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Les métiers de la Supply Chain sont désormais placés au cœur des enjeux stratégiques des Entreprises

Gilles BOIX
Directeur du Programme Supply Chain Management – Faculté GSEM – UNIGE

Il ne s’agit plus, comme il y a quelques années, de seulement bien maîtriser ses achats, ses coûts de production, son transport ou son stock.

Il s’agit désormais de savoir optimiser toute la chaîne logistique, de l’achat de la matière première à la livraison d’un produit fini ou d’un service au client final.

Dans ce vaste domaine logistique, les mots clés ont changé :

De « Maîtrise de la Qualité, des Coûts, et des Délais », du « bon produit au bon moment au bon endroit », du « contrôle des flux physiques et d’informations », nous sommes maintenant sur des mots clés tels que « transversalité, intégration, collaboratif, participatif, agilité, flexibilité, volatilité, adaptabilité, visibilité, time to market, omnichannel, compliance, end to end traceability, cloud & crowd-logistics, Corporate Social Responsability).

Les anciennes méthodes, largement mais pas toujours uniformément répandues, restent au combien valables, mais ces best practices sont bien souvent considérées aujourd’hui comme les « basiques non négociables », les pré-requis évidents à l’instar du verrouillage centralisé dans une voiture ou des volets motorisés dans les nouvelles constructions.

Les fortes évolutions technologiques et digitales, conjuguées à la prise en compte croissante des enjeux sur la responsabilité sociale (et environnementale) des entreprises, font émerger des changements majeurs dans les métiers de la Supply Chain.

  • Le temps est à l’innovation, à l’ouverture, à la qualité et à la rapidité du service (y compris du service après-vente), à l’exclusivité de l’expérience fournie au client.
  • Le temps est aussi à la prédiction (des évolutions de taux de change, de mobilité massive de touristes, de phénomènes politiques, climatiques, sociaux, économiques ou environnementaux, et même du terrorisme) et à la retranscription de ces prédictions en actions logistiques.
  • Le temps est encore à la géolocalisation (via smartphone, montres connectées et bientôt des puces implantées) pour suggérer et orienter la consommation de biens, au préalable calculée par des Business Planner (via de puissants serveurs) qui auront déjà anticipé et organisé des flux et des livraisons.
  • Le temps est enfin aux livraisons quasi instantanées de médicaments, de pizzas, de chaussures par drones ou par robots !

Tout récemment, le transport d’organes (pour des transplantations urgentes) s’est effectué entre 2 hôpitaux par drone tant cette technologie est devenue sûre.

Ce temps est bien évidemment rythmé par les colosses de l’économie mondiale (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), eux-mêmes déjà secoués par les nouveaux « conquistadors » (Uber, Tesla, Ebay, Blablacar, Airbnb, Alibaba) qui creusent et développent des niches bien précises (crowd-logistic pour le pilotage concurrentiel du fameux et coûteux « dernier kilomètre »).

Ces derniers se retrouvent même désormais talonnés par des explorateurs qui ne se fixent que peu de limites dans leur créativité à développer de nouveaux services, de nouveaux métiers, de nouvelles perspectives (co-stockage, co-livraisons, co-achats responsables …) dans une société et une économie en profondes mutations.

Les prestataires historiques, forts de leurs expertises et assis sur leurs solides légitimités (cadre légal et assurances), s’adaptent parfois avec brio (La Poste en Suisse) et s’engagent avec force et conviction dans la bataille.

Les années à venir risquent de donner lieu à une redistribution des cartes, l’intégration des nouvelles technologies et des contraintes environnementales sera ici encore décisive dans l’émergence des nouveaux « gouvernants » de ce secteur très convoité …

20 septembre 2019
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Les termes utilisés pour désigner des personnes sont pris au sens générique; ils ont à la fois la valeur d'un masculin et d'un féminin.