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Les professions langagières - Une semaine pour rencontrer les experts

À l’occasion de la Journée internationale de la traduction, qui a eu lieu le 30 septembre, et dans le cadre du centenaire de l’interprétation de conférence, la FTI a organisé, du 30 septembre au 5 octobre, une semaine exceptionnelle consacrée aux professions langagières.

Elle a proposé un programme très riche, qui a débuté le lundi 30 septembre par l’inauguration à Uni Mail de l’exposition internationale sur l’interprétation lors du procès de Nuremberg, « Un procès – quatre langues », qui s’est tenue jusqu’au 5 octobre. Après avoir été présentée notamment au siège de l’ONU à New York et à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, cette exposition itinérante s’arrêtait pour la première fois en Suisse, grâce aux efforts de l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC), sous la houlette de sa représentante locale, Mme Rawdha Cammoun-Claveria. Autre aspect inédit, elle était exposée dans les quatre langues du procès (allemand, anglais, français et russe), en plus de l’italien.

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Mme Nicole Stoll, conseillère aux études de la FTI, à l’exposition « Un procès – quatre langues » - Uni Mail

Cette exposition est consacrée au travail des interprètes lors de ce procès historique, à celles et ceux qui se sont acquitté-e-s d’une tâche ardue pour assurer une communication quadrilingue alors que l’interprétation simultanée n’en était qu’à ses balbutiements, et qui ont par là même défini les contours de ce qu’allait devenir l’exercice de la profession d’interprète de conférence. Ces hommes et ces femmes nous sont présenté-e-s individuellement et leur parcours est retracé. L’exposition montre comment ils et elles se sont retrouvé-e-s à vivre cette expérience qui les aura marqué-e-s pour le reste de leur vie.

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L’exposition « Un procès – quatre langues » à Uni Mail

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M. George Drummond, Mmes Gisela Siebourg et Monique Ducroux , M. Benoît Kremer et le Professeur Kilian Seeber

Lors de l’inauguration, le recteur de l’UNIGE, le Professeur Yves Flückiger, a souligné l’importance du travail des interprètes pour le multilatéralisme, tandis que l’ancien président de l’AIIC, M. Benoît Kremer, a mis en avant le rôle majeur des femmes lors du procès de Nuremberg. Conférencier invité, le Professeur Robert Roth, professeur honoraire de la Faculté de droit de l’UNIGE, est revenu sur le contexte juridique et historique de ce procès. L’inauguration a également été l’occasion de réunir les diplomates des missions permanentes russes, allemandes et française auprès de l’ONU à Genève. Enfin, M. George Drummond, qui fait partie de la Commission pour l’interprétation juridique de l’AIIC et du Groupe Exposition Nuremberg, dont le long travail de recherche a permis la création de cette exposition, a assuré une visite guidée, enrichie de nombreuses anecdotes sur la création de l’exposition et les différents parcours des interprètes. 

La soirée s’est poursuivie avec une verrée et un cocktail dînatoire où les invité-e-s de marque, les membres de l’AIIC, les étudiant-e-s et le personnel de la FTI ont échangé de manière conviviale.

Le lendemain, l’AIIC proposait une rencontre exceptionnelle avec des proches des interprètes de Nuremberg : épouses, enfants ou petits-enfants. Les invité-e-s ont livré une parole riche, vivante, intime et universelle à la fois, qui a mis parfois des décennies à se dénouer, la charge émotionnelle du procès étant considérable, en particulier pour les interprètes ayant eux-mêmes survécu aux camps de concentration ou y ayant perdu des proches.

Le mercredi, le Département d’interprétation organisait un cours magistral sur l’interprétation simultanée, qui a réuni deux équipes de formateurs et de formatrices et deux groupes d’étudiant-e-s des deux institutions offrant un cursus d’interprète de conférence en Suisse, la FTI de Genève et la ZHAW de Winterthur. L’objectif était de favoriser le transfert de connaissances et l’échange de bonnes pratiques entre les deux institutions. Avec l’aide de cinq autres enseignant-e-s, le Professeur Kilian Seeber a animé deux tables rondes visant à faire connaître les différentes enceintes dans lesquelles les interprètes de conférence travaillent – et les défis qu’ils rencontrent. Les 18 étudiant-e-s ont pu montrer toute l’étendue de leur savoir-faire, notamment l’interprétation en relais et le retour en anglais, français, allemand, espagnol, italien et russe.

