Colloque « Politique éducatives : le temps de la conception »

9 novembre 2018, Genève

Colloque international organisé par Barbara Fouquet-Chauprade, Georges Felouzis et Sonia Revaz, Université de Genève, FAPSE, GGAPE (Groupe Genevois d'Analyse des Politiques Éducatives).

Qu'est-ce qu'une politique scolaire ? Il n'existe pas réellement de consensus sur une définition stable (van Zanten, 2014). Toutefois, les politiques éducatives se définissent comme « des programmes d'action gouvernementale, informés par des valeurs et des idées, s'adressant à des publics scolaires et mis en œuvre par l'administration et les professionnels de l'éducation » (van Zanten, 2008, p.535). En ce sens, une politique éducative est donc caractérisée par une volonté explicite.

Les politiques éducatives ont fait l'objet de très nombreuses recherches et analyses. On peut distinguer trois objets d'analyse qui sont autant d'étapes du processus de l'action publique : celle de leur conception (e.g., Muller, 2015), celle de leur mise en œuvre (e.g., Lessard & Carpentier, 2015) et enfin celle de leurs effets (e.g., Pons, 2011 ; van Zanten, 2014). L'analyse des conceptions des politiques éducatives questionne les fondements mêmes de ces politiques et leur processus d'élaboration. On s'attache alors à mettre en lumière les processus par lesquels ont été conçues ces politiques. Il peut s'agir par exemple d'approches sociohistoriques qui cherchent à analyser les moments décisifs de l'action publique (e.g., Prost, 1997 ; van Zanten, 2014). Il peut s'agir aussi de questionner les valeurs sur lesquelles reposent ces politiques. Dans ce cas, on s'interroge sur les référentiels de l'action publique (Muller, 1990) conçus comme un ensemble de représentations de la société portées par les acteurs sociaux. Par exemple en France, on constate ces dernières décennies une évolution des valeurs que sous-tendent les politiques éducatives (van Zanten, 2014). Les principes d’égalité et de mérite ont été fortement débattus et critiqués devant l'évidence d’un échec scolaire croissant d’une partie des élèves. Si les valeurs dominantes restent toujours proches de l'idée d’une égalité de droit entre élèves, les  politiques  intègrent  toujours  davantage  des  dispositifs  concrets  en  vue  de  « compenser  les inégalités qui résultent de l'action des familles et de l'environnement local » (van Zanten, 2014, p.42-43)

Plusieurs groupes d'acteurs sont au cœur de l'analyse : les acteurs politiques (législateurs, partis politiques, syndicats, etc.), les acteurs éducatifs (enseignants, parents et administration centrale), les médias (qui rendent compte des débats et positions de chacun) et l'opinion publique qui prend en Suisse une dimension particulièrement importante au regard de l'organisation législative en vigueur. Ce système de démocratie directe, permet aux citoyens de se prononcer sur les politiques scolaires. Ainsi, la recherche en cours « Comment organiser l'enseignement secondaire obligatoire ? »[1] s'attache à comprendre les réformes récentes qui ont eu lieu dans trois cantons romands (voir par exemple Felouzis,  Charmillot  &  Fouquet-Chauprade ,  2013), ce qui implique d'analyser les discours des différents acteurs de ces politiques de façon à définir les référentiels qui en sont à l'origine (Revaz & Fouquet-Chauprade, à paraitre).

L'objectif de cette journée est de cerner la façon dont les chercheurs se saisissent de ce moment particulier des politiques scolaires : le temps de leur conception. Celui-ci peut être mis en lien avec les autres étapes des politiques d'éducation (mise en œuvre et effets), comme le montre McDonnell (2009) avec le concept de policy feedback. Les contributions donneront un panorama des différentes façons d'analyser les conceptions des politiques publiques d'éducation.

[1] Programme de recherche 2015-2018, soutenu par le Fonds National Suisse, est dirigé par Georges Felouzis (requérant principal), Barbara Fouquet-Chauprade, Giovanni Ferro-Luzi et Bruno Suchaut (co-requérants). Pour plus de détails, voir https://www.unige.ch/fapse/ggape/recherchesencours/recherche-fns/


Intervenant.e.s

Georges Felouzis, Barbara Fouquet-Chauprade et Sonia Revaz (Université de Genève)

Agnès van Zanten (Directrice de recherche CNRS, Sciences Po - Paris)

Daniel Frandji (Maître de conférences, ENS Lyon)

Nathalie Mons (Professeure, Université Cergy Pontoise)

