GRADUATE CAMPUS

Editorial

Un doctorat : pourquoi ? pourquoi faire ?

 

Pourquoi ? Parce qu’on a une question fondamentale à laquelle on veut répondre ; parce qu’on est ambitieux ; parce qu’on veut s’inscrire dans le dynamisme d’une équipe de recherche ; parce qu’au fond pourquoi pas ? Les raisons peuvent être multiples, s’additionner, changer en cours de route. La cause est moins importante que la force propulsive nécessaire à l’aboutissement de son doctorat.

 La rédaction d’un doctorat constitue un moment particulier, une parenthèse dédiée à sa recherche : formuler les questions (la base de toute recherche : pas de réponses justes si les questions sont mal posées) ; chercher et trouver les réponses (en acceptant de se laisser surprendre) ; les argumenter, choisir ses mots, les graphiques ou tout autre symbole appropriés pour transmettre les résultats. Le moment du doctorat est une parenthèse qui réconcilie des sentiments qui semblent à première vue contradictoires : solitude et nécessité de dialogue, curiosité profonde et contraintes méthodologiques, créativité et impératif d’écriture académique. Aucun autre moment de notre trajectoire professionnelle ne nous permet de poser, sur une aussi longue période, les fondamentaux qui fixent et spécifient une pratique scientifique académique.

 Pourquoi faire ? Il s’agit pour certains d’un moment qui va les propulser dans une trajectoire universitaire. La mise en place de ces fondamentaux intellectuels est la condition nécessaire à la poursuite de recherches ultérieures et l’obtention d’un doctorat en est l’étape institutionnelle requise.

 Mais la rédaction d’une thèse peut propulser dans bien d’autres domaines professionnels. Elle est une pratique intellectuelle, mais aussi une expérience particulière et formatrice. Et les composantes de cette expérience sont exportables : empoigner, analyser et résoudre un problème complexe ; poser les questions exactes, précises et pertinentes et trouver des réponses adéquate, créatives et argumentées ; travailler en équipe ; communiquer le résultat de ses réflexions en tenant compte de son public. Toutes ces démarches sont autant d’aptitudes nécessaires à n’importe quelle décision à prendre et précèdent les actions à entreprendre. On peut donc dire qu’elles s’alignent sur les demandes du monde professionnel. En effet, savoir résoudre les problèmes complexes, pensée critique et créativité : telles sont les trois premières qualités requises dans le monde professionnel de 2020, telles qu’elles sont identifiées par le World Economic Forum. Le temps du doctorat ouvre donc sur de nombreuses perspectives.

Vos facultés, vos directeurs de thèse sont là pour vous guider dans l’élaboration de ces compétences en fonction du contenu scientifique de votre travail. En complément, des ateliers vous seront proposés pour renforcer les qualités et les aptitudes implicitement nécessaires à la préparation d’une thèse. Parler en public, écrire, gérer son temps et ses priorités, poser sa voix, habiter son corps pour mieux négocier et convaincre sont autant d’actions qui renforceront votre travail intellectuel et qui vous propulseront vers d’autres horizons professionnels.

 La parenthèse dont il est question plus haut n’est pas un moment d’isolement. Elle est un moment de concentration, de maturation, de propulsion et de préparation à un futur professionnel, quel qu’il soit.

Micheline Louis-Courvoisier, vice-rectrice en charge de la formation doctorale