Formation hybride et participation active

Fiche de Projet
Réalisé par : Lorenz Baumer et Patrizia Birchler Emery 
Contact : Patrizia.Birchler@unige.ch
Cours : L’ensemble des modules du CAS Archéologie classique: une introduction 
Cursus : Formation Continue
Nombre d'étudiant-es : < 25
Innovations utilisées :
Faire collaborer
Problématique :
Rendre actif
Faculté : Lettres
Description du Projet
Situation de départ

La mise en place de la formation a été réalisée dans l’objectif de pouvoir permettre à des personnes professionnellement actifs-ves de suivre une formation à leur rythme et offrant une grande liberté dans leur organisation du travail. Le public cible de la formation est donc très varié (enseignant-es, bénévoles dans les musées, etc.) tant sur leurs activités que sur leur sensibilité ou encore leur âge. Il y avait donc une volonté de la part des responsables de la formation d’offrir une formation souple et adaptable pour répondre à l’hétérogénéité du public apprenant.

Après une première édition du premier module du CAS en 2011, les responsables des enseignements ont relevé à partir des évaluations des étudiant-es que ces derniers-ères se plaignaient de ne pas avoir assez de directives pour le travail de fin de module. Il s’agissait donc de trouver une solution permettant à la fois de répondre aux attentes des apprenant-es en termes de directives et de maintenir une formation suffisamment souple pour accueillir leur diversité.


Mise en place et déroulement du projet

Le projet tient dans la conception de la formation qui s’articule sous un format hybride avec une alternance d’un jour de présentiel et de six semaines à distance.

L’ensemble du CAS comporte trois modules de 12 semaines chacun qui se répartissent sur un cycle de trois semestres pour un total de 12 crédits ECTS. Chaque module comporte donc 3 journées en présence et 12 semaines d’enseignement à distance incluant cours, activités, ressources documentaires, travaux de groupe et tutorat personnalisé. Un travail personnel et collaboratif important est demandé à chaque participant-e. Chaque module fait l’objet d’une évaluation comprenant des travaux à rendre pendant les 12 semaines de cours et un travail écrit ou oral final (4 crédits par module).

Les objectifs du certificat de formation continue « Archéologie classique : une introduction » sont d’initier les participants aux cultures dites classiques (antiquité grecque et romaine) et de comprendre l’influence de l’archéologie classique dans la vie quotidienne et la pensée européenne dès le XVIe siècle. Il permet aussi d’acquérir des connaissances de base de la culture matérielle des civilisations grecque et romaine, ainsi que des capacités d’observation, de description et d’analyse transférables dans la pratique professionnelle.

La formation débute par une journée de regroupement, en présentiel à Genève, permettant de créer une cohésion de groupe. Une pause-café est prévue pour favoriser la socialisation et les échanges des premières rencontres. Cet accueil permet aux participant-es de faire connaissance, de découvrir les outils qui seront utilisés durant la formation. L'une des activités de cette journée est de se connecter sur Moodle, former des paires et échanger sur le forum Moodle prévu à cet effet. Les apprenant-es se familiarisent avec les outils ce qui diminuera leurs résistances durant les périodes à distance.

Cette journée est suivie de six semaines à distance ponctuées de diverses activités. Les apprenant-es ont des travaux individuels et de groupe. L’activité est très variée : travaux écrits à rendre individuellement, rédaction commune sur un thème, visionnement de vidéos de présentation des enseignant-es et réponse à des quiz, commentaires par groupe sur les travaux des autres groupes, lectures, séries de questions-débat sur le forum, également la rédaction d’un chapitre sur la biographie de différents personnages et leur apport à l’archéologie sous forme d’un wiki. Ce type d’activités variées sont misent en place pour toutes les périodes à distance favorisant la participation et l’engagement des participant-es tout en les laissant libres d’organiser les activités en fonction de leurs agendas.

Après la première période à distance, une seconde de journée en présentiel est organisée et est consacrée à des cours qui sont donnés en présentiel par les enseignant-es de la discipline et des expert-es externes. Des visites de musées ont également lieu. Un travail sur les collections est initié par groupe. Il est demandé aux participant-es de former des paires et de choisir un objet à présenter aux autres. Pour la seconde session à distance, en plus d’activités similaires à la première phase, les groupes devront préparer des exposés sur des thèmes spécifiques qu’il/elle ont choisi.
La dernière journée en présentiel se déroule avec des présentations durant la matinée et des visites de collections archéologiques ou d’expositions l’après-midi. Les apprenant-es choisissent le thème de leur travail final.

