage, une invitation à se plonger dans l’univers de ce cinéaste.

Sommaire

  • Manuel Vielma, Édito, p.1
  • Briana Berg, Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements, pp.3-11
  • Margaux Terradas, Kieślowski et le réalisme socialiste, pp.13-16
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La revue au format papier

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi (Kieślowski, les commandements du hasard – Octobre 2017) et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Kieślowski, les commandements du hasard», octobre 2017 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Kieślowski, les commandements du hasard. Octobre 2017 (3).

Pour citer un article de la Revue

Berg, Briana . (2017). Les possibles de Kieślowski: idéaux, hasards et renoncements. La Revue du Ciné-club universitaire: Kieślowski, les commandements du hasard., octobre 2017 (3), 3-5

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