26 août 2026 - Alexandra Charvet
Des gestes verts pour vivre mieux
À la rentrée académique, une campagne de sensibilisation à la santé planétaire sera déployée. Articulée autour de trois thématiques – la mobilité active, l’alimentation et la santé mentale –, elle met en avant des gestes simples qui favorisent à la fois notre santé et celle de la planète.

Prendre les escaliers, marcher davantage, passer du temps dans la nature ou encore repenser certains choix alimentaires: de nombreux gestes du quotidien peuvent simultanément améliorer notre santé et contribuer à préserver notre environnement. À l’occasion du lancement de la campagne de sensibilisation à la santé planétaire «Ça compte – ta santé, notre planète», entretien avec Johanna Sommer, professeure à l’Institut universitaire de médecine de famille et de l’enfance et coresponsable du cursus en santé planétaire de la Faculté de médecine.
Le Journal: Qu’entend-on par «santé planétaire»?
Johanna Sommer: Le concept repose sur une idée simple : notre santé est étroitement liée à celle de notre environnement. L’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, la qualité des sols, la biodiversité ou encore le climat ont une influence directe sur notre bien-être et notre espérance de vie. Les études montrent que le système de soins n’explique qu’environ 10 à 15% de notre état de santé, alors que les facteurs environnementaux en influencent 20 à 30%. Si nous voulons protéger la santé humaine, nous devons donc aussi protéger l’environnement. Les soins restent indispensables, mais ils interviennent souvent une fois que la maladie est déjà déclarée. C’est pourquoi la prévention et la promotion de la santé sont si importantes.
La campagne de sensibilisation prévue se fonde sur les cobénéfices. Pourquoi est-ce primordial?
Parce que les messages catastrophistes ont souvent tendance à décourager ou à braquer le public. Les cobénéfices indiquent au contraire que certaines actions sont favorables à la fois à notre santé et à l’environnement. Privilégier la marche, le vélo ou les escaliers plutôt que la voiture ou l’ascenseur réduit le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, de surpoids ou encore de dépression, tout en diminuant les émissions polluantes. On est gagnant-e sur tous les plans. L’alimentation constitue un autre thème central. Se tourner davantage vers les produits locaux, de saison et peu transformés, limiter le gaspillage alimentaire et manger moins de viande sont des choix bénéfiques tant pour la santé que pour l’environnement.
Parmi les écogestes proposés, lequel a le plus d’impact?
S’il fallait retenir un écogeste, ce serait sans doute la connexion avec la nature. Ce levier est encore sous-estimé, alors que de nombreuses études montrent que fréquenter des espaces verts et naturels a des effets très positifs sur la santé physique et mentale. L’OMS recommande d’ailleurs que chaque habitant-e en milieu urbain puisse accéder à un espace vert public ou à un parc situé à moins de cinq minutes de marche de son domicile. Les bénéfices sont particulièrement marqués chez les enfants. Les expériences d’écoles en forêt révèlent notamment des effets très encourageants sur l’attention, la concentration et la diminution de l’hyperactivité.
Ces types d’écogestes ne sont-ils pas marginaux face à l’urgence climatique?
Ces gestes ne suffiront pas, à eux seuls. Mais ils constituent un point de départ essentiel. Les changements nécessaires doivent se faire à tous les niveaux: individuel, collectif et politique. Sensibiliser les citoyen-nes est une étape clé, car les décisions politiques dépendent aussi des attentes et de la mobilisation de la population. Les études montrent par ailleurs que les changements de comportements individuels peuvent représenter environ 25% de la réduction de l’empreinte carbone nécessaire. Les décisions politiques et les investissements structurels, comme le développement des transports publics, la rénovation des bâtiments ou l’aménagement du territoire, pourraient, quant à eux, en représenter près de 35%. C’est en mobilisant l’ensemble de la société que l’on pourra obtenir des résultats durables.
Pourquoi l’UNIGE s’implique-t-elle dans une telle campagne?
L’Université a un rôle essentiel à jouer dans la transition vers une société plus durable. Sa mission ne se limite pas à produire des connaissances scientifiques: elle consiste aussi à les transmettre et à former les professionnel-les et les citoyen-nes de demain. Les transformations nécessaires face aux défis environnementaux sont avant tout des transformations sociétales. Par sa mission d’éducation et de diffusion du savoir, l’UNIGE peut aider à les accompagner. C’est précisément l’objectif de cette campagne.
Lire aussi:
- La durabilité s’ancre dans les missions de la Faculté de médecine, Newsletter de la Faculté de médecine, juin 2026
- «L’impact du système de santé sur l’environnement est trop souvent ignoré», Journal de l’UNIGE, mai 2022
- Stratégie de responsabilité sociale et environnementale (RSE) 2025–2028