L’évaluation de la formation est basée sur une évaluation continue de l’ensemble des travaux et un examen final pour chaque module. Tout au long de la formation, les apprenant-es ont des exercices, des présentations, des devoirs avec des feedbacks détaillés. Il n’y a pas de notes distribuées pour ces travaux, mais une validation simple (validé, non validé). Les deux premiers modules sont également évalués par un travail sous forme de rapport écrit de 20 pages comme travail final. Les enseignant-es aident à construire le plan et fournissent une aide bibliographique. Le dernier module, lui, est évalué par un examen oral (comme travail final) sous forme de discussion sur ce qui a été vu tout au long de la formation.

La formation allie savoirs et nouvelles technologies d’apprentissage. Elle donne accès à des ressources archéologiques, des visites accompagnées et à des conférences. Elle favorise l’apprentissage individuel et privilégie des interactions dynamiques entre participant-es et intervenant-es.


Retour et conseils sur la mise en place d'un tel projet

La formation ayant cette particularité d’accueillir un public très hétérogène et ayant déjà des engagements professionnels, il y a toujours un risque important de décrochage chez les apprenant-es. Ce décrochage n’est pas lié au format qui au contraire propose une grande flexibilité organisationnelle, mais plutôt à la charge de travail qui est estimée à une dizaine d’heures par semaine. Selon les obligations personnelles des étudiant-es, cela peut-être très lourd. De ce fait, les enseignant-es conseillent de montrer régulièrement qu’ils/elles sont présent-es et disponibles pour répondre aux questions. Le soutien apporté aux apprenant-es est essentiel et doit être suffisant de sorte à maintenir la motivation. Les enseignant-es doivent donc régulièrement envoyer des messages d’encouragement, répondre rapidement sur les forums pour maintenir le dynamisme, informer des nouvelles activités, assurer un suivi hebdomadaire. L’objectif est de garder l’engagement et la motivation des participant-es.

Le choix des outils est un élément également important. Par exemple, en présentiel, une application est utilisée pour montrer la reconstitution en 3D de Rome qui a été réalisée par un enseignant américain. Grâce à cette représentation, les apprenant-es peuvent choisir un monument de Rome et se balader sur le site dans un espace virtuel. Il est important de pouvoir aussi présenter des outils qui font partie aujourd’hui de l’archéologie et les sites où les statues modélisées en 3D sont des outils numériques très utiles.

L’une des recommandations supplémentaires est de constituer les groupes de travail durant les journées de présentiel. En effet, les enseignant-es ont parfois été confrontés à des comportements individualistes de la part des étudiant-es et la constitution des groupes a donc été très compliquée lorsqu’il fallait laisser les apprenant-es choisir seul-es leur binôme ou groupe. Les journées de présentiel permettent de générer les rencontres et faciliter les contacts. Les discussions permettent aussi d’éviter les conflits sur le choix des sujets et thématiques pour les travaux. Dans la perspective de mobiliser la création collective, il s’agit aussi de tout mettre en œuvre pour maintenir les échanges et le dynamisme afin que la production finale soit commune. La construction de la formation devrait engager la création de productions disponibles à l’issue de la formation et ainsi mobiliser vers un but commun.


Avis des étudiant-es

Chaque module est évalué individuellement par les étudiant-es et de manière systématique. Les évaluations montrent que les étudiant-es sont très satisfaits de la formation dans son ensemble et qu’elle répond à leurs attentes. Certains étudiant-es ont émis le regret de ne pas pouvoir approfondir un peu plus la matière qui les a particulièrement intéressé-es. Suite aux premières évaluations, les feedbacks sur les travaux ont été renforcés pour lors des éditions suivantes. La disparité de la charge de travail d’une tâche à l’autre et le manque de directives pour les travaux ont également été soulevés, ce qui a permis aux enseignant-es de renforcer le soutien continu et l’accompagnement tout au long de la formation.

Peut-être un feed-back plus développé lors de la restitution des travaux.

Merci pour toute la patience nécessaire pour répondre à nos nombreuses questions. C'est un sujet très intéressant et nous avons maintenant acquis de solides bases.

Les retours pertinents et précis des enseignants sur l'ensemble de nos travaux.

Plus de cohérence et de régularité dans la quantité de travail demandé dans chaque partie du cours. Il faudrait donner des consignes et directives plus claires avant de commencer la rédaction du premier travail écrit.

Annexes
Exemple de production sur un wiki Moodle

Exemple de production sur wiki dans Moodle

Exemple d’une section d’activités

Exemple d'une section d'activité sur Moodle

Exemple de quiz

Exemple de quiz sur Moodle

Exemple d’activité sur forum

Exemple d'animation d'un forum sur Moodle