Revues du ciné-club

Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard

Raoul Coutard

Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard

La Revue du Ciné-club universitaire, janvier 2019

Édito

Raoul Coutard (1924-2016) reste, aux côtés de Néstor Almendros, le directeur de la photographie le plus célèbre de la Nouvelle Vague. Cet ancien militaire, sergent en Indochine, où il fut également photographe de guerre, se tourna vers le cinéma presque par hasard, à la suite d’une rencontre avec Pierre Schoendoerffer. Celui-ci l’engagea pour ses premiers films, produits par Georges de Beauregard, un ancien journaliste aventureux reconverti dans le cinéma. En 1959, le producteur impose Coutard à un réalisateur franco-suisse qui s’apprête à tourner un film de gangsters avec une jeune actrice talentueuse et un parfait inconnu. Le succès d’À bout de souffle lance les carrières de Seberg, Belmondo et surtout celle de Godard qui entraîne Coutard dans son sillage. Truffaut, Demy, Rouch, Costa-Gavras, Oshima, Garrel, le nombre et la qualité des réalisateurs qui firent par la suite confiance à Coutard impressionne. Sans oublier les collaborations au long cours avec Schoendoerffer et Godard qui couvrent plusieurs décennies de l’histoire du cinéma.

À rebours des images léchées et artificielles, l’ancien reporter préféra celles qui gardent inscrite en elles la rudesse d’un contact viril avec une réalité exigeante. La violence de la guerre et aussi celle de la création véritable y sont palpables. Les noirs granuleux, le contraste renforcé des couleurs criardes, les mouvements heurtés, caméra à l’épaule, et la riche imperfection des lumières naturelles s’imposent comme les premiers éléments caractéristiques d’une grammaire de la photographie par Coutard dont les articles ici rassemblés cherchent à établir les bases.

Tous concourent à révéler à leur manière – tantôt de front, tantôt par des voies de traverse – les spécificités qui font le style de Coutard, tel qu’il a pu l’exprimer dans les films des autres, lui qui n’a jamais oublié de rester au service du réalisateur. Ainsi verra-t-on peut-être apparaître dans ces pages cet immense technicien sous un nouveau visage. Car une sensibilité subtile se cache derrière le masque brut du militaire qui – et c’est là aussi une des raisons de sa renommée – lui a valu de connaître à plusieurs reprises les honneurs de l’écran. On le voit dans Z, le cuir tanné, et, dans Le mépris, mesurer la lumière d’Italie; Godard reprend même une de ses moralités de garnison dans Le petit soldat: «C’était ce que mon ami Raoul Coutard, le plus brillant des opérateurs français, appelait la loi de l’emmerdement maximum: chaque fois que j’étais prêt à tirer, un événement imprévu m’en a empêché.» Comment mieux rappeler que la création ne se conquiert que dans l’adversité?

Sommaire

  • Julien Praz, Édito, p.1
  • Francisco Marzoa, Le Crabe-tambour ou l’austère servitude de la mer, pp.2-9
  • Julien Dumoulin, Alphaville – On ne verra rien! – Oui, mais on tourne!, pp.10-17
  • Margaux Terradas, Lola premier film d’une œuvre en forme de toile, pp.18-22
  • Julien Praz, Naissance d’un film, pp.23-25
  • Cerise Dumont, Chronique d’un été, pp.26-31

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Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard. Janvier 2019 (1).

Pour citer un article de la Revue

Terradas, Margaux. (2019). Lola premier film d’une œuvre en forme de toile. La Revue du Ciné-club universitaire: Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard., janvier 2019 (1), 13-19

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

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Édito

Raoul Coutard (1924-2016) reste, aux côtés de Néstor Almendros, le directeur de la photographie le plus célèbre de la Nouvelle Vague. Cet ancien militaire, sergent en Indochine, où il fut également photographe de guerre, se tourna vers le cinéma presque par hasard, à la suite d’une rencontre avec Pierre Schoendoerffer. Celui-ci l’engagea pour ses premiers films, produits par Georges de Beauregard, un ancien journaliste aventureux reconverti dans le cinéma. En 1959, le producteur impose Coutard à un réalisateur franco-suisse qui s’apprête à tourner un film de gangsters avec une jeune actrice talentueuse et un parfait inconnu. Le succès d’À bout de souffle lance les carrières de Seberg, Belmondo et surtout celle de Godard qui entraîne Coutard dans son sillage. Truffaut, Demy, Rouch, Costa-Gavras, Oshima, Garrel, le nombre et la qualité des réalisateurs qui firent par la suite confiance à Coutard impressionne. Sans oublier les collaborations au long cours avec Schoendoerffer et Godard qui couvrent plusieurs décennies de l’histoire du cinéma.

À rebours des images léchées et artificielles, l’ancien reporter préféra celles qui gardent inscrite en elles la rudesse d’un contact viril avec une réalité exigeante. La violence de la guerre et aussi celle de la création véritable y sont palpables. Les noirs granuleux, le contraste renforcé des couleurs criardes, les mouvements heurtés, caméra à l’épaule, et la riche imperfection des lumières naturelles s’imposent comme les premiers éléments caractéristiques d’une grammaire de la photographie par Coutard dont les articles ici rassemblés cherchent à établir les bases.

Tous concourent à révéler à leur manière – tantôt de front, tantôt par des voies de traverse – les spécificités qui font le style de Coutard, tel qu’il a pu l’exprimer dans les films des autres, lui qui n’a jamais oublié de rester au service du réalisateur. Ainsi verra-t-on peut-être apparaître dans ces pages cet immense technicien sous un nouveau visage. Car une sensibilité subtile se cache derrière le masque brut du militaire qui – et c’est là aussi une des raisons de sa renommée – lui a valu de connaître à plusieurs reprises les honneurs de l’écran. On le voit dans Z, le cuir tanné, et, dans Le mépris, mesurer la lumière d’Italie; Godard reprend même une de ses moralités de garnison dans Le petit soldat: «C’était ce que mon ami Raoul Coutard, le plus brillant des opérateurs français, appelait la loi de l’emmerdement maximum: chaque fois que j’étais prêt à tirer, un événement imprévu m’en a empêché.» Comment mieux rappeler que la création ne se conquiert que dans l’adversité?

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  • Julien Praz, Édito, p.1
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La revue au format numérique

Pour télécharger ce numéro «Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard», janvier 2019 de la Revue, suivre ce lien.

Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard. Janvier 2019 (1).

Pour citer un article de la Revue

Terradas, Margaux. (2019). Lola premier film d’une œuvre en forme de toile. La Revue du Ciné-club universitaire: Dans l'ombre de la Nouvelle Vague: Raoul Coutard., janvier 2019 (1), 13-19

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