Recherche FNS Géographie, école républicaine, éducation publique, pédagogie libertaire

Ce projet interdisciplinaire, financé par le Fonds national suisse pour la recherche scientifique (FNS), analyse les liens entre géographie, éducation libertaire et établissement de l’école publique en Suisse et en Europe entre le XIXe et le XXe siècle.

La Suisse a été un laboratoire de l’élaboration d’idées et de pratiques pédagogiques influentes pour la construction des institutions de l’instruction publique de l’Europe contemporaine.

Dans ce mouvement, un rôle assez peu étudié mais significatif a été joué par un réseau d’acteurs, Suisses et exilés politiques, qui ont participé au mouvement de la pédagogie libertaire et à diverses expérimentations en la matière. Parmi ces acteurs, il y avait notamment James Guillaume.

James Guillaume (1844-1916) et Ferdinand Buisson (1841-1932), un Neuchâtelois libertaire et un Français républicain et protestant refugié en Suisse sous l’Empire et enseignant à l’académie de Neuchâtel, ont été des passeurs du concept de l’éducation laïque. Ils ont été notamment les protagonistes de la rédaction d'un Dictionnaire de pédagogie, d’études sur le débat pédagogique à l’époque de la Convention et indirectement de la construction du système français de l’éducation primaire.

Dès lors, ces passages posent les questions suivantes à propos de l'émergence de l'École républicaine française : quels rôles les nouvelles interprétations de la tradition suisse de Rousseau et Pestalozzi ont-elles alors joué pour ce faire ? Quel a été le lien entre exilés, libertaires et libéraux dans cette conjonction historique ? Quel rôle le protestantisme libéral a-t-il joué ? En outre, en tissant des liens entre passé et présent, reste-t-il un écho de ces réflexions dans les pratiques pédagogiques actuelles en Suisse romande et dans les questions que se posent les enseignant-e-s d’aujourd’hui ? 

Nous entendons répondre à ces interrogations par le dépouillement et l’analyse des œuvres et des archives, encore peu exploitées, des institutions et des auteurs cités ; par l’étude, dans un cadre à la fois suisse et international, des transferts et circulations des savoirs engendrés par ces expériences, dont les liens sont certes évidents, mais pas encore problématisés de façon approfondie ; et par une enquête de terrain auprès d’enseignant-e-s d’aujourd’hui.

Le projet sur le site du FNS ici

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