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En Europe occidentale, en France et en Suisse plus particulièrement, on se fait souvent une image un peu caricaturale de la transmission des savoirs. La transmission apparaît comme un processus très général qui s’effectuerait d’humain à humain, parfois de manière continue, sur plusieurs générations. Au cours d’un tel processus, un savoir pas nécessairement complètement formalisé mais tout de même très explicité serait passé à quelqu’un. Ce processus serait opéré de manière mécanique et le savoir ainsi transmis serait passé d’un praticien à l’autre, d’un point déterminé du temps et de l’espace à un autre point, en gardant une forme quasiment identique.

Une telle image de la transmission – très prégnante à l’heure actuelle dans le discours de beaucoup de formateurs, de pédagogues, de représentants de la culture, d’anthropologues et d’organisations internationales telles que l’UNESCO – est néanmoins réductrice. En effet, la transmission n’est pas toujours intentionnelle. Elle n’est pas toujours une fin en soi. Elle n’est bien souvent ni consciente, ni volontaire. Et quand elle l’est, son contenu n’est pas toujours explicité.

Dans l’intervention proposée qui suit, différents exemples issus d’enquêtes conduites dans l'industrie horlogère et le monde de la formation professionnelle seront pris. Ces exemples fourniront la matière permettant de mettre en perspective cette image caricaturale de la transmission des savoirs et ses dimensions formalistes, anthropocentrées et linéaires.

 

Le conférencier

Hervé Munz est docteur en anthropologie de l’Université de Neuchâtel. Après la défense d’une thèse sur la transmission et la patrimonialisation du savoir-faire horloger en Suisse (2010-2015), il a mené des recherches postdoctorales sur les rapports entre l’industrie horlogère suisse et la Grande Chine et sur la circulation des modèles de formation horlogère suisses à Hong Kong, aux universités de Hong Kong et de Londres (2015-2016). Depuis le début de l’année 2017, il est coordinateur scientifique au département de géographie de l’Université de Genève. Il a récemment publié La transmission en jeu : apprendre, pratiquer, patrimonialiser l’horlogerie en Suisse aux éditions Alphil.


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29 octobre 2018
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