Revues du ciné-club

Western

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Western

La Revue du Ciné-club universitaire, avril 1978

Éditor

Une fois de plus, nos ambitions ne seront pas à la mesure de nos moyens. Notre cycle Westerns ne se voulait pas simple accumulation de films disparates qui auraient comblé un manque évident dans la distribution commerciale de ces derniers mois. Le but premier était, bien sûr, de se faire plaisir, mais en présentant une liste fortement construite autour de quelques thèses récentes qui proposent des analyses stimulantes du genre. Hélas, les impératifs de la distribution commerciale nous ont vite fait déchanter. Des films très importants comme Little Big Man nous sont inaccessibles. Les conditions problématiques de conservation des films à la Cinémathèque et la conception des cabines de projection d'UNI II, nous interdisent toute une série de copies "nitrates" qui couvrent une partie importante du western "classique". Néanmoins, notre liste comporte une variété appréciable de classiques, de westerns "modernes" (dès les années 1960), de curiosités et d'avatars italiens du genre.

Voici, brièvement, les trois textes que nous nous proposions comme instruments d'analyse; nous ne pouvons ici en donner qu'une simplification presque grossière et vous y renvoyons pour une visions plus nuancée. Le premier est écrit par... André Glucksmann en 64 et s'intitule Les Aventures de la Tragédie et a paru dans une bonne "anthologie" publiée par 10/18: "Le Western, mythes, sources, auteurs, acteurs, filmographie" (No. 327-330, 1966). Glucksmann fait intervenir Marx, Hegel et quelques autres dans une approche historique de ce qu'il identifie comme "la situation tragique", c'est-à-dire "le présent de l'insturation de la loi" qui serait l'essence du Western. Il en analyse les différents traitements à travers les modes "épique" (Westerns classiques) et "romanesque" (Westerns modernes).

Le deuxième texte, publié en 1972 aux USA, The Return of the Vanishing American est écrit par Leslie Fiedler qui se définit comme un "anthropologue de la culture américaine" et se propose de définir les mythes constitutifs de "l'art et la vie" aux USA. Son texte est axé sur le mythe de la frontière. Le "frontier-man", héros de l'épopée de l'Ouest, se définit par un rapport de refus à la civilisation qui le poursuit, civilisation essentiellement représentée par la famille et surtout la femme. Ceci explique en partie pourquoi la culture américaine a proposé des figurations si "aberrantes" (au sens premier) de la femme, figurations qui vont de l'absence pure et simple aux puissants stéréotypes hollywoodiens. La frontière, c'est ce lieu mythique où le héros peut rencontrer "l'homme sauvage" qui, dans une forte tradition littéraire, devient son allié, son frère même. Cette tradition, couronnée par les romans de Mark Twain au 19ème siècle, a subi une éclipse à l'époque du Western classique, où l'Indien devient un des obstacles naturels à éliminer, pour refaire surface dans les années 60 avec une importance accrue. En effet, l'Indien s'est trouvé à ce moment-là porteur de toutes les valeurs d'une contre-culture alors florissante et la Conquête de l'Ouest s'est trouvée prétexte idéal à un commentaire politique sur l'impérialisme américain qui avait exporté ses frontières. La démonstration d'un certain nombre de mécanismes mythiques permettant de constituer tout un corpus de "sub-westerns" qui pourrait englober L'équipée sauvage, Hatari, 2001, Dersou Ouzala, Vol au-dessus d'un nid de coucou ou même Au fil du temps, cette démonstration n'est pas le moindre intérêt de ce texte.

Le troisième texte, enfin, publié en 1973 à Londres par le BFI a été écrit par Philip French et s'intitule simplement Westerns. Renforçant la définition de Bazin du Western comme le "cinéma américain par excellence", French en fait le reflet et l'expression mythique des moeurs politiques américaines. Définissant quatre personnalités politiques, Kennedy, Goldwater, Johnson et Buckley d'après leur ascendanec, extraction, éducation, conceptions politiques, il classe les Westerns suivant ces "modèles" en jouant sur les considérations de style et de "contenus" (conception du pouvoir: solitaire ou communautaire, rapport à la loi, attitude face aux minorités, réflexion sur la conquête, etc.) et en tenant compte de l'évolution historique, politique, et des USA, et du Western. High Noon sera par exemple un "Kennedy-Western" assez primitif tandis que Butch Cassidy en sera une interprétation tardive, sophistiquée, "radical chic"...