Xavier Pons (Maître de conférences, Université de Paris Est-Créteil)

Christian Maroy (Professeur titulaire, Université de Montréal)

Bernard Wentzel (Directeur de l'IRDP, Neuchâtel ; Private Docent, Université de Genève)

Programme

Le programme détaillé


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Symposiums, ADMEE 2014

16 et 17 janvier 2014, Marrakech

L'évaluation des politiques d'éducation prioritaire : comparaisons nationales et internationales

Barbara Fouquet-Chauprade et Marion Dutrévis 

Ce symposium se donne pour objectif de faire le point sur les différents dispositifs d'évaluation des politiques d'éducation prioritaire.  Il s'insère dans l'axe 3 « Les différentes formes d'évaluation et leur comparaison ».  Les différentes contributions proposeront en effet 1) une comparaison internationale des politiques menées dans des contextes nationaux différents, 2) une évaluation à plusieurs niveaux et sur différentes dimensions des politiques locales ou nationales, et 3) une centration sur des actions ou dispositifs spécifiques.  L'articulation de ces différents niveaux d'analyse permettra d'opérer une réflexion globale sur les politiques d'éducation prioritaire.

Entre économie et sociologie d'une politique d'éducation : regards croisés sur les filières dans l'enseignement secondaire et supérieur

Georges Felouzis et Barbara Fouquet-Chauprade

L'évaluation des politiques d'éducation prend des formes très variées et relève de disciplines et de traditions scientifiques qui ne le sont pas moins. Le symposium que nous proposons d'organiser dans le cadre de ce colloque de l'ADMEE se situe dans l'axe 3 de l'appel à communication « Les différentes formes d'évaluation et leur comparaison ».  Il s'agira pour nous de donner à voir comment deux disciplines connexes telles que l'économie et la sociologie construisent l'évaluation d'une politique d'éducation spécifique : celle des filières dans l'enseignement secondaire et supérieur.


Conférence « Les descendants d'immigrés à l'école : où en est la recherche ? »

29 novembre 2013, Genève

Où en est la recherche sur les descendants d'immigrés à l'école ?  Comment les inégalités scolaires entre les descendants de migrants et les natifs se construisent-elles et comment les différents contextes nationaux influent-ils sur l'ampleur et la nature de ces inégalités ?  Cette journée d'étude sera l'occasion de mesurer le chemin parcouru ces dernières décennies tant du point de vue de la définition des questions de recherche que des méthodologies mobilisées pour comprendre la nature des parcours des descendants d'immigrés à l'école.  C'est aussi à dessiner les voies futures de la recherche que nous consacrerons cette journée d'étude.  Des spécialistes européens de différentes disciplines (sciences de l'éducation, sociologie, psychologie sociale, sciences politiques) sont invités à venir présenter les résultats de leurs derniers travaux sur des terrains aussi variés que la Suisse, la France, l'Angleterre, les États-Unis, la Belgique et l'Allemagne.


Colloque « Penser les marchés scolaires »

12-13-14 mars 2009, Genève

Séminaire international organisé par Georges Felouzis et Agnès Van Zanten, Université de Genève, FAPSE, GGAPE (Groupe Genevois d'Analyse des Politiques Éducatives) et RAPPE (Réseau d'Analyse Pluridisciplinaire des Politiques Éducatives).

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La question de l'existence de marchés scolaires fait aujourd'hui débat dans le champ sociologique comme dans le champ social.  Elle renvoie aux évolutions les plus récentes des systèmes éducatifs en Europe et dans le monde, tout en posant aux sociologues et, plus généralement, aux chercheurs en éducation, un véritable défi conceptuel.  L'emploi presque systématique des guillemets dans les ouvrages et articles en atteste.  L'imagination sociologique des chercheurs a été féconde pour tenir compte de la spécificité des dynamiques à l'œuvre dans le champ éducatif et pour insérer cet objet dans des cadres théoriques et thématiques divers : la sociologie de la régulation (marchés étatiques, quasi marchés), des organisations (interdépendance compétitive entre établissements), économique (espaces de concurrence, marchés scolaires de la qualité).  Toutefois, les usages ne sont pas encore réellement fixés et les débats sur la réalité de ces marchés et sur leurs conséquences, ainsi que ceux concernant les références théoriques pertinentes pour en rendre compte sont loin d'être clos.  C'est à éclaircir ces débats et à rendre compte du dynamisme de la recherche sur ce thème que nous proposons de consacrer ce colloque organisé conjointement par l'Université de Genève et le réseau RAPPE.

Programme