Le même jour, l’AIIC proposait un débat sur l’interprétation en langue des signes, reconnue par l’AIIC comme de l’interprétation à part entière malgré les défis évidents d’une telle pratique. Et le lendemain, l’association organisait une table ronde sur l’interprète au tribunal, un pan très particulier du métier, qui présente des enjeux spécifiques, tels que la gestion des témoignages, le syndrome du stress post-traumatique, le travail en direct ou encore les langues à faible diffusion.

L’Organisation internationale du travail (OIT) fête cette année son centenaire, anniversaire qui coïncide avec les 100 ans de l’interprétation de conférence. À cette occasion, la FTI a organisé conjointement avec l’OIT, une conférence qui a réuni, les 3 et 4 octobre, plus de 230 participants venus du monde entier.

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« 100 years of conference interpreting » – OIT - Genève

Dans la prestigieuse salle du Conseil d’administration de l’OIT, cet événement a été ouvert par M. Guy Ryder, directeur général de l’OIT, le Professeur Yves Flückiger, recteur de l’UNIGE, et M. Uros Peterc, président de l’AIIC, qui se sont exprimés sur les trois thèmes de la conférence : la pratique, la recherche et la formation. Sur deux jours se sont ensuite succédé trois conférenciers, six modérateurs, 18 membres de panels et 24 présentations en mode Pecha Kucha (un format synchronisant une présentation orale de 6 minutes et 40 secondes à la projection de 20 diapositives se succédant toutes les 20 secondes) pour tenter de faire le point sur un siècle de pratique, débattre des défis que pose la formation des interprètes et discuter des thèmes de recherche actuels, comme l’étude du fonctionnement des cerveaux des interprètes. Les discussions ont mis en avant la nécessité d’être polyvalent, l’exigence d’une qualité de travail irréprochable et la place grandissante de la technologie dans le métier, une évolution à prendre en compte pour éviter de devoir la subir. Les participants, enthousiastes, ont salué la pertinence et la réussite de cet événement.

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Le Professeur Kilian Seeber mène les débats dans la salle du Conseil d’administration de l’OIT

Enfin, le samedi 5 octobre, la FTI, en collaboration avec l’UCG (Universities Contact Group du réseau des services linguistiques institutionnels IAMLADP), a organisé une journée pour promouvoir les professions langagières au sein des organisations internationales (OI).

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Le Professeur Fernando Prieto Ramos ouvre la journée par un discours de bienvenue

Des personnalités prestigieuses étaient présentes pour animer des stands et participer aux trois tables rondes plénières agendés sur la journée. Elles représentaient 12 services linguistiques des OI, parmi lesquelles l’OIT, l’ONU, l’OTAN, l’OMPI, l’OMS, l’OMC, mais aussi la Commission européenne et le Parlement européen.
Le public cible de cette journée était les étudiant-e-s en formation ou les jeunes intéressé-e-s par ces professions. Environ 150 personnes ont participé à la journée, dont 17 orateurs modérés par Mme Alison Graves, du Parlement européen. Les discussions ont permis de rappeler que l’excellence est de mise en ce qui concerne la qualité des services linguistiques des OI, car ces derniers sont au service des pays du monde entier. La présence croissante du progrès technologique dans ces métiers a également été soulignée en concluant que l’humain doit toujours guider la technologie s’il ne veut pas en devenir l’instrument. La journée a permis d’apporter des réponses aux interrogations des futur-e-s professionnel-les de la traduction et de l’interprétation, les orateurs et les oratrices s’exprimant sur des sujets passionnants avec beaucoup de perspicacité et un savoir remarquable, faisant de cette journée un franc succès.

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Les stands des Organisations internationales


Ces six journées exceptionnelles, dédiées à la promotion d’une meilleure connaissance des professions langagières, ont été riches en événements et en émotions. Saluons en particulier les étudiant-e-s de la FTI, qui ont pendant toute la semaine brillamment assuré l’interprétation simultanée (en anglais, français, allemand, espagnol et russe) des nombreuses et diverses interventions !

Conférences à l'étranger

Du Congrès de l’European Society for Translation Studies (EST) qui a eu lieu en Afrique du Sud, à la conférence KLAARA on Easy-to-Read Language Research, en Finlande, en passant par des colloques en traduction juridique, en Pologne, ou encore un workshop sur la technologie en traduction et en interprétation qui s’est tenu en Bulgarie, nos chercheurs et chercheuses ont été bien occupé-e-s tout l’été. En savoir plus.