Sommaire

  • Édito, pp.3-4
  • Fiches filmiques, pp.5-9
  • Programme, pp.11-12

Pour recevoir, gratuitement et par courrier postal, un exemplaire de la Revue, merci d'écrire à cineclub(at)unige.ch en précisant le numéro choisi et l'adresse postale de livraison.

La revue au format numérique

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Pour citer la Revue

La Revue du Ciné-club universitaire: Western. Avril 1978 (2).

Production

Ciné-club universitaire

cineclub(at)unige.ch

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Voici, brièvement, les trois textes que nous nous proposions comme instruments d'analyse; nous ne pouvons ici en donner qu'une simplification presque grossière et vous y renvoyons pour une visions plus nuancée. Le premier est écrit par... André Glucksmann en 64 et s'intitule Les Aventures de la Tragédie et a paru dans une bonne "anthologie" publiée par 10/18: "Le Western, mythes, sources, auteurs, acteurs, filmographie" (No. 327-330, 1966). Glucksmann fait intervenir Marx, Hegel et quelques autres dans une approche historique de ce qu'il identifie comme "la situation tragique", c'est-à-dire "le présent de l'insturation de la loi" qui serait l'essence du Western. Il en analyse les différents traitements à travers les modes "épique" (Westerns classiques) et "romanesque" (Westerns modernes).

Le deuxième texte, publié en 1972 aux USA, The Return of the Vanishing American est écrit par Leslie Fiedler qui se définit comme un "anthropologue de la culture américaine" et se propose de définir les mythes constitutifs de "l'art et la vie" aux USA. Son texte est axé sur le mythe de la frontière. Le "frontier-man", héros de l'épopée de l'Ouest, se définit par un rapport de refus à la civilisation qui le poursuit, civilisation essentiellement représentée par la famille et surtout la femme. Ceci explique en partie pourquoi la culture américaine a proposé des figurations si "aberrantes" (au sens premier) de la femme, figurations qui vont de l'absence pure et simple aux puissants stéréotypes hollywoodiens. La frontière, c'est ce lieu mythique où le héros peut rencontrer "l'homme sauvage" qui, dans une forte tradition littéraire, devient son allié, son frère même. Cette tradition, couronnée par les romans de Mark Twain au 19ème siècle, a subi une éclipse à l'époque du Western classique, où l'Indien devient un des obstacles naturels à éliminer, pour refaire surface dans les années 60 avec une importance accrue. En effet, l'Indien s'est trouvé à ce moment-là porteur de toutes les valeurs d'une contre-culture alors florissante et la Conquête de l'Ouest s'est trouvée prétexte idéal à un commentaire politique sur l'impérialisme américain qui avait exporté ses frontières. La démonstration d'un certain nombre de mécanismes mythiques permettant de constituer tout un corpus de "sub-westerns" qui pourrait englober L'équipée sauvage, Hatari, 2001, Dersou Ouzala, Vol au-dessus d'un nid de coucou ou même Au fil du temps, cette démonstration n'est pas le moindre intérêt de ce texte.

Le troisième texte, enfin, publié en 1973 à Londres par le BFI a été écrit par Philip French et s'intitule simplement Westerns. Renforçant la définition de Bazin du Western comme le "cinéma américain par excellence", French en fait le reflet et l'expression mythique des moeurs politiques américaines. Définissant quatre personnalités politiques, Kennedy, Goldwater, Johnson et Buckley d'après leur ascendanec, extraction, éducation, conceptions politiques, il classe les Westerns suivant ces "modèles" en jouant sur les considérations de style et de "contenus" (conception du pouvoir: solitaire ou communautaire, rapport à la loi, attitude face aux minorités, réflexion sur la conquête, etc.) et en tenant compte de l'évolution historique, politique, et des USA, et du Western. High Noon sera par exemple un "Kennedy-Western" assez primitif tandis que Butch Cassidy en sera une interprétation tardive, sophistiquée, "radical chic"